Voir plus haut, pp. 161 à
Weser, puis la zone des bruyères et des landes, mais celle-ci beaucoup moins haute qu'en Hollande, parce que les fleuves qui ont contribué à Tédifier étaient très inférieurs en débit au système du Rhin. Aussi le sol, entièrement dépourvu de relief, est-il, malgré son fond de sable, couvert de marais tourbeux, entre lesquels s'observent quelques taches plus hautes, de bruyères et de pins, L'ampleur des tourbières croît à mesure qu'on se rapproche de la mer, et ainsi se forment, couvrant des centaines de mille kilomètres carrés, les immenses marécages tourbeux, parfois au sol flottant, de Bourtange, d'Arenberg, du Saterland et de la Hamme.
Région de l'Elbe. Lande de Lunebourg. — A mesure qu'on se rapproche de l'est, les caractères glaciaires s'accentuent dans la zone des Pays-Bas; non seulement parce qu'on pénètre de plus en plus dans l'intérieur de la bande morainique, mais parce que, à partir de l'Elbe, le terrain a gardé, toute fraîche encore, la trace du passage de la dernière invasion des glaces, qui ne paraît pas avoir dépassé ce point vers l'ouest *.
Sur la limite, et appartenant encore au régime occidental, est la grande Lande de Lunebourg, longue de 270 kilomètres sur 70 de largeur, la partie la plus infertile et la plus déserte de toute T Allemagne. Le sable y est mélangé en abondance de blocs erratiques d'assez grosses dimensions, ce qui explique le grand nombre des monuments mégalithiques dans ce pays, où quelques bouquets d'arbres se montrent dans les fonds les plus humides, au milieu de vastes landes exclusivement livrées à la pâture des petits moutons. En un mot, cette lande est un faciès plus nettement erratique du geest néerlandais, et l'influence septentrionale s'y montre prépondérante, bien que rien encore, dans l'allure de la topographie, ne trahisse une moraine proprement dite.
SchleBwig-Holstein. — Il en est autrement dès qu'on a franchi l'Elbe. Presque immédiatement, depuis la pointe nord du Danemark jusqu'à la Lusace, le sol se montre parsemé de ces flaques d*eau irrégulières, avec cours d'eau indécis, qui toujours accusent un amas morainique fraîchement abandonné.
Dans la péninsule danoise, ce caractère n'apparaît que sur le bord oriental; et en effet, la dernière invasion n'avait pas dépassé l'axe du Schleswig-Holstein ; de sorte que la côte de l'ouest offre seulement les échancrures et les dunes qu'on doit s'attendre à voir sur un rivage plat et sableux, exposé à toute la violence des vents
i . Voir les cartes de M. de Geer dans Nalhorst, Sveriges Geologi, pp. 220, 222.
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J^ouest. Là aussi, TElbe a dû remanier bien souvent les éléments «le la moraine ancienne. C*est pourquoi, après une chaîne de dunes et cJ'îles rongées par le flot, prolongement direct de celles de la Kjrise, on voit se dessiner des watten envahies à marée haute, puis un e bande de marches fertiles ; enfin \ahl aux nombreuses bruvères, écjviivalent du geest, et également accidenté par des tourbières.
JMais i*allure est bien diflerente du coté de la Baltique. Laissant à dessein, pour un moment, toute la région des îles danoises, oooupons-nous seulement de la bande côtière comprise entre le ScHeswig oriental et la Courlande.
Jîous n'y trouverons plus, comme devant la Frise, de nombreuses chaînes d*îles allongées, débris d'un cordon littoral disloqué. Mais, du Schleswig ou golfe de Neustadt, la côte va se montrer très capricieusement découpée, avec de grandes échancrures dites fôrde ou fôhrde^ qui donnent accès à la mer bien avant dans Tintérieur. Ce ne sont pas des fjords ; il n'y faut chercher ni bords escarpés ni grandes profondeurs, et il suffit de regarder les lacs qui les entourent, de constater la nature du sol, formé d'argile glaciaire à blocaux, pour reconnaître d'où viennent ces découpures. C'est la Baltique qui a envahi en partie la bande morainiquc récente, mais amplement par l'efiet d'un mouvement du sol, car la belle végétation des rives dit assez qu'on n'a point à redouter les vents violents ni Fassaut des marées.
C6te de Rû^en. — L'aspect change à partir du golfe de Neustadt. De là jusqu'à l'embouchure de l'Oder, s'observent les bodden ou échancrures ramifiées, accompagnées d'un grand nombre d'îles aux contours capricieux. Le sol, à la surface, est encore gbiciaire; inais les côtes ne sont pas plates ; de véritables falaises de craie se wonlrent à Rûgen, découpant à pic une terre où les bois de hêtres wrivent jusqu'à la crête de l'escarpement. Alors, comparant cette ^tniclure à celle de la côte de Scanie, on comprend qu'il s'agit ici ^ttn phénomène de dislocation, qui a ouvert les détroits à travers 'ïû isthme, par lequel la Suède était soudée à la fois au Danemark ^U la Poméranie.
JyUtad. Iles danoises. — (Vest ce (|ui nous autorise à rattacher, *** description des Pays-Bas septentrionaux, celle des îles danoises ^^dnJutland ou Jylland. En considérant que, dans cette langue ^ terre, aucun point n'est à plus de (iO kilomètres de la mer ni ne ^IMtsse 70 mètres d'altitude, on pourrait être tenté de croire iQil s'agit d'un sol de sable et d'alliivions, peu à peu rongé par les ^^\ et cependant c'est surtout un territoire de dislocations. Là.
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SOUS une couverture de limon glaciaire qui, par places, dépasse 125 mètres d'épaisseur, existe un fond de craie, recouvert dans presque tout le Jylland par les couches lignitifères du tertiaire supérieur. Cette craie apparaît en falaises sur les îles danoises, comme à Rugen, où elle accuse les secousses tardives, et certainement postglaciaires, qui ont ouvert les détroits, en restituant i la Baltique la communication marine perdue par Témersion du détroit suédois Venern-Màlar.
Quand on voit, dans le nord du Jylland, les découpures du Liimfjord courir à travers la limite du crétacé et du tertiaire, il paraît bien difficile d'échapper à Tidée que ce lac intérieur est un reflet des mêmes dislocations, tout en reconnaissant que les dunes, édifiées par le vent sur la côte de la mer du Nord, ont aussi contribué à sa formation.
En tout cas, le récif d'Helgoland, où le grès bigarré du trias apparaît si inopinément, servant d'appui à un lambeau de craie, (lit assez que la structure du fond de la mer du Nord pourrait, en cas d'émersion, ménager plus d'une surprise. Déjà du reste le massif de sel, (jui surgit à Lunebourg du sein de la lande, montre qu'une réelle complication doit régner sous le sol en apparence si uniforme de l'Allemagne du Nord.
Sur un pays aussi plat que le Danemark, toute accumulation (|ui fait saillie mérite d'attirer l'attention. C'est ainsi que, sur les cotes du Jylland ot des îles danoises, le regard est souvent sollicité par dos tertres d'(»nviron .3 mètres de hauteur, sur 30 à 60 nit^es de base, (|ui parfois se prolongent sur 300 mètres. Ce sont des amoncelloments de coquilles, surtout d'huîtres, avec arêtes de poissons ot autres restes (jui permettent d'y reconnaître des déchets de cuisine * préhistoriques. Tout à fait à la fin do l'Age paléolithique, peu avant l'apparition do la pierre polio ot du bronze, les hommes qui vouaient do s'installer sur ces plages, à peine abandonnées par les irlaces, rejetaient ainsi sur le rivage les coquilles dos animaux qu* avaient servi à leur nourriture.
Or, les détroits danois ne nourrissent plus d'huîtres de nos jour^» ot de plus, bon nombre de ces tertres do déchets culinaires sont ^ une distance notable* du rivage. Il y a donc ou, depuis leur forï^a* tioii, diminution do la salure de la mer avoisinanto et, on outre, ^^ certain degré d'omorsion du sol.
Littoral baltique. Plate -forme des lacs. — Revenons nh^^^'