I. V«)ir plus haut, p. 25y
loucement à l'ouest SOUS le bassin de Paris. Sa limite orientale, qui ^ourt en ligne droite de la Loire aux sources de TOrne et de la lille^ trahit une ligne de dislocations, accusée du reste par plusieurs Lccidents sur son bord. D'autre part, un mouvement orogénique issez récent a fait naître, en travers de cette limite, la protubérance des collines de Normandie, qui atteint 417 mètres au mont des icouves, et qui est prolongée jusque dans la cuvette parisienne >ar le bombement du Perche, La production de ce dôme, jointe à 'appel déterminé par la coupure de la Loire, a dû entraîner une léviation des cours d'eau qui, dans l'origine, coulaient sans doute parallèlement aux anciens plis armoricains.
Mais la trace de la direction primitive conséquente des cours l'eau est restée visible dans plus d'un tronçon : ainsi le cours mpérieur de la Mayenne, celui de la Vilaine entre Vitré et Rennes, le ses affluents le Semnan, le Don, l'Isac, surtout des deux rivières, 'Arz et la Claie, qui encadrent la Lande de Lanvaux, et, au nord, es rivières de la Sélune et de la Sée, etc.
Massif ardennais. Caractères généraux. — ISArdenne est un massif composé de schistes, de grès et de calcaires primaires (siluriens, dévoniens et carbonifériens) qu'une violente poussée avait refoulés les uns sur les autres, en plis alignés du sud-ouest îu nord-est, lors de la surrection de la grande chaîne carboni- Férienne. Ensuite une longue période continentale, embrassant plus de la moitié des temps secondaires, a amené la disparition k)tale du relief avec la transformation en pénéplaine, non seulement de l'Ardenne actuelle, mais de son prolongement sous le Brabant et la Flandre,
Ce prolongement est aujourd'hui bien connu, grâce aux nombreux sondages qui l'ont exploré. Or c'est un fait remarquable que ['allure de sa surface demeure la même, qu'elle soit recouverte lirectement par les sables tertiaires comme au Brabant, par la craie comme dans la Flandre, par le terrain jurassique [comme dans la région du Pas-de-Calais occidental. C'est bien la preuve que la mer l'est pour rien dans cet aplanissement, œuvre des eaux courantes )endant une longue émersion du territoire.
La pénéplaine, qui s'incline doucement au nord-ouest, se relève >eu à peu dans la direction opposée et vient présenter à la France m véritable front de falaise, où les parties voisines de la crête attei- ^ent par places tout près de 500 mètres. Aussi, dans cette région, ;'est-à-dire dans ÏArdenne proprement dite, le massif afTecte-t-il 'allure d'un véritable plateau, entaillé par des vallées profondes.
Nous savons * que cette allure est de date récente, et résulte d'un lent mouvement de bascule du terrain. Avant Tépoque quaternaire, le district était plus bas que le cours d'amont de la Meuse, qui circulait paresseusement à sa surface^ et qui a dû s'y enfoncer ensuite à mesure que le massif se relevait, encaissant de plus en plus ses méandres originels.
Aujourd'hui le contraste est profond entre le caractère éminemment montagneux des versants de la Meuse, de la Semoy et de leurs affluents, d'une part, et l'absolue monotonie du plateau supérieur, le plus souvent schisteux et fangeux (d'où le nom de fagnes), d'autre part. C'est la dureté du terrain qui seule introduit quelques difTérences dans la topographie de cette pénéplaine surélevée, mettant en évidence, tantôt des bandes de grès dur, comme à Monthermé, tantôt des rubans de calcaire-marbre, comme ceux qui se poursuivent à travers la Fame^ine, et qu'accentuent les nombreuses exploitations par lesquelles les affleurements sont jalonnés.
Divisions du massif. — La transition n'est pas continue entre le Brabanl, où la pénéplaine abaissée ne porte que des sables tertiaires, et YArdenne. A la jonction des deux territoires se trouve le sillon rectiligne que dessinent, d'abord la Sambre, puis la Meuse entre Namur et Li^e. Ce sillon est de bien ancienne date; ^^ c'est là qu'est venue tomber autrefois la grande bande des dépôts houillers, et plus tard la mer de la craie y a pénétré assez loin J>^^ le golfe (lu Hainaut. A peine l'a-t-on dépassé qu'on doit gravi i" *^ haute crôtc du Condroz, dont l'altitude, jointe au changement co"^' plot dans la nature du terrain sur la rive droite delà Meuse, accr'J^se une grande fracture. Au delà se déploient IcsPagiieSy qui au n<r>^"' est s'élèvent peu à peu vers ÏEifel, où Taltitude finit par atteir»^*^^ 700 mètres; de sorte que la rudesse du climat accentue de plu^ ^^ plus l'infertilité du sol. Les schistes engendrent par leur décoii'if ^' sition do l'argile, et le défaut de ponte sur les hauteurs, joint àl " t^^' midito du climat, détermine en temps de pluie la formation» ^^ véritables fondrières.
Golfe du Luxembourg. Plateau rhénan. Palatinat. — Un dist ï*^^^ de sables et de grès en couches horizontales interrompt, dè^ ^^ Luxembourg, le massif schisteux ardennais. Il y a là un golfe, i>^^^^' otro un détroit, où pénétraient largement les mers du trias et ^^^ jurassique inférieur, et dont la Moselle a profité pour prépare!* ^^
{. Voir plus haut, p. ICI.
«jée vers le nord '. Mais, un peu avant Trêves, apparaît le massif fA^rFman^ suite directe de TEifel et, comme lui, pénéplaine tardivenn ^ »t relevée.
^ML^e plateau entre Trêves et le Rhin est un des meilleurs exemples 'J^^Ji. jDe pénéplaine soulevée. La surface, faiblement ondulée, a une ^H mjre indépendante de celle des roches constituantes. Les ^^liocres éminencesqui la surmontent, comme Tldar Wald et le on Wald, sont dues à la résistance offerte par des couches de ^sirtzite *.
ur le flanc sud-est du massif rhénan s'est logée, parallèlement anciens plis hercyniens, la dépression du Palatinat, où se sont ^^^lïumulés, avec les schistes houillers du bassin de la Sarre, des s et des roches éruptives diverses. Au delà, le terrain se relève la Hardty prolongement septentrional du tlome alsacien, terrire surtout triasique, à partir ducjuel on s'élève jusqu'aux sges.
"Ttfasirif alsacien. Caractères généraux. — Le massif alsacien est dôme, que l'effondrement de la clef de voûte a divisé en deux, hisant naître au milieu la grande plaine où coule le Rhin. Les "%rres de l'énorme cassure dessinent ainsi, par leurs crêtes, des parencesde chaînes culminantes, les Vosges d'un côté, Isl Fof*e't ^ire de l'autre. Mais ce ne sont pas des montagnes tectoniques au ^^^^118 habituel du mot; leurs cimes ne s'alignent pas sur la direcc:in d'un pli, et l'impression qu'elles produisent tient surtout à la **ofondeur de la tranchée dont elles définissent les bords.
D'autre part, la surrection du dôme a eu pour effet de ramener
jour, en son milieu, un noyau archéen et granitique qui occupait
place à l'époque carboniférienne, et qui, après avoir crevé sa
<^uverture de trias et de jurassique inférieur, en est arrivé à former
^•Vïjourd'hui les plus hauts sommets de la contrée. Vu de la France,
exemple des environs de Saint-Dié, ce noyau est remarquable
sa forme de longue croupe à peine mamelonnée, absolument
empte de ces contours heurtés qui d'ordinaire abondent dans les
ontagnes. En outre, quand on gravit cette croupe, on constate
^^^e les divers terrains dont elle est composée dessinent des bandes
ignées au nord-est, c'est-à-dire obliquement à la ligne de faîte,
< dont les plus dures, demeurées en saillie, forment comme
^^'titant de petits chaînons dans le même sens.
1. Voir, pour cette pénétration, les détails donnés plus haut, p. 161.