Boule, Desc. géol. du Velay
.sifion d*éléments nouveaux a profondément modifié Taspect de la
pénéplaine centrale, en même temps que la surrection de cette
dernière obligeait les cours d'eau à y creuser des gorges d'une
gra.nde profondeur. Mais les lits <les rivières, dont le soulèvement
modifîait l'altitude plutôt que le tracé, ont été influencés, par
I*a.clclition des massifs volcaniques, à un degré beaucoup moindre
qu^on ne pourrait le supposer.
C'est ainsi que le cône du Cantal, avec ses profondes vallées di>^orgentes, entaillées à travers l'énorme masse des brèches vol- <^a.nîques, fait au premier abord l'impression d'un pôle duquel tovit s'écarte. En le rattachant à son voisin le Mont Dore, qui garde î^ privilège de posséder la plus haute cime du Massif Central, on s^ï'a.ît tenté, dans un examen sommaire, d'en faire le nœud du ■"^î^oau hydrographique français. Cependant rien n'est moins exact, ^^ l'influence que ces accumulations volcaniques ont exercée sur I^s cours d'eau est purement locale.
Le vrai nœud du réseau français, c'est ce Mont Lozère, où la pl^te-forme archéenne et granitique, celle qui ne dépasse guère ^ Ï-OO mètres au Mont Dore, s'élève jusqu'à 1702. C'est de là, ou ^*^^ voisinage immédiat, que partent l'Ardèche, la Loire, l'Allier, *^ Xarn, i'Aveyron, le Lot; c'est-ànlire que les trois grîinds bassins '^'^^^n^is, bassin de Paris, golfe de l'Aquitaine, dépression du ^^^ône, viennent simultanément puiser à ce réservoir.
A.U fond, l'hydrographie du Plateau Central ne comporte que ^^xix directions d'écoulement : Tune, au nord, de la Loire à la ^**euse, vers le bassin de Paris; l'autre, à l'ouest, du Tarn à la ^***oiine, vers le golfe de l'Aquitaine. C'est le résultat de l'appel ^^^î a toujours eu lieu dans ces deux sens ; de sorte que la surrec- ^^^^n du plateau n'a eu d'autre résultat que d'allonger les cours •^•"- versTamont, tandis que Témersion des bords les allongeait
■"^^^ Taval.
Seulement il est à croire ciue la Vienne ((lui trouverait si bien
* '^•^ oontinuation dans la Charente), la Corrèze et la Gartempe,
, l'^p^rlenaient dans l'origine au système est-ouest, et qu'elles ont
^ capturées au profit de la Loire, soit par la dislocation du détroit
■- ^^-^îtevin, soit par suite de la flexion qui a déterminé l'irruption
^^ 1^ mer miocène sur la Touraine et le Blaisois.
^68 glaciaires. — A l'exception des Monts Dômes, qui ont
'*^^O.ppé aux rigueurs de l'extension principale des glaciers, les
sifs volcaniques du Plateau Central portent de nombreuses
«5 de Taction glaciaire. Tantôt ce sont des amas inorainiques
DV iji^AiiCJiT. — Le^jons de gi:ugr. phys. 25
de boue et de cailloux, comme ceux qui abondent au Cantal; tantôt des traînées de blocs, aujourd'hui isolés de toute gangue, et très différents des roches du voisinage immédiat (cimetières de$ enragés) ; tantôt enfin des formes moutonnées, très sensibles sur les arêtes séparatives de certaines vallées qui débouchent du Mont Dore, et où Ton voit les protubérances granitiques aussi arrondies du côté d'amont qu*elles sont anguleuses et abruptes vers lavai.
Massif armoricain. Caractères généraux. — Dans son ensemble, l'Armorique est, comme le Plateau Central, une pénéplaine. Mais son niveau est demeuré assez stable pour n'y pas entraîner la formation de gorges profondes, et sa composition beaucoup moins homogène comporte des différences assez notables de dureté, que la topographie générale ne peut manquer de traduire.
Ce qui caractérise essentiellement le grand massif armoricain, c'est sa tendance à se relever vers l'ouest, de manière à présenter ses parties culminantes du côté de l'océan. On voit ainsi que ce doit être une ruine, en grande partie démolie parles flots de l'Atlantique, comme l'attestent d'ailleurs les îlots détachés de l'île d'Yeu, de Noirmoutier, de Belle-Isle, des îles anglo-normandes, etc. Un second caractère est la tendance marquée des lignes de hauteurs latérales à se rapprocher de plus en plus à l'ouest, comme si elles allaient converger vers quoique point situé au large du Finistère.
Ainsi, quand on part de Brest, on voit se dessiner une bande septentrionale culminante, le pays de Ijéon^ sur le bord de laquelle se dressent les Montagnes d'Arrée, qui trouvent leur prolongement naturel dans les monts granitiques du Menez et se répercutent paralièleniontdans la haute traînée d'Avranches àMortain. Au pied de cette bande se remarque une dépression bien accusée, que suivent la rivière de l'Aune et le canal de Pontivv. Etroite dans l'ouest, celte dépression sïdargit notablement aux environs de Rennes. Enfin, du côté du sud, elle est bornée par la haute bande de la Cornouaille bretonne, précédée par la chaîne des Montagnes Noires, Or la direction de ces hauteurs méridionales s'infléchit de plus en plus au sud-ouest, comme on le voit dans les Landes de Lanvaux, puis dans le Sillon de Bretagne^ et mieux encore, à l'extrémité vendéenne du massif, dans les Hauteurs de Gâtine, C'est comme un épanouissement progressif du faisceau breton, à mesuHî (|u'on se rapproche du bassin parisien.
Disposition des plis armoricains. — (]ette structure a sa raison d'être dans la géologie. Les terrains primaires très variés, dont l'Armorique se compose, après s'être déposés, pour la plupart,
lans de larges concavités du massif, ont été un jour refoulés, en >Iis à peu près parallèles, dans le sillon que limitaient la bande irchéenne du sud et les traînées précambricnnes ou granitiques du lord. Étranglés entre la Cornouaille et le Léon, les plis ont pu »e dilater en éventail du côté de l'ouest. Tous, et en particulier les ongs alignements de granité, accusent les racines d'une ancienne chaîne de montagnes *, dont la surface rabotée est devenue une pénéplaine. De la sorte, les divers terrains y affleurent en bandes ongitudinales étroites, qui donnent à une carte géologique un ispect rubané, et c'est de la dureté plus ou moins grande de ces iffleurements que dépendent surtout le relief du sol comme le desnn des rivages.
Ainsi la dépression médiane du Finistère, celle de Carhaix, correspond aux schistes tendres du terrain houiller. La saillie si irisibie des Montagnes Noires tient à la dureté de la bande de grès compacts qui apparaît dans son axe, et les Monts d'Arrée sont une chaîne granitique. Le granité domine dans les Hauteurs de Gâtine, où son affleurement s'élai^it de plus en plus vers le sud, allant rejoindre, sous le détroit de Poitiers, les larges traînées de même nature qui courent à travers le Plateau Central. Les surfaces occupées par le grès dit armoricain forment des bandes élevées, prédestinées à la stérilité; et comme les granités, ainsi que certaines variétés de schistes, ne sont pas mieux favorisés au point de vue agricole, il en résulte que la Bretagne est, par excellence, le pays des landes alignées.
Là où les schistes sont tendres et se prêtent à la formation des prairies, le pays revêt un tout autre caractère, et les nombreuses haies d'arbres qui limitent les pâtures lui donnent un aspect verdoyant et boisé qui justifie le nom de Bocage, applicable surtout aux parties orientales du massif armoricain, c'est-à-dire à la lisière normande et au bord poitevin.
Quant aux rivages, la façon dont les bandes de duretés diverses y aboutissent entraîne le développement plus ou moins accentué de la structure des rias *.
Dépressions du massif. Effets de rérosion. — Un sillon oblique vient rompre Thomogénéité orographique du massif armoricain. C'est la coupure profonde par laquelle la Loire l'entame à partir d'Angers. Pour en comprendre l'existence, il faut savoir recon-