Pènck, loc. cit
LBS PAYS-BAS DE L'EDROPE SEPTENTRIONALE 367
tures du cordon littoral, qu'on peut attribuer la formation des watten.
Campine, Geest. — Autour des Marches, en remontant vers rintériour, s'étend une zone d'un caractère bien différent ; c'est la Campine do Belgique, se soudant à la Lande ou Geest * de Hollande, bien marquée dans la Yéluwe, entre le Rhin et TYssel. Le pays est aride, sableux, sans bois, sans prairies, dépourvu de cultures comme d'habitations. Des bruvères à la teinte brune couvrent le sol, interrompues par de petits monticules de sable blanc. L'altitude, en moyenne de 25 mètres dans l'est du Geest, atteint 100 et même 105 mètres dans la Yéluwe. Le contraste est complet entre cette bande aride et les Marches qu'elle borde.
La zone sableuse qui vient d'être décrite résulte du mélange opéré à cette place entre les matériaux des moraines glaciaires et les alluvions des fleuves. Lors de la grande extension glaciaire, au début des temps pleistocènes, les lobes de glace s'avançaient jusqu'à une ligne délinie par l'embouchure du Yaal, près de La Haye, et Wesel sur le Rhin. Sur cette ligne, les torrents issus de ces lobes étalaient des graviers et des cailloux de provenance Scandinave. A leur rencontre arrivaient les eaux du Rhin et de la Meuse, gonflées par les grandes pluies de l'époque et chargées d'alluvions qu'elles jetaient contre le barrage morainique.
iVinsi se sont formées d'énormes masses de cailloux roulés, dépassant 150 mètres d'épaisseur sur la Yéluwe, et mélangées de sable, qui affleurent dans la Campine et le Geest. On a estimé* à ■1500 kilomètres cubes la part prise à ces accumulations par les apports originaires du massif ardennais et rhénan, dont les vallées devaient être alors en plein approfondissement, par suite de la surrectiondu terrain ^. Les matériaux d'origine glaciaire formeraient à peu près la moitié de cechiflre.
Au nord-est, dans ses parties les plus déprimées, le Geest est parsemé de hauts marais tourbeux, bien distincts des basses tourbières qui occupent une portion des Marches.
Oldenbourg et environs. — Les Pays-Bas néerlandais se soudent à ceux du Hanovre et de l'Oldenbourg, où se retrouvent identiquement les mêmes caractères. Au delà des dunes et des watten s'étendent les Marches, formées par les alluvions de l'Ems et du
1. M. E. Reclus rapproche le nom de geest ou gast de celui de gàtine, usité en France pour les terres rebelles à la culture.