I. Th. Fischer, op, cit
théâtres morainiques *, comme celui de laDoireBaltéeprèscrivrée, qui ne représente pas moins de 70 kilomètres cubes et atteint dans la Serra une puissance de 300 mètres. D'autres ont des formes plus adoucies, comme les collines de Solferino, qui entourent le lac de Garde.
En avant de ces moraines, toujours reconnaissables à leurs formes, s'étendent les cailloutis déposés par les torrents glaciaires. Maintes fois remaniés, ces cailloutis se sont de plus en plus étalés vers le sud, et c'est à cela qu'est due la pente transversale si progressive de la vallée du Pô. Du Tanaro au Tagliamento, on ne reconnaît pas moins de 28 cônes de déjection distincts, recouverts de loess * et où parfois les graviers se montrent fortement cimentés. Quelques rivières les franchissent par des rapides.
La surface de ces conglomérats étant perméable, les eaux s'y inGltrent jusqu'aux couches argileuses du fond. De là, elles vont sortir un peu plus au sud, engendrant un niveau de sources, bien marqué de Magenta, par Vérone, jusqu'à Udine. C'est la ceinture des fontaruli, qui fournissent l'élément des irrigations dont bénéficient les plaines lombardes.
Dans le Vicentin^ on voit surgir, au milieu de la plaine des alluvions vénitiennes, un élément topographique tout à fait adventif. Au pied des monts Lessini, comme dans les monts Berici et dans le massif des monts Euganéens, une grande activité éruptive s'est donné carrière au commencement de l'époque tertiaire, au voisinage immédiat de la cassure des Judicaires et au pied du massif des dolomies tyroliennes. Mais tout était fini avant le grand soulèirement alpin, si bien qu'il n'y a plus de cratères reconnaissables, et que seules ({uelques sources d'eau chaude font cortège aux ruines des anciennes coulées, qui se dressent sur une base de sédiments allant du jurassique à Téocène. Ainsi ces éruptions ont dû accompagner la formation de quelque chaîne ancienne, par exemple de celle dont les débris auraient engendré les klippes des Préalpes suisses.
Apennin. Dessin général. — "U Apennin offre un dessin orographique assez simple, et dans cette chaîne, qui forme si exactement et avec tant de continuité la dorsale de la péninsule, on pourrait se croire fondé à soupçonner un anticlinal, départ et d'autre duquel les couches soulevées plongeraient en sens inverse.
i. Voir plus haut, p. 211.