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378 LEÇONS DE GÉOGRAPHIE PHTSIQtm

à Test. A partir du méridien du Cantal et même un peu avant, ils ■ ^^ sont très nettement déviés au nord-est, vers les Vosges, auxquelles I H les relie d'ailleurs le petit pointement archéen de la Serre en I ^- Franche-Comté. I ^

Ainsi, dès l'époque carboniférienne, une dislocation importante obligeait les rides montagneuses à former la pointe d'un V sur remplacement des dépressions actuelles. Il y avait donc là une ligne faible du sol français. Cette faiblesse s'est accusée, vers la fin de l'époque houillère, par la formation d'un véritable chenal oii, depuis Decize jusqu'à Mauriac (et même jusqu'à Decazeville), les petits bassins houillersse succédaient sans interruption. Plus tard, cette fente a rejoué, et les bassins s'y sont trouvés pinces, renversés même en plis aigus, de sorte qu'ils dessinent aujourd'hui une traînée absolument linéaire. Il n'est donc pas surprenant que , plus tard, les effondrements tertiaires aient choisi de préférence cette direction, comme aussi les manifestations volcaniques sesoi^^ plu à en jalonner les bords.

En résumé, une étude méthodique du Plateau Central compojrt:^ l'examen successif de la pénéplaine archéenne^ des dépressic^^^^ lacustres qui s'y sont logées à l'époque tertiaire, enfin des mas^ ^m^ volcaniques par lesquels le relief a été fortement modifié ap l'assèchement des lacs *.

Traces de la pénéplaine archéenne. — La pénéplaine, avo nous dit, s'élève d'une façon continue vers le sud-est, atteign son point culminant au Mont Lozère (1702 mètres). Ce dernier une protubérance granitique, que l'érosion et les failles ont isoaunlessus des schistes moins durs qui rencaissaient et dont V titudo, dans cotte région méridionale, se tient entre 1000 1200 mètres. Le Mont Lozère domine la haute muraille c Cévennes, bord abrupt du plateau, se dressant en face de la dépr sion rhodanienne de façon à donner, de ce côté, l'impressL d'une chaîne de montagnes.

Laissons de côté les prolongements méridionaux du Platc=* ^^^ Central, qui appartiennent vraiment à la région méditerranéenf^^^- ^* ot à partir du pied du Mont Lozère, c'est-à-dire du plateau ^

Montbel, dirigeons-nous vers l'ouest. Le haut plateau granitique ^^" GévaiifUni, où un vent sauvage souffle sur d'âpres solitudes, une portion disloquée de la pénéplaine, parfois accidentée

si cle

\. GcUo classification est conforme ii celle qui a servi de base à M. Boule pou :^t^ , (lcscripti«)n si coniplète du Massif Central, insérée en 1805 au Dictionnaire géo^r ^^ ^ la France.

cimes comme le Truc de Randon ("1554 mètres). Mais Tallure de plate-forme redevient bien nette entre la vallée de la Truyère et TAubrac, comme dans le plateau gneissique qui descend de Saint- Flour à TAllier. L'Aubrac masque un instant la pénéplaine par ses coulées de laves ; mais elle reparaît à l'ouest dans la Vialacelle, pour se développer largement, avec des caractères très uniformes, au sud d'Aurillac, où les micaschistes forment la roche dominante. Là, elle s'enfonce doucement vers l'ouest, passant progressivement de 1000 à 500 mètres.

Ensuite la plate-forme archéenne, surtout composée de gneiss, se reconnaît aisément, dominant le golfe de l'Aquitaine, par une altitude comprise entre 500 et 600 mètres, jusqu'aux approches de Brive, où commence à s'épanouir le grand plateau du Limousin. Au delà de Meymac surgit une large protubérance, dont les formes très doucement arrondies trahissent le granité ; c'est le plateau de Millevaches, où la cime principale, le Mont Odouze (95i mètres), sert de centre de divergence à la Corrèze, à la Vienne et à la Creuse. Ensuite vient la Marche limousine^ où des bosses granitiques, qui ont mieux résisté que les schistes cristallins encaissants, s'élèvent encore jusqu'à près de 700 mètres, mais pour faire place, dans \e plateau de Boussac, à une large bande de micaschistes, dont le bord, haut d'environ 300 mètres, forme rempart en avant du Berry, et que la Combrailles réunit au Haut Bourbonnais^ accidenté par des dépôts houillers.

De là, par les tristes plateaux du Franc Alleud et de la Sioule, on atteint le massif du Mont Dore, où les formations volcaniques qui caractérisent l'Auvergne ne laissent apparaître l'archéen que sur leurs bords, à une altitude variable de 900 à 1200 mètres. On retrouve la pénéplaine, au-dessous du basalte, sur la haute croupe du Cézallier^ puis, en côtoyant le massif du Cantal, on la voit se rattacher par les Monts de la Margeride au nœud du Mont Lozère. RégionB disloquées du Massif Central. — Sur toute cette étendue (et toujours en faisant abstraction des produits volcaniques superposés), le noyau central garde bien le caractère de plate- forme exhaussée, et les dislocations n'y jouent qu'un rôle subordonné. -A.U contraire, ce rôle devient prépondérant dès qu'on se rapproche ^u sillon rectiligne où le Rhône a tracé son lit, tout contre le bord riental du Massif. H en résulte une division en compartiments, plutôt en larges voussoirs, dont quelques-uns ont été portés à ^-ane grande hauteur.

Sous celte influence, de hautes et longues croupes, produisant

TefTet de chaînes, se détachent de la Lozère pour se diriger en éventail entre le nord-ouest et le nord-est. C'est d'abord la Margeride, qui aligne, sur une altitude presque constante de 1500 mètres, au-dessus d'un socle à 1200, ses cimes allongées et sévères, garnies de forêts et de pâturages. Puis, au delà de TAllier qui en suit si régulièrement l'alignement, voici la traînée gneissique du Velay, rehaussée il est vrai par une large bande de laves et de cratères, mais où le socle archéen garde une altitude de 1000 à 1200 mètres *. Ce socle, qui monte très progressivement de 800 mètres à 1100 mètres depuis la vallée de la Loire, s'abaisse au contraire en une vraie falaise du côté de l'Allier, accusant ainsi l'influence évidente d'une dislocation, et le même fait se reproduit pour la Margeride à l'égard de la Truyère.

En arrivant aux sources de la Dore, la chaîne du Velay se bifurque. Elle envoie, entre la Dore et l'Allier, la croupe des Monts du Livradois, qui s'abaisse jusqu'à 500 mètres en vue de la Limàgne, tandis qu'à droite, entre la Dore et la Loire, se détache l'arête, presque exclusivement granitique et porphyrique, du Fof*ez.

Cette arête, disloquée par des failles d'une grande netteté, élève entre les deux dépressions de la Limagne et du Forez ses sombres crêtes, dépassant par endroits 1600 mètres d'altitude, et d'un aspect qui rappelle par plus d'un trait les pays de hautes montagnes. Ensuite, par les Bois Noirs et les Monts de la Madeleine, elle vient plonger par moins de 300 mètres sous les plaines du Bourbonnais.

Sur l'autre rive de la Loire, entre ce fleuve et la Saône, recommence une bande montagneuse, dépendance extrême du Plateau Central. Mais ici les formations sédimentaires, en traînées pincées dans les plis de l'archéen, introduisent une beaucoup plus grande variété. En outre, les anciens plis carbonifériens, maintenant dirigés au nord-est, s'accusent beaucoup plus nettement, et il s'y superpose une série de dislocations parallèles à la Saône en même temps qu'au Jura méridional. De là la grande complication de cette bande, où l'on voit se succéder, à partir du nœud commun d'où le Velay se détache aussi : le plateau du Vivarais, si brusquement tranché par le Rhône ; le massif archéen du Pilât, au pied duquel s'étend la dépression houillère de Saint-Etienne ; enfin les monts du Lyonnais, ceux du Beaujolais, et, tout au nord, la traînée granitique et porphyrique du Charolais,

1. Voir la restauration que M. Boule a donnée de la plate-forme archéenne dans sa Description géologique du Velay.

Il nous reste à dire un mot du Morvan, ce cap avancé du Plateau Central, séparé du Forez par la Limagne bourbonnaise et du Charolais par la dépression que longe le bassin houillerdu Creusot. C'est un district de bois et de pâturages, infiniment disloqué, limité de tous côtés par des failles, et auquel son altitude (le point culminant est à 900 mètres), jointe à la nature du sol surtout granitique, prête un caractère particulièrement agreste. S'avançant en pointe entre les dépressions de la Loire et de la Saône, il offre aux vents humides un obstacle suffisant pour leur arracher plus de 1500 millimètres de pluie annuelle, c'est-à-dire autant qu'en reçoivent les Cévennes et le Mont Dore.

Anciennes dépressions lacustres. Limagne. — Les anciennes cavités lacustres du Plateau Central forment aujourd'hui deux groupes de dépressions : celui de la Limagne, ou de l'Allier, et celui de la Loire, qui viennent se réunir dans les plaines du Bourhannais, après avoir été longtemps séparés par l'arête montagneuse du Forez.

Ces deux dépressions font partie de la série des accidents, alignés du nord au sud, dont le Massif Central porte l'empreinte bien marquée, et le fait que leur emplacement coïncide, d'une façon générale, avec le rebroussement des plis carbonifériens, donne à penser que l'efibndrement d'où ils dérivent n'est que la répercussion d'un accident qui daterait des temps primaires. L'une et l'autre correspondent à de grands lacs, comblés durant l'époque oligocène par des sédiments dus à l'érosion du plateau encaissant, et dont le fond s'est affaissé lors des ruptures qui ont fait naître les volcans de la contrée. Mais ni leur aspect ni leur histoire ne sont identiques, les phénomènes volcaniques ayant agi avec beaucoup moins d'intensité dans la seconde dépression que dans la première.

La Limagne d'Auvergne, largement épanouie au confluent de l'Allier et de la Dore, dominée d'un côté par la chaîne des Puys, de l'autre par le Forez, a été recouverte à maintes reprises par des nappes de cendres, ainsi que par des alluvions de provenances très diverses. Aussi ce territoire unit-il à la fertilité de la Beauce le privilège d'une beaucoup plus grande variété de cultures, jointe à un f 'limât plus chaud. Le cadre <le cette grande plaine, avec les cônes volcaniques qui se profilent à l'ouest au-dessus de la falaise de granité, est particulièrement pittoresque aux environs de Clermont- Ferrand.

La plaine se rétrécit au sud, et un barrage granitique sépare le bassin de Clermont de celui d'Lssoire, isolé lui-même du petit

bassin (Te Brioude par un autre poinlement de granité, qu'acco pagne le terrain houiller de Brassac. Mais ces apparitions gra tiques se bornent au fond de la vallée et n'empêchent pas de sui^^sre sur les versants, sous la forme d*argiles rouges caraetéristiqu^^s, les traces de la continuité de l'ancien lac. Aussi, quand on retrou^^e, sous les scories et les basaltes, un bassin analogue autour du Pi ^»y^ avec de nombreux lambeaux disséminés à droite et à gauche de la Loire, où ils occupent de grandes hauteurs et sont disloqués par cMes failles, se rend-on bien compte qu'il y avait autrefois une dépn^ssion plus étendue. La nappe d'eau y devait affleurer jusqu'au bord (le la pénéplaine centrale, quand celle-ci était sans volcans, et très peu élevée au-dessus de la mer.

Dépressions de lalioire. Bassin d'Aurillac. Bourbonnais. — Elle pouvait d'ailleurs être partagée par des seuils en bassins plus ou moins indépendants. Et c'est ainsi que, dans la vallée de la Loire, un barrage granitique sépare le bassin du Puy du bassin d'Emblavés, marqués tous deux par un notable élargissement de la vallée, le fleuve ayant facilement afibuillé les marnes et argiles lacustres.

Par des lambeaux échelonnés entre le Puy et Monistrol, les fragments du lac d'Auvergne se relient aux dépôts de la grande dépression de la Loire, qu'un seuil divise en deux plaines, celle de Montbrison ou du Forez et celle du Roannais, D'autre part, les environs d'Aurillac montrent cà découvert des portions d'un bassin semblable, aujourdluii enfoui sous les amoncellements volcaniques du Cantal. Do sorte (]ue, considérant la faible distance qui sépare ces bassins tertiaires de celui du Gard, et les mollusques fossiles qu'ils ont en commun avec ce dernier, on est conduit à restituer, [)ar la [)ensée, au-dessus des Cévennes, une ancienne communication continue du bassin parisien à celui du Languedoc. Etrange contraste avec Tétat actucd du territoire intermédiaire, si violemment soulevé et disloqué depuis lors!

La plaine du Bourbonnais est loin d'avoir la fertilité de celle de la Limagne, qu'elle prolonge au nord. Du reste, la composition du terrain y est difl(Mente et surtout les élémenls volcaniques font défaut.

Massifs volcaniques. Cantal. Cézallier. — Les accumulations (jue les volcans sont venus jeter en Auvergne, au-dessus de la pénéplaine disbxjuée du massif archéen, se répartissent entre plusieurs rentres, distincts par leur âge comme j)ar leurs formes.

Le plus important (\st le massif du Cantal, immense cône déman-

télé, auquel les eaux courantes et les glaces ont fait perdre au moins 4000 mètres de sa hauteur primitive, et dont le centre, marqué par le Puy de Griou, est entouré d'une ceinture de pics ou piiys, qu'on prendrait aisément de loin pour des cônes volcaniques de projection. Ce ne sont pourtant que les débris des coulées et des brèches que vomissait tour à tour le cratère central. A travers les matériaux sans grande consistance des brèches de projection, qui dominent dans le massif, l'érosion a depuis lors creusé de profonds ravins divergents, dont quelques-uns, comme la coupure que domine le Puy Violent, produisent une impression saisissante. Mais cette divergence n'en laisse pas moins prédominer, dans l'hydrographie générale, la direction du nord-est au sud-ouest, qui est celle de la Truyère, du haut Alagnon, de la moyenne Dordogne et de la Gère en amont d'Aurillac, direction d'ailleurs parallèle à celle que les vieux plis carbonifériens affectent dès le méridien du Cantal, et manifestée avec évidence sur tous les petits cours d'eau secondaires compris entre l'Aubrac et l'Allier.

Des flancs du cône cantalien se sont épanchés de vrais déluges de basalte, et ces nappes, venant recouvrir la pénéplaine archéenne, ont engendré en plusieurs points de grands plateaux; celui du Cézallier, en dôme très surbaissé entre les deux cônes du Mont Dore et du Cantal, puis la plaine de Mauriac, et enfin la Planèze de Saint-Flour. Le contraste est grand entre la fertilité relative de ces nappes basaltiques, qui portent de nombreuses prairies, et la stérilité des landes archéennes qu'on voit sortir de dessous leurs bords.

Mont Dore, Monts Dômes, Velay , Aubrac. — Le Mont Dore, inférieur par sa masse au Cantal, est plus imposant parce qu'il a mieux gardé la forme de cime, grâce à la résistance des masses trachytiques de son noyau, comme celle qui forme le Pic de Sancy (1886 mètres), point culminant de la France en dehors des Alpes et des Pyrénées. La diversité des roches a permis à l'érosion d'y découper des protubérances parfois très originales, comme la Banne d'Ordanche, les roches Tuilière et Sanadoire, le rocher du Capucin, etc. Des coulées, en barrant certaines vallées, ont engendré des lacs, tels que le Chambon, tandis que d'autres cavités lacustres se formaient dans le massif, soit au fond de cratères, comme le charmant lac Pavin, soit par explosion. Le pays y est donc infiniment plus pittoresque et moins sauvage.

Les deux massifs dont nous venons de nous occuper ont été si fortement démantelés que, réduits à leurs noyaux profonds, ils

laissent seulement deviner la place des anciens centres d'éruption. La Chaîne des Puys ou des Monts Dômes, sensiblement plus jeune, offre au contraire dans toute leur fraîcheur la plupart de ses appareils volcaniques. Le nid de la Poule et le Puyde Pariou en témoignent suffisamment, comme aussi ces coulées ou cheires à surface déchiquetée, hérissée de blocs qu'on croirait figés de la veille, et qui descendent dans le thalweg de vallées à peine modifiées depuis répanchement de ces laves.

Le paysage volcanique ainsi engendré est aussi caractéristique que varié aux environs de Clermont, où Ton voit alterner les cônes de débris, les cratères, les anciens culots comme le Puy de Dôme, les plates-formes de lave comme le plateau de Gergovie, et les rochers de basalte découpés par Térosion dans les plus anciennes coulées du massif.

Moins nette, mais encore bien reconnaissable à ses cônes, déjà beaucoup plus aplatis, est la chaîne des volcans du Velay, qui se poursuit sur plus de 50 kilomètres. Cet appareil volcanique engendre aux environs du Puy un paysage très spécial, avec ses colonnades basaltiques et surtout les rochers en forme d'obélisques, si curieusement dressés au milieu de la ville. Ce sont sans doute d^anciennes cheminées remplies par des débris projetés, que rinjection de la lave a cimentés, et que plus tard la dispersion des marnes tertiaires encaissantes a dû laisser en saillie*.

De l'autre côté de la Loire, le Velay a pour pendant Tensemble des massifs du Mégal et du Mézenc, Ce groupe de montagnes volcaniques, superposées à un socle archéen de 1000 à 1100 mètres, doit son aspect très particulier à l'abondance d'une lave particulière, appelée phonolite. Cette lave donne des coulées et aussi des culots isolés, comme celui qui forme la cime du Mézenc (1754 m.).

Le Mézenc domine le massif archéen du Vivarais, au-dessus duquel il se relie d'une fa(;on à peu près continue au promontoire basaltique des Coirons, dressé comme un cap en travers de la dépression du Rhône, mais où le basalte repose sur le terrain jurassique.

Enfin YAubi^ac consiste en un épais amoncellement de coulées basaltiques, lancées dans une direction parallèle au Velay, isolées de tous côtés, sur leur socle archéen, par la Truyère, le Lot et leurs affluents.

Régime hydrographique du Plateau Central. — Cette superpo-

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