‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 135 sur 216 · Voir plus haut, pp · texte numérisé non relu

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lu LauraguaiSy au sol fangeux, elle a suffi depuis lors à séparer !omplètenient les deux mers.

Dans l'Aquitaine, devenue un golfe, Tocéan a tenté plus d'un retour offensif, et par moments il s'est avancé jusqu'à l'Agenais, plus tard encore jusque dans l'Armagnac. Mais les eaux descenlant du Plateau Central et des Pyrénées lui livraient une guerre incessante, et de grands dépôts d'eau douce ou saumâtre en comblaient peu à peu le fond. Ainsi la mer a dû se retirer dans l'ouest, 311 le dépôt des sables et cailloutis des Landes ne lui a plus laissé jue les estuaires de la Gironde et de l'Adour. En outre, à plusieurs reprises, les glaciers, envahissant le pied des plaines sous-pyréaéennes, y accumulaient de grandes masses de matériaux moraidiques, cause principale de la disposition rayonnante des cours l'eau entre la Garonne et le Gave de Pau.

Bordure secondaire du golfe. — Avant l'époque tertiaire, le Détroit du Poitou avait mis plusieurs fois la mer de l'Aquitaine en (communication avec celle du bassin de Paris, d'abord pendant la presque totalité des temps jurassiques, ensuite depuis le commencement de la période de la craie. Comme d'ailleurs les mers tertiaires se sont toujours tenues à une certaine distance- du Plateau Central, on voit se dessiner, depuis le Rouergue jusqu'à la Sain- •onge, une assez large bande, divisée comme les bords du bassin parisien en auréoles distinctes.

L'auréole jurassique apparaît seule entre le Lot et la Dordogne, 311 se dessine un véritable causse, dont le symétrique existe, de l'autre côté du Lot, entre Cahors et Villefranche du Rouergue. Tous deux portent le nom de Causses du Quercy, et attestent que le régime à la faveur duquel se déposaient les calcaires compacts n'était pas exclusivement spécial au golfe des Cévennes. C'est à ce iistrict qu'appartiennent les célèbres falaises de Rocaraadour.

Au delà, les affleurements jurassiques se restreignent considérailement, et après le Sarladais ou Périgord noir, qui leur apparient encore, le Haut Périgord om Périgord 6/anc est occupé presque xclusivement par la craie, avec son manteau d'argile à silex, préarant la Champagne charentaise, qui arrive jusqu'à la mer. Seu- ^ment, à partir de Nontron, le ruban jurassique reprend de l'imortance et, dans le Confolennais, ses calcaires introduisent une onde de Terres chaudes, en avant des Terres froides de la même égion, assises sur les micaschistes anciens.

Cette auréole s'épanouit enfin dans le détroit de Poitiers, rempli »ar de belles masses calcaires, dont la surface est toujours garnie

de sables et d'argiles. Au pied de ces masses, dans le fond de quelques vallées, le granité apparaît, supportant sans intermédiaire te ^ couches du lias. Alors la Plaine de Niorty plate-forme jurassique aux grands horizons découverts, au sol exempt de dépôts supe**ficiels, vient s'étendre devant le détroit, interrompue dans YAuné^--^ par le Marais poitevin, cet ancien estuaire que les alluvioim as vaseuses de la Gironde et de la Charente, toujours rejetées a nord, ont progressivement comblé.

Pays de l'Aquitaine. — Le golfe aquitanien proprement dit celui où a eu lieu la lutte des eaux douces et de la mer, offre u relief très insignifiant et d'ailleurs très bien régularisé. Sa surfac est extrêmement monotone, et les variétés que présente le so 1 dépendent de la prépondérance relative des mollasses^ tantô i marines, tantôt d'eau douce, des calcaires, marneux ou com — pacts, et des alluvions. Les calcaires dominent dans le Bas Quercy ,

tandis que la mollasse, mélangée de calcaire, abonde dans VAge

nais et que le Bazadais laisse voir des faluns ou sables marin coquilliers, visibles aussi par places dans le Bordelais. Les calcaire reparaissent dans Y Armagnac, mais assez intimement associés des marnes et à de larges traînées d'alluvions pour que le pays semé de petits bouquets de bois et sillonné par une multitude d vallées qui divergent de la montagne, garde la plupart des c^rac tères d'un terrain imperméable. Le centre de cette divergence es le Plateau de Lannemezan, cône de déjection ai^leux et caillouteux, d'origine glaciaire.

Tout cet ensemble confine aux Landes, ancien golfe comblé pa*: les alluvions pliocènes, et dont les dunes ont régularisé le contour ' Celles-ci, comme les Laudes, finissent brusquement à l'Adour, eiir correspondance directe avec l'accident sous-marin qui engendre 1 fosse du cap Breton. Au delà, entre TAdour et le Gave de Pau s'étend la Chalosse, C'est un territoire où les dépôts tertiairei?^ marins laissent apercevoir par-dessous les couches crétacées, rele vées à la faveur d'un pli [)arallMe aux Pyrénées, et dont les pro longements sont masqués par des dépôts plus récents.

Quand on a dépassé le Gave, l'induence de la montagne voisin suflit à faire apj)araîlre le terrain crétacé, sans couverture tertiaire, dans le Béarn, confinant au Pays Basque, divisé lui-même en AVavore et Lahourd, régions de dislocations avec noyau archéen; après (|uoi on arrive à la chaîne pyrénéenne. Mais avant de nous tourner de ce côté, étudions la partie de la région française qui longe à l'est le Massif Central.

Dépression de la Saône. — Cette partie se présente sous la /orme d'une grande dépression, qui s'étend en lisrne droite depuis IsL Côte-d'Or jusqu'à la Méditerranée, limitée à l'est d'abord par le «Fuira^ ensuite par les Alpes.

II est clair qu'elle doit son origine à une dislocation im|H>rtante, ou plutôt à un ensemble de dislocations de divers âges, dont la trace ost partout facile à suivre sur ses bords: ainsi dans les failles éta- ^éos de la Cote-d'Or, de la côte Chalonnaise et du Maçonnais, oomme dans ce petit massif du Mont d'Or lyonnais, si étranîrement oollé à la Saône. Le dessin de cette dépression a dû être esquissé ^-vi moins dès l'époque oligocène, c'est-à-dire en même temps que 1^- fosse alsacienne: car des dépôts lacustres de cet âge s'obser\ent ^râtre Vesoul et Dijon. Mais c'est surtout à l'époque pliocène que ^^ forme a été précisée, alors que le grand lac de la Bresse s'étendait du Dijonnais jusqu'à Lyon. La pente négligeable de la Saône *-*^iit à ce qu'elle suit le fond de C4?t ancien lac, dont la partie infé- ^ï^^iire est occupée, à partir de Màcon, par la région des Dombes, ^^ abondent les petits étangs, dispersés sur un immense cône de déjection très aplati. Ce cône marque la place où venaient fondre, *oi*s de leur principale extension, les grands glaciers alpins.

X^épression du Rliône. Provence. — A partir de Lyon, ou plutôt

Vienne, la dépression rhodanienne prend un autre caractère, li'abord son dessin (et par conséquent celui du sillon de la Saône ^^ amont) doit être de fort ancienne date: car, ainsi que Ta fait **^nriarquer M. Depéret*, les plis d'âge carboniférien, qu'on obser^•e ^^1* le bord des Cévennes, s'inQéchissent progressivement dunord- ^^t au nord. De la sorte, depuis la mer jusqu'à Vienne, la dépres- ^lon rhodanienne n'est traversée par aucun pli carboniférien. Ce '^ ^st donc pas une cluse recouvrant les ondulations de la chaîne ï^^^maire; c'est une vallée longitudinale, à peu [»rès [larallèle à ces ^^dulatipns.

C'est à l'époque éocène, cependant, que la dépression a commencé

'^ former une véritable vallée tributaire de la Méditerranée, vallée

^^^ntôt envahie par la mer nummulitique, puis transformée en

^^tines et de nouveau inondée : car c'est par celte voie que sur le

^leniinois et le Viennois, la mer miocène pénétrait en Suisse; et

^ Hier pliocène elle-même s'est avancée en un golfe étroit au delà

^ Camtaty jusqu'aux portes de Lyon.

li'autre part, l'étranglement que la vallée du Rhône subit

' - Annale* de géographie, juillet 1S05.

devant le Vivarais, et les massifs calcaires qui se dresâeat siir sa route autour d'Avignon et d'Arles, font pressentir que, dans cette traversée, les mers tertiaires ont eu à s'ouvrir un chemin à travers un massif disloqué. En effet, les plis et les cassures abondent dans la Provence, où ces actions, antérieures aux dépôts oligocènes de la région, engendrent toute une série d'accidents dirigés en majorité de l'ouest à l'est. Beaucoup ne sont plus guère reconnaissables que par l'étude géologique; mais d'autres, comme la Montagne de Lure et le Alont Venfoux, avec son arête dénudée et blanchâtre, longue de 20 kilomètres, la chaîne du Luberon, celles de Sainte- Victoire, de la Sainte-Beaiime et def^ AlpilteSy le Faron de Toulon, etc., se dessinent nettement dans la topographie, grâce a la résistance des calcaires qui en forment le fond.

La plupart du temps, on rapporte ces chaînons aux Alpes à titre de contreforts occidentaux; mais c'est bien à tort, car ils en diffèrent à tous égards. Ainsi c'est un fait remarquable que la façon brusque dont ces plis, orientés à l'est, vont buter contre les plis à peu près nord-sud des Alpes occidentales. Cela tient à ce qu'il y a là rencontre de deux chaînes de montagnes d'âge différent, dont Tune, née en même temps que les Pyrénées, était à moitié rabotée quand la seconde est venue se jeter contre elle, à angle droit.

Parmi ces chaînons, la Montagne de Lure mérite une mention spéciale, parce que c'est elle qui établit vraiment la séparation entre la topographie du Dauphiné et celle de la Drôme. Là, dit M. Kilian ', ^ *

« le régime des vallées et des montagnes tourmentées de la Drôme ^ mh

fait brusquement place à un plateau, et c*est petit à petit qu*on passe des pâturages arides et élevés de Lure, parfumés de thym et de lavande, aux coteaux fertiles et aux campagnes riantes de la Provence ». On y distingue diverses catégories de dislocations, les unes antérieures, les autres postérieures au dépôt de la mollasse miocène.

C'est précisément la rencontre de ces deux sortes d'accidents, les uns pyrénéens et les autres alpins, c'est-à-dire très postérieurs, qui engendre la complication toute particulière que présente le Dau- — .«-r-tt phiné entre Digne et Gap '.

Massif des Maures. Bande des Cévennes. — La cause qui a dirigé à l'est les anciens plis de la Provence est d'ailleurs facile i apercevoir dans le petit massif archéen des Maures et à^V Esierel^

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