Voir [>lus liaul, p. 2iG
le grandes rivières, qui ont une tendance marquée à en épouser juelque temps la direction longitudinale, comme la Vistule après Varsovie, la Warthe en amont puis en aval de Posen, TOder avant e coude de Francfort. Cette large zone, qui s'étend au sud jusqu'à Slogan et Kalicz, et vient se coincer tout près de TOder, à Touest le Spandau, après avoir embrassé la Cujavie, la Posnanie et le ^eumark, marque précisément la partie du dépôt glaciaire ancien jui n'a pas été recouverte lors de la dernière extension, et dont la iurface a eu le temps de se régulariser entièrement, se couvrant )ar places de limon de ruissellement. Mais le fond est resté sableux, le sorte qu'on y remarque le contraste de vallées au sol maigre, antôt tourbeuses, tantôt envahies par les bruyères, avec des dateaux départage couverts d'un limon fertile. Dans ce pays, les erres de culture occupent les hauteurs (qui ont rarement plus de .50 mètres d'altitude), tandis que les bois s'observent dans les 'allées *.
liandes méridionaleB. — Le dépôt glaciaire ancien, à sa limite néridionale, devient nécessairement moins argileux, et le remaliement que sa surface a pu subir n'empêche pas qu'il ne soit econnaissable, sous la forme d'une lisière infertile, au terrain de ible et de bruyères. En outre, sa surface est plus inégale, et comme
s'appuie sur les premières collines de la bande médiane de Europe, son apparition se traduit par des lignes de hauteurs, les renzrûcken de M. Penck. Cette bande se prononce d'abord en lésie, dans les collines de Trebnilz, qui montent à 311 mètres Qiltitude, se poursuit avec 229 mètres de hauteur maximum, dans 5 collines de la Basse Lusace, avec leurs bois de conifères ; après loi elle s'élargit aux approches du Weser dans le pays sableux du Idtning, Ce dernier vient se souder à la Lande de Lunebourg en montant tout contre la zone des lacs du Mecklembourg; ce qui ait à prévoir, puisqu'au delà va bientôt cesser le terrain erratique ipérieur, et que les collines subhercyniennes ont arrêté en ce >int la propagation du plus ancien.
l. Penck, op. cit.
DIX-HUITIÈMK LEÇON
Aperçu général sur la région française. — Nous arrivons maintenant à la zone formée par les massifs anciens qui, en servant de noyaux à la sédimentation durant les temps secondaires, ont provoqué la construction d'une bande importante de terre ferme en avant du vieux continent septentrional.
La France et l'Espagne appartiennent à peu près tout entières à cette zone ; et comme, de ces deux régions, la première est celle dont Texamen est le plus instructif, c'est par elle que nous commencerons.
La région française est à la fois très variée dans sa constitution, et très simple dans son dessin général. Un massif central, où domine l'archéen *, a de très bonne heure offert à la sédimeulation un point d'appui solide. Bientôt, sur la moitié de sa pt*r^' jdiérie, d'autres massifs se sont dressés à quelque dislance, forin*^^ de terrains primaires que de violentes compressions avaient serr*^* les uns contre les autres et façonnés en blocs résistants. A l'abri **^ ces îles, un véritable bassin a pu se constituer, que des dépôts ^^ caractère sublittoral ont fini par combler, en le laissant, pend^^^ longtemps, communiquer avec le dehors par des détroits. Durant comblement, une mer largement ouverte baignait au sud le p*^ du noyau central et se poursuivait au loin vers l'orient, inip sant de ce côté, à la sédimentation marine, un caractère essent^^ lement i)élagique. Mais un jour est venu où la surrection ^*
I. Los iinliciitions géologi(|iics données sur la région française peuvent être ^' '^ ^^c ment suivies, soit sur la belle Carte d'assemblaf/e au millionième, publiée par le sef^'^-y de la carte géologicpie de France, soit même sur la petite réduction de ce tabi*^ (|ui accompagne notre Abrégé de Géologie.
Pyrénées, accompagnée de la formation d'un isthme entre la nouvelle chaîne et le noyau central, a isolé vers Touest un golfe, celui de l'Aquitaine. Plus tard, les mouvements alpins mettaient fin au régime pélagique de Test, en dressant sur le bord de la fosse rhodanienne une haute chaîne, quelque temps séparée do risthme languedocien par un golfe étroit, que la mer ne tardait pas à abandonner. Sous cet effort, le massif du centre était disloqué par des fractures, livrant passage à des épanchements 'volcaniques, et par là sa surface a pu reconquérir en son milieu un relief qu'une longue érosion lui avait fait perdre. 11 est ainsi devenu ce remarquable pôle de divergence, dont les auteurs de XExplicaiion de la carte géologique de France ont si magistralement décrit le rôle, en faisant ressortir son contraste avec l'influence attractive de la cuvette parisienne, vers le centre de laquelle tout converge naturellement, et que la nature a aussi richement dotée qu'elle avait été avare de ses faveurs envers le pôle opposé.
De cette série de phénomènes découle le partage de la région française en un certain nombre de divisions de premier ordre. Occupons-nous d'aborà de celles qui intéressent la partie septentrionale, c'est-à-dire le Bassin de Paris, entendu dans son acception la plus large.
DiviBions naturelles du BasBin de Paris. — La première est le noyau initial du sol français, justement qualifié de Plateau Centraly parce que les additions tardives que le volcanisme a jetées sur sa surface n'altèrent pas son caractère fondamental de plateforme. De figure triangulaire, tournant sa pointe au sud, ce massif envoie au nord-est un éperon sous la forme du Morvan,
Ensuite viennent les massifs périphériques du bassin, lesquels, énumérés de l'ouest à l'est, sont : VArmoriqu^ ou Bretagne, avec ses deux prolongements, le Poitou au sud, le Cotentin au nord; YArdenne, comprise de manière à embrasser d'un côté le Brabant, de l'autre VEifel, par lequel l'Ardenne se soude au Massif rhénan \ puis, après un abaissement notable du terrain, l'ensemble des Vosges et de la Forél-Noire, dont la continuité originelle n'a été rompue que tardivement, par l'effondrement qui a donné naissance à la profonde coupure de Y Alsace-, enfin, sur le bord du Jura, et participant déjà à son régime, l'îlot archéen ou primaire de la Serre, qui surgit entre les Vosges et le Morvan, comme pour attester que la jonction souterraine de ces deux pays s'opère à une faible profondeur sous les couches jurassiques qui la dissimulent.
L'ordre dans lequel ces massifs viennent d'être énumérésest aussi celui de leur individualisation dans le temps.
L'Armorique, appuyée contre une bande archéenne que FAllan- | ^ tique a fortement rongée, est un faisceau de couches primaires disloquées, avec de nombreuses injections granitiques qui apparaissent au jour en traînées. L'Ardenne, égalen[ient primaire et non moins disloquée, ne laisse nulle part affleurer ni schistes archéens ni roches éruptives de profondeur. Elle est donc, dans sa forme actuelle, plus jeune que TArmorique. Quant au massif alsacien, si un noyau très ancien est visible en son centre, toute la périphérie est composée de sédiments triasiques à peine dérangés. A Toriginè, ces dépôts couvraient, sans doute possible, la totaUtédu territoire, et c'est la résurrection tardive de l'ancien relief sousjacent qui, en dérangeant l'horizontalité primitive de ces couches secondaires, les a soulevées en un dôme, dont le sommet distend^ a fini par crever. Enfin, tandis que la forme présente du soulèvement alsacien date des temps oligocènes, c'est seulement avec 1^^ Alpes miocènes que le petit dôme jurassien de la Serre a dû arr*-^ ver au jour.
Les massifs précédemment énumérés enferment dans te*^^ enceinte la cuvette régulière et remarquablement symétrique ^^ ^ Bassin de Paris, laquelle s'ouvre : au nord-ouest, du côté de V gleterre, où se trouve le prolongement direct du bord occiden de la cuvette ; au sud-ouest, par le détroit du Poitou^ vers le go9- ^ de l'Aquitaine ; à l'est, par le détroit de la Côte d'Or, vers le bass^ méditerranéen; au nord-nord-ost enfin, entre l'Artois etTArdeniBpar le détroit du Halnaut, qui emprunte assez exactement le sj Ion de rOise et de la Sambre.
Ces diverses ouvertures sont parfaitement marquées dans topographie, et chacune d'elles correspond à l'une des voies nat^ relies de communication qui relient le centre du bassin ai^ régions de l'extérieur.
Nous allons maintenant passer en revue, d'une manière rapid^î^ les massifs périphériques et l'intérieur du territoire qu'ils dél ^ mitent.
Massif Central. Caractères généraux. — Pour bien apprécier 1 caractère du Massif Central de la France, il convient de l'aborde par le nord, par exemple dans la région de Montluçon. On Taper çoit de loin, fermant l'horizon par une ligne continue, qui sembl^^ la crête horizontale d'une falaise à une altitude voisine d^^ 500 mètres. Quand on en a gravi le versant, voyant s'ouvrir sou^'
ses pieds les gorges profondes du Cher et de la Tardes, si différentes de la vallée large et plate qu'on remontait depuis Saint-Amand, on se trouve sur un immense plateau, au sol peu fertile, où la vue s'étend sans limites vers le sud, en même temps que le terrain se relève dans cette direction par une pente insensible. Cette surface n'est autre qu'une pénéplaine, au fond presque exclusivement archéen, avec quelques bandes carbonifériennes et de grandes traînées granitiques, racines profondes de la chaîne des montagnes primitives, aujourd'hui entièrement rabotée.
Nous avons antérieurement * dit de quelle façon la pénéplaine centrale était devenue un haut plateau, par suite d'un tardif mouvement de bascule, qui l'avait relevée au sud et à l'est en forçant les rivières à s'v encaisser. Pour constater l'effet de ce mouvement, il suffit défaire abstraction des massifs volcaniques qui, dansl'^wvergne, se sont superposés au terrain archéen, et de déterminer l'allure topographique de la surface terminale de ce dernier, soit sur ses parties culminantes si elle est à découvert, soit partout où l'on observe son contact avec les formations éruptives de recouvrement. On s'assure alors que cette surface est peu différente d'un plan, et n'offre de protubérances que là où une roche plus dure, un granité par exemple, a mieux résisté à l'érosion que le reste. De plus, cette surface monte toujours vers le sud-est, atteignant sa plus grande hauteur dans les Cévennes^ qui en sont le bord extrême; enfin, de temps à autre, elle est accidentée par des cassures, qui la divisent en voussoirs à très large courbure, dernier écho des poussées alpines. Au contraire, du côté de l'ouest, le pays s'incline très doucement sous le Limousin et le Périgord.
Partout l'uniformité du terrain lui assigne les mêmes caractères extérieurs. C'est le pays des landes, des bruyères et des bois maigres, semés de blocs sur les affleurements granitiques, et n'offrant de différences que selon l'altitude et l'exposition.
D'autre part, de grandes brèches se sont ouvertes dans le Massif Central. Les vallées de l'Allier et de la Loire y ont été préparées par les effondrements à peu près linéaires qui, à l'époque tertiaire, abritaient les lacs de la Limagne et du Forez. Chose remarquable, l'emplacement de ces dépressions coïncide avec l'endroit où les plis de la chaîne carboniférienne, tels qu'on peut les reconnaître à l'alignement des traînées granitiques, changent brusquement de direction. Dans le Limousin, ces plis couraient de l'ouest