‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 117 sur 216 · Rein, KirchofPs Lânderkunde · texte numérisé non relu

Rein, KirchofPs Lânderkunde

duquel courent des rivières dont les vallées sont à peine ébauchées, sujettes à de fréquents élai^issements et à des rapides. Un œil tant soit peu exercé ne peut manquer d*y reconnaître une topo- ^aphie prlaciaire. El en efTet, le paysape niorainique rèjrne sans partage, avec les roches striées et les jrros hlocs erratiques, dont la Finlande est la patrie par excellence, les amas morainiques, les traînées étroites de cailloutis frlaciaires. On sent que la topographie est encore dans Tenfance, le pays ayant subi en entier TinOuence de la dernière invasion des glaces. Les bois sont nombreux, ainsi que les marais et les tourbières. Les lacs {laraissent logés de préférence «lans le granité, sur lequel sont également a-^sises les principales villes de la région. Déjà plus d'un lac siipérieur a trouvé à se vider dans ceux du dessous ; mais ce Ira- ^'«.îl de régularisation est lent, à cause de la dureté du terrain et «1^ la faible inclinaison des surfaces».

"Une grande indécision règne dans les contours de Tangle sudou.esl du pays, qu'une multitude prodigieuse d'îlots réunit PK*<».<Miue à l'île «rAland. C'est le même régime qu'en face de Stockholm, attestant la submersion partielle d'une bande littorah' oCi les petits lacs abondaient.

Cette submersion a été par moments plus complète. En elTel, l^ s cartes de M. de Geer* montrent qu'après le départ des glaces, ^% alors que la Norvège avait, à très peu de chose près, ses contours actuels, le grand lac d'eau douce à Ancylus, auquel lu Basiltique avait fait place, rouvrait près de 310000 kilomètres ^^a.iTés, englobant le lac Ladoga et une bcmne partie du littoral finlandais.

Alignements finlandais. — Malgré l'apparent enchevêtrement leau et de la terre ferm(» sur le territoire d(» la Finlande, on ** ^n remarque pas moins, «lans la topographie, quelques traits "^ppanLs de |>arallélisme. Ainsi les vallées (jui aboutissent au &oIfe de Bothnie ont exactemi*nt le même alignement, du nonl- ^Ueat au sud-est, que celles qui descendent du Kjôlen de Nor- ^^"e. La môme direction s'cdiserve dans les étangs et les tour- *^**res de la Finlande méridionale, et a[)rès le labyrinthe du ^^'^y» aux Mille Lacs, on est tout surpris de voir des lamlxs-iux de Ueuves rectilignes, Borgo, Wuoxen, etc., (|ui draiiuMit la contrée ^^Hs le sens indiqué, trav(Tsant (et le dernier par la cascade * *niatra) une ride de terrain bien marquée.

' - Reclus, l'Europe Scandinave et russe,

^' Voir NaUioret, Sveriges Geologi, Stockholm, i8U4.

Or si Ton pouvait penser que le sens de récoulement des eaux, en Suède, ait été déterminé seulement par la pente, cette explication ne saurait convenir au sol si plat de la Finlande. Il est donc nécessaire d'admettre qu'un phénomène de dislocation, commun à toute la Scandinavie, a fait naître ces sillons alignés au nordouest, et parallèles d'ailleurs aux glens de la Norvège méridionale. Nous avons déjà dit qhe cette direction diagonale était nettement empreinte sur toute la Russie, et qu'elle semblait coïncider avec celle de la limite souterraine de la grande plate -forme stable, contre laquelle sont venus échouer les efforts des plissements alpins.

Plate-forme russe. Ses divisions. — Quant à cette plate-forme elle-même, en dehors de la Finlande et du territoire d'OloneU, il n'y a guère lieu d'y reconnaître que trois régions naturelles : contre la mer Glaciale, la bande des (outidras ou marécages glacés; puis, l'immense étendue que recouvre le terrain erratique ancien, terrain dont l'épaisseur atteint jusqu'à 200 mètres en Pologne. Cette nappe, tant par sa nature propre que par l'uniformité de son relief, favorise la stagnation des eaux, engendrant les grands marais de la Podlésie et ceux de Minsk, qui se poursuivent jusqu'aux approches de Moscou. Enfin, au sud, vient la zone des grandes herbes, limitrophe de la mer Noire et de la Caspienne.

C'est à la limite méridionale du terrain glaciaire que se produit ce remarquable changement dans la nature et les productions du sol. On entre ici dans le domaine des steppes ou prairies herbeuses, qui se sont développées grjâce à la nature du sol, enrichi en sable par le lessivage du bord des moraines, au peu de relief du terrain et à la faible humidité du climat*. Mais cette région de steppes se divise en deux zones nettement distinctes : au nord celle du tchemozom ou de la terre noire ; au sud celle des steppes proprement dites, au sol de plus en plus salin à mesure qu'on s'approche de la mer Noire.

Régions de la terre noire et des steppes. Leur réseau hydrographique. — Il ne s'agit pas là d'une simple différence de climat. La vraie steppe, avec les marécages qui l'accompagnent, occupe l'ancienne dépression qui, à la fin de l'époque tertiaire, était noyée sous une grande nappe d'eau d'abord saumàtre, puis tendant à se dessaler de plus en plus; de là l'infertilité du sol. Mais au nord, dans la partie émerç:ée depuis le départ des mers de la

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