‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 165 sur 216 · Th. Fischer, op. cit · texte numérisé non relu

Th. Fischer, op. cit

Il n'en est rien pourtant, et la chaîne doit son allure actuelle à la superposition de deux genres d'efforts : un plissement relativement ancien, qui paraît être du même âge que celui des Pyrénées, c'està-dire de la fin des temps éocènes ; et des ruptures par suite desquelles des terrains très récents, tels que le pliocène, ont été soulevés jusqu'à 1000 et 1200 mètres, soit en demeurant horizontaux, soit en éprouvant un simple mouvement de bascule, en masse et sans plis.

Or, d*après ce que nous savons, tout plissement suppose un massif résistant contre lequel des sédiments plastiques sont refoulés. Où donc était ce massif en Italie?

Traces de l'ancienne Tyrrhénide. — Il n'en existe plus que des ruines, qui apparaissent sur la cote de Toscane, sous forme d'affleurements archéens et primaires, pour se retrouver en Calabre et dans le nord-est de la Sicile. L'île d'Elbe se relie à ces noyaux toscans, ainsi que les îlots qui l'entourent, et qui reposent comme elle sur un même socle, à moins de 200 mètres de profondeur. Capraja, qui appartient à ce groupe, n'est séparée que par une fosse très étroite du socle commun à la Corse et à la Sardaigne, l'une et l'autre presque exclusivement formées de terrains primaires très analogues à ceux de la Toscane. Ainsi se justifie l'hypothèse de MM. Savi et Suess, celle d'une Tyrrhénide y récemment effondrée en partie, après avoir servi de noyau au sol italien.

A quel point la séparation de ces territoires est de fraîche date, c'est ce dont témoigne la riche faune de mammifères quaternaires, ours, cerfs, antilopes, trouvée dans l'îlot de Pianosa, où le lapin subsiste aujourd'hui à grand'peine. Mais on sait qu'un seuil immergé relie la Sardaigne à l'Afrique, et que la Sicile s'y rattache bien mieux encore du côté de Tunis, par des fonds de moins de 500 mètres. Si de plus on observe, avec M. Forsyth Major ', que la faune de Corse et de Sardaigne est bien plus africaine et espagnole qu'italienne ; que celle de la chaîne métallifère de Toscane, et même aussi sa flore, ont plus de rapports avec l'île d'Elbe et la Corse qu'avec l'Apennin; enfin que les pierres vertes^ formation bien caractéristique de l'archéen des Alpes, se trouvent à la fois dans les Alpes maritimes, la Corse, la Toscane, même la Calabre, l'hypothèse de la Tyrrhénide prendra de plus en plus de vraisemblance.

Détails sur les dislocations du sol italien. — La dislocation et

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