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des rivières ; de là aussi la netteté avec laquelle le bloc tertiaire so détache en général de ce qui Tentoure.

Enfin, là où s'opérait la convergence des rivières, l'érosion, plus efficace que partout ailleurs, amenait un déblaiement presque complet, faisant naître la grande plaine parisienne au milieu d un i

hémicycle de collines, toutes couronnées par des lambeaux ou des ^ promontoires du plateau presque horizontal de la Beauce.

Le mouvement qui s'était produit ayant accentué la dislocation m

de la Seine, en même temps qu'il mettait en évidence une série -« d'accidents parallèles, comme celui du Pays de Bray, Témissaire —* du bassin de Paris a approfondi ses méandres le long de cette — dislocation, avec d'autant plus de facilité qu'il y rencontrait une — » craie fissurée; de la sorte, il coule aujourd'hui, presque sans -i^ pente, au fond d'une tranchée qui serpente, mais dont les sinuo- — sites ne s'écartent jamais sensiblement de la ligne de faille ou do — ^ plissement, visible en plus d'un point entre Vernon et Rouen.

Quant à la partie méridionale du bassin, longtemps elle est *t restée tributaire du fond de la cuvette. La vallée du Loing, qui m'\ continue exactement le sillon de la Loire, dont aucun seuil ne la -^^

sépare, semble bien indiquer de quel côté ont dû s'écouler pri-

mitivement les eaux venant de l'Auvergne et du Forez ; et il est #" *t difficile d'attribuer à autre chose qu'à des courants issus du Pla- — -teau Central cette nappe des sables de la Sologne, dont les derniers j^^^s écarts ont atteint la région de Paris. Mais lorsqu'au milieu dos -=^-5 -s temps miocènes la mer a fait irruption dans l'ouest jusqu'aux :>^rx

portes de Blois, sans doute à la faveur de quelque rupture en ra|i ^ >

port avec les prémisses des mouvements alpins, la Loire, attirée ^' ^ *<* par celte coupure, aurait été capturée au profit de l'Atlantique.

Constitution de la topographie du bassin. — La constitution du m w u réseau hydrographi([ue parisien s'est poursuivie depuis l'émersion^"^» n du terrain de craie. Elle a traversé des cycles très divers, suivant #" ^^t les mouvements du sol survenus durant les temps tertiaires et:^ ^^^^ môme quaternaires, chaque phase de stationnement du niveau do-^ :^ ^<* base devant déterminer la formation d'une pénéplaine plus oiw -^ •" moins achevée. Ces pénéplaines successives ne peuvent plus=^^ Mi^ aujounrhui se présenter que par lambeaux, et la mieux recon-^ ^^tinaissahle est celle qui correspond à l'ancien niveau du lac de Iw^^ ^^ Beauce.

La topographie actuelle se ressent à la fois de la structure er m '" gradins, commandée par la succession des divers affleurement?^ ^^ secondaires en auréoles concentriques, et de la composition trè:s -*^-'*

ariable du massif tertiaire, dont les assises ont offert une résisance fort inégale à Térosion. D'autre part, tandis que le golfe ertiaire ne s'est jamais étendu vers Test plus loin que la Chamlagne, il demeurait généralement ouvert au nord et trouvait de emps à autre une communication avec l'ouest. De là vient que 'ordonnance concentrique des zones similaires et la convergence les cours d'eau n'ont été réalisées, sans changement de dessin, [ue sur le demi-cercle oriental, limité à peu près par l'Oise d'un îôté, par le Loing de l'autre.

C'est donc surtout dans cette partie que se développe l'allure ïn gradins, chaque plate-forme de terrain résistant se relevant loucement du centre du bassin vers les bords, pour se terminer )ar un escarpement qui fait face à l'extérieur. Ces falaises, à trarers lesquelles les rivières ont dû descendre par des brèches progressivement approfondies, forment pour la région du centre mtant de lignes de défense successives. Chacune d'elles est d'aileurs plus ou moins découpée, et parfois, en avant de l'escarpenent principal, des témoins de son ancienne extension subsistent îomme autant de postes détachés; ainsi la montagne de Laon, et es collines qui dominent Reims à l'est.

Auréoles et falaises successives. — On distingue, en marchant oujours vers l'extérieur : la falaise de Vile de France, où se nontrent les tranches des assises tertiaires, et qui domine tour à ourles plaines du Vexin, de la Picardie et de la Champagne pouileuse\ la falaise crayeuse de Champagne, au pied de laquelle comnencele pays aplati et argileux de la Chatnpagne humide ; la falaise te VArgonne, moins étendue, faite d'un escarpement de gaize créacée qui domine le plan incliné des grès verts surmontant les calcaires jurassiques ; la falaise corallienyie, où le rempart des cal- ^res souvent appelés coralliens commande les plaines argileuses les Woëvres\ la falaise des Crêtes de Poix, où une roche dure, inférieure à ces calcaires et dominant des argiles, vient relayer :opographiquement le rempart de l'Argonne là où celui-ci s'efface ; a falaise du jurassique inférieur, ^\ nette dans YAuxois, où la nuraille ruiniforme du calcaire à entroques * couronne les grands alus des marnes liasiques.

Le dernier de ces escarpements revêt une ampleur particulière ur le bord externe du Plateau de iMugres, qui ferme le bassin

1. On appelle ainsi un calcaire pétri de fragments d'articles de crinoldes et de adioles d*oursins.

parisien à Test, en opérant la jonction des Faucilles avec le Morvan. Ce plateau est en réalité un dôme, de part et d'autre duquel les assises plongent en sens inverse, ici vers la dépression parisienne, là vers celle de la Saune. On peut dire que, contre son axe, un véritable combat est en train de se livrer entre les affluents de la Seine et ceux de la Saône, lesquels ont poussé leurs sources à la rencontre les unes des autres, au point de ne plus laisser entre elles qu'un massif de moins de quatre kilomètres. Ici, grâce à une chute beaucoup plus rapide, les petits cours d'eau qui descendent à la Saône se sont montrés aussi actifs que les grandes rivières coulant au nord; et il semble qu'il leur reste peu de chose à faire pour arriver à décapiter ces dernières.

Très nette dans le secteur oriental, la structure en gradins s'atrophie à l'ouest : du côté de la Normandie, à cause de la hauteur acquise par la grande plaque de craie sur laquelle le lac de Beauce se déversait originairement; vers le sud-ouest, parce que c'est de ce côté que le fond du lac s'est incliné, protégeant les auréoles secondaires que le soulèvement oriental exposait, au contraire, à tout l'effort de l'érosion. Cependant, quand on s'éloigne du sud-ouest sur le bord occidental, pour arriver dans des régions où il n'existe pas de dépôts tertiaires épais, on retrouve la structure en gradins ; et c'est ainsi que la plate-forme crayeuse de la Haute-Normandie, couronnant les talus argileux du Pays d'Auge, domine de très haut les plaines calcaires de la Caynpagne de Caen, relevées peu à peu vers le pays argileux du Bessin,

Pays du basBin; auréoles crétacées. — Les divisions de second ordre ou pays du Bassin dé Paris* se groupent, autour du massif tertiaire, par séries concentriques, dont chacune embrasse les modalités particulières que la composition et le relief du terrain imposent à la plate-forme de chaque gradin crétacé ou jurassique. On voit ainsi se succéder :

1° Sur l'auréole du crétacé supérieur : le Gâtinais méridional, ^ très encombré de silex, et le Sénonais avec la falaise du Pays-^ d'Olhe en avant ; la Champagne pouilleuse, allant de la Seine à l'Aisne; le liethelois, où la craie est beaucoup moins souvent à nu ; enfin le Vermandois qui, situé sur le détroit tertiaire du nord— J est, a conservé sur sa surface un assez grand nombre de lambeau: de sables et argiles éocènes ;

1. Voir, dans noire Géologie en chemin de fer, la description plus détaiUée de unités, ainsi que la carte qui figure leur disposition.

2? Sur répanouissement que la précédente auréole éprouve (/ans le nord-ouest, les plaines de Picardie, avec îlots tertiaires; le Santerre^ XAmiénoi^y et le Ponthieu, où Targile à silex joue un plus grand rôle; puis le plateau de la Haute-Xormandie, dont la pajrtie la plus caractéristique est le Pays de Caux, avec sa couverfui*e ile limon et d'ai^ile à silex, et ses vallons rapidement approfondis dans la craie. Au delà de la Seine, la Campagne du iVeubo^€rg^ très analogue au pays de Caux, mais masquant de plus ndes dislocations en profondeur; enfin, plus près du massif îaire, le Vexin normand, qui en supporte quelques écarts; 3^ Sur la partie occidentale de Tauréole : le Petxhe, où le élange des sables, des argiles et d'un peu de calcaire, joint à relief de soulèvement, engendre un pays bien arrosé; le Maine, les dépôts de la craie prennent à peu près exclusivement le s sableux; les Vaux du Loir, où la craie reprend de Timnce, accusée aux yeux du voyageur par le grand nombre ^ anciennes carrières transformées en habitations ;

^^ Sur l'auréole du crétacé inférieur : les collines de sables et es du Sancerrois; la Puimije, avec ses sables ferrugineux et ocres ; la Champagne humide, si dépourvue de relief et si riche thalwegs; le Perthuis et le Vallage, où s'entremêlent sur les es crétacées les alluvions de la Biaise, de la Marne, de la ^^Ix et de rOmain; YArgonne, avec ses crêtes escarpées, assises la gaize: la Rivière d'Aisne; entin la fertile Thiérache, dont pâturages confinent à la région, mi-partie crayeuse et mi-partie ^^rneuse, de VArrouaise et du Camhrésia. C'est aussi la réappari- ^>i du crétacé inférieur qui, devant le détroit du Poitou, donne Mirebalais sa physionomie particulière.

auréoles Jurasfldqaes. — o° Sur l'auréole des calcaires jurassi- ^8: la Champagne henuchonne, si plate, aux petits cailloux lithophiques jonchant le sol, mais le plus souvent sans masses ;;^-lcaires compactes; les plateaux de la Bourgogne; notamment uxerroiSy le Duesmois, le Plateau de Langres, le Bassigny, où accuse si bien la résistance des grands massifs calcaires profon- ^^ment entamés par les vallées, le Barrois aux cailloux d'aspect ^^*liographiquc. A partir de ïoul, la grande zone marneuse de la oëvre s'y intercale, séparant la falaise corallienui» de Verdun du y» de Haye et du Jarnisy. Dans l'ouest, une intercalation ogue donne naissance au grand versant du Pays d' Ange, Aoxni- ^^*ït la campi^e de Caen, tandis qu'il sert lui-même de support ** plate-forme en partie crayeuse du Lieuvin. Puis le Saosnois et

la Campagne du Maine reconstituent les plaines calcaires, interrompues ensuite, jusqu'au Loudunois, par le débordement vers Touest des dépôts crétacés, mais destinées à reprendre une grande ampleur dans le Poitou, à la vérité sous une couverture de dépôts argilo-sableux tertiaires ;

6" Sur Tauréole liasique, là où elle s'élargit suffisamment, le fertile Auxois, dominé par de nombreuses plaques calcaires, le Pays Messin, le golfe en grande partie sableux et gréseux du Luxembourg; enfin, entre la Plaine de Caen et le Bocage normand, la bande argileuse du Bessin.

Pays du massif tertiaire. — Il reste à parler des subdivisions du massif tertiaire.

Or à cet égard il importe de faire une distinction entre Tancienne fosse où la mer a si souvent pénétré, et les parties périphériques de Touest et du sud, qui n'ont connu le tertiaire que sous la forme lacustre ou continentale.

A ces dernières appartiennent le Gâtinais Orléanais ; la Sologne au sol imperméable et difficile à drainer; la Brenne aux nombreux étangs; la Gàtine de Touraine, le Thimerais et le Pays d^Ouche, avec un fond d'argile à silex assez épais pour masquer presque complètement la craie sous-jacente.

Quant à la fosse sédimentaire proprement dite, sa division résulte de ce que l'inclinaison générale et régulière du terrain vers le sud-ouest fait apparaître dans la direction opposée des paliers successifs, tous constitués par l'affleurement d'une assise dure qui sort de dessous les précédentes.

Ainsi des sables de la Sologne émerge la grande plate-forme de la Beauce, type achevé des hautes plaines, et quand celle-ci commence à se morceler vers son bord extérieur, laissant apparaître dans les vallées des dépôts tout différents du calcaire lacustre, c'est le Gâtinais français et le Hnrepoix qui prennent sa place. Audessous, de l'autre côté de la Seine, se dégage le palier de la Brie /"ran^aise, prolongé par la Brie champenoise ou pouilleuse, qui devient culminante, mais très découpée, dans le Tardenois et la Montagne de Reims,

Au delà de la Marne, l'apparition au jour d'un nouveau palier calcaire engendre les plaines du Valois, prolongées à l'ouest par le plateau plus morcelé du Vexin français. Enfin quand l'argile plastique, sortant de dessous la plate-forme du calcaire grossier, prend une part notable à la constitution du paysage, un nouveaupays s'individualise, bien arrosé et découpé; c'est le Soissonnais,^

je terminant d'un côté par le Laonnois^ de Tautre par le Noyonnais ît le Beauvaisis.

JPsLYB de dislocations. — A ces accidents réguliers, œuvre combinée de Térosion et d'une structure tectonique générale, viennent ie superposer ceux qui résultent surtout de dislocations locales, pour la plupart de date tertiaire, dont l'énergie a suffi pour troubler par places l'assiette des auréoles successives.

Tels sont leBazois, disloqué par les failles latérales du Morvan ; e SancerroiSj où le jurassique est relevé à la hauteur de la craie ; e Belinois, petite boutonnière jurassique ouverte au milieu du crétacé du Maine ; puis la série des soulèvements orientés au nordauest, c'est-à-dire le dôme du Perche, avec l'axe du Merlerault ; le Pays de Bray, dont il a été antérieurement question *, qui, en faisant arriver au jour une série de couches d'argiles et de sables, introduit une oasis de frais pâturages au milieu d'un pays voué aux terres de labour; le Pays de Thelle, véritable palier incliné s'appuyant sur le bord méridional du Bray ; Y Artois, où la résurrection d'une très vieille dislocation parvient à faire pointer, par endroits, les grès primaires au milieu de la craie; enfin le Bas-Bou tonnais, où un lambeau de la pénéplaine primaire a réussi à se faire jour au milieu d'un bourrelet jurassique et crétacé, engendrant un îlot de verdure, avec quelques rochers pittoresques, entre les plaines de la Ftandre et les collines de V Artois.

Notons d'ailleurs que, depuis la vallée de la Seine jusqu'au Boulonnais, le parallélisme des dislocations commande d'une manière évidente la direction de tous les cours d'eau.

Le lambeau du Boulonnais est particulièrement instructif, en ce qu'il fait voir en pleine lumière ce qu'enseignait déjà l'allure souterraine de la surface du terrain houiller dans le Pas-de-Calais; à savoir que, au moins depuis le détroit, les plis primaires, bien accusés par une succession de bandes parallèles de calcaires-marbres, de schistes et de grès, sont dirigés au nord-ouest.

Les exploitations houillères montrent que cette allure se poursuit jusqu'auprès de Valenciennes, où une inflexion assez brusque» ramène les plis à l'est-nord-est. C'est le même changement que nous avons constaté dans le Plateau Central, vers le méridien du Plomb du Cantal. Or en joignant ces deux points de rebroussement, on obtient une ligne qui difl'ère très peu de l'axe de la fosse tertiaire du bassin parisien; comme si cette dernière résultait seu-

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