Geology of India
par le mont dit Grand Balkan sur la Caspienne au sud du golfe de Karabogaz; une seconde qui, parallMe à la première, en est séparée par un sillon où coule TAtrek; enfin un ensemble moins continu de plissements, formant la partie nord du Kliorassan et se terminant contre un plateau ondulé, au delà duquel commence la frrande chaîne de TEIbours. Celle-ci entoure d'un rempart concave et abru[)t Textrémité de la Mer Caspienne, avant d'aller rejoindre le nœud volcanique de TArarat. On peut donc dire (ju'une barrière continue <le montafrnes plissées règne au nord de TAfghanistan et de la Perse.
D'autre part, entre Tllindoukouch et Tlndus, mais surtout au <lelà de Peshawer, on voit se détacher en éventail toute une suite <le chaînons, qui s'épanouissent dans l'Afghanistan, et dont le plus accentué est une ligne «le hauteurs nord-sud, les monts Soliman (cimes de 2000 à 3300 mètres), (pie l 'Indus ne cesse pas de longer jusqu'«à son embouchure, (^omme au contraire, sur la rive gauche du fleuve, depuis le l^enjab, le pays est absolument plat, sauf dans le haut massif de Ca<*hemire, où des cimes de plus de 3000 mètres entourent une dépression ovale avec un lac à moins de 1600 mètres d'altitude, il est évident qu'il se produit en avant du Karakorum un rebrousseinent et en même temps un épanouissement de l'arc himalayen, et que l'Indus marque une ligne de grande dislocation. C'est sans doute h» bord d<» la plateforme résistante de l'Hindoustan, que l'eflort orogénique a dû contourner.
Du reste, l'état actuel du bassin de Cachemire ne peut s'expliquer que par l'assèchement d'une ancienne cavité lacustre, créée d'abord, et vidée ensuite, par des phénomènes d'ordre tectonique. Les tremblements de terre sont fréquents dans la contrée, et il est clair que ce coin, où se fait le brusque changement de direction des chaînes, correspond à une rencontre «le fractures importantes.
Chaînes iraniennes. — Dès le rivage du lîeloutchistan, la direction redevient est-ouest, puis nord-ouest, et la série des chaînes iivniennes, traversant toute la Perse, va rejoindre dans le Kourdistan, d'un coté le nœud de l'Ararat, de l'autre les dernières chaînes du Taurus. Ainsi, entre les montagnes iraniennes du sud et les prolongements de l'IIindoukouch, se trouve enfermé un grand territoire triangulaire, où abondent les dépressions sans écoulement, et au centre duquel le terrain s'infléchit par endroitsjusqu'à 400 et même seulement 300 mètres d'altitude.
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Autour de ces dépressions régnent des déserts et des steppes. Mais le territoire ainsi enfermé est loin d'être plat. D'abord, à <!Ôté de dépressions à 300 mètres d'altitude, on y voit de hautes plaines entre HOO et 1300 mètres. En outre il y surgit presque partout au moins des fragments de chaînes plissées, la plupart formées de terrains secondaires, mais avec apparition d'archéen. Ces plis sont parallèles aux montagnes principales «les bords de la contrée, et Ton constate que les alluvions, les éboulis et les 4lunes ont eu une grande part à Taplanissement des sillons compris entre ces hauteurs. A cet égard, le territoire, malgré une beaucoup moindre altitude, ne serait pas sans analogie avec le Tibet. Seulement, dans ce dernier, l'œuvre du modelé a été paralysée par une température trop basse pour permettre le travail régulier des rivières; tandis qu'en Perse les cours d'eau, plus actifs avant l'ère actuelle, et le vent, ont pu s'employer au comblement des dépressions depuis l'émersion du pays, c'est-à-<lire depuis le milieu des temps tertiaires. Après quoi la sécheresse est venue, <]ui a installé et progressivement aggravé le régime désertique, faisant de l'intérieur de la Perse une des contrées les plus désolées qu'il y ait au monde.
A partir de la mer et du Golfe Persique se montre partout un ruban de terrain plat, où règne une chaleur extrême, qui rend toute végétation impossible. Au delà s'élèvent rapidement les premières chaînes iraniennes, en ondes successives laissant entre 4^11es de nombreuses vallées longitudinales, dont la fertilité contraste avec l'aridité des montagnes. Des rivières les parcourent, qui trouvent à s'échap[)er par des cluses.
Intérieur de la Perse. — Dès qu'on atteint les hautes crêtes, à partir desquelles le terrain commence à s'abaisser vers l'intérieur, les bassins sans écoulement deviennent la règle. Ce sont d'abord des cavités lacustres, comme celles des lacs Niris et Mahluja, à de grandes altitudes (plus de 1500 mètres). Puis les rivières se perdent au milieu des pierres et <lu sable. Enfin on arrive aux steppes et aux déserts intérieurs, notamment celui de Louty et plus au nord le Grand Désert Salé, ou tout au moins la Meppe salée, qui vient presque toucher la chaîne de l'Elbours près de l'endroit où s'élève le Demavend (5900 mètres), magnifique volcan aujourd'hui réduit à la condition de solfatare.
Une dernière dépression, la plus haute de toutes, est le bassin tertiaire, avec fond secondaire plissé, au centre duquel se trouve le lac Ourmiah (1350 m.). Mais une partie du territoire a déjà été
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conquise au profit du bassin de la Mer Caspienne. La rivière Safid-rud a profité de la grande hauteur de chute que lui offrait le versant nord de TElbours, pour y ouvrir une brèche, à la faveur de laquelle elle a pu capturer la vallée longitudinale du Kyzyl-ousen, dont un affluent s'avance bien loin dans Tintérieur, jusqu'à plus de 2000 mètres d altitude.
Dépression aralocaspienne . — Il nous reste à parler du grand territoire déprimé dit am/ocas/r/ew, qui s'étend entre la Caspienne et les contreforts occidentaux du Pamir. Réduite aujourd'hui aux deux grands lacs de la Caspienne et d'Aral, la nappe d'eau qui couvrait cette dépression à la fin de l'époque tertiaire s'étendait à l'ouest jusqu'à la Mer Noire, au nord jusqu'à Kazan, au sud jusqu'au Khorassan. Seulement, dès l'époque quaternaire, le plateau de rOust-Ourf, formé de terrain tertiaire, s'y avançait comme un coin entre les deux dépressions lacustres principales, dont l'une, la Caspienne, a maintenant sa surface à 26 mètres au-dessous de la mer (sa plus grande profondeur étant à — 772 mètres), tandis que le lac d'Aral est resté à la cote -|- 48 (l'un des points de son fond descend à — 68).
Sous l'influence <le la sécheresse croissante, cette immense étendue s'est transformée en un ensemble de steppes et de déserts. Les déserts de sable sont le Kara-Koum ou Kharizm au sud de l'Amou ; le h'yzyl-Koinii, entre ce fleuve et le Syr-Daria, le Moujoun- Konm au nord du Ferghana. Dans ces déserts se perdent de nombreux cours d'eau, tandis que d'autres n'atteignent l'Aral qu'après d'incessantes modifications de leur cours. Les steppes des Kirglnses bordent la dépression au nord.
Cliaines aralocaspiennes. — La dépression aralocaspienne n'est pas une cuvette au fond plat. Les marnes et les sables qui la garnissent masquent certainement un substratum plissé. Mais l'effondrement survenu, elles dépôts qui se sont faits depuis lors, empêchent de voir, sinon par endroits, le prolongement des chaînes détachées du Pamir vers l'ouest.
Ces chaînes sont d'ailleurs nombreuses. Ainsi, tandis qn'une suite d'affleurements primaires prolongent le Tarbagataï dans la direction de l'Oural méridional, et que deux arêtes détachées du Thian-Chan vont mourir, l'une entre le lac Balkasch et le Tchou, l'autre entre cette rivière et le Syr-Daria, un épanouissement de ce dernier rameau, combiné avec l'Alaï, enferme le pays montueux du Ferghana. La haute chaîne du Zarafchan, avec ses beaux glaciers, sépare de cette manière le Syr-Daria de l'Amou-Daria, faisant
sentir son influence jusqu'aux approches Ju lac d'Aral ; peut-être îst-ce un écart de cette ligne de hauteurs qui, reparaissant après a traversée de TAmou, vient former sur la Caspienne le promon- :oire si accentué de Mangischlak.
Dislocations du Turkestan. — Le trait le plus maniué du territoire aralocaspien, celui qui accuse le mieux sa structure spéciale, f*sl la chaîne de hauteurs exactement rectiligne qui, sous le nom de Kopet-dagh, en accompagne constamment le bord méridional. Le pied de cette chaîne, commencement de la steppe des ïurcmènes, ararde une altitude de loO à 300 mètres; et il est immédiatement domino par une haute muraille de sédiments plissés, «lont une cime dépasse 3000 mètres, plusieurs autres s'élevant à })lus de 2500.
Cette falaise, dont l'alignement si net est parallèle à celui de rOxus, ne peut manquer de trahir une grande dislocation. En effet, c'est à un effondrement, survenu le long de cette ligne, que la steppe doit d'être si déprimée. En 1893, pendant qu'un tremblement de terre détruisait la ville de Koutchan, située dans le Khorassan, sur le cours de l'Atrek, au sud du Kopet-dagh, un autre, longeant cette chaîne au nord, dérangeait en de nombreux points l'assiette du chemin de fer transcaspien, et se faisait sentir fortement dans la partie méridionale de la mer Caspienne *.
Du reste, la mobilité du sol s'étend à toute la dépression aralocaspienne. L'état singulier dans lequel se présentent aujourd'hui les ruines des anciennes constructions de Samarkande, dont les murs sont si fortement déviés de la verticale, tient à un tremblement de terre qui a précédé de peu la prise de possession de cette ville par les Russes. En 1887, une catastrophe <le ce genre a sévi à Vier: noie, au nord du lac d'Issyk-Koul *, que sa situation et sa grande profondeur désignent comme une cavité d'effondrement.
Ainsi, du Caucase à l'extrémité de la Sibérie, une ligne de vibrations séismiques traverse le massif de l'Asie. Nous avons déjà mentionné les traces de volcans échelonnées sur cette ligne en territoire sibérien. Ajoutons <iue des gisements de soufre natif s'observent en plein désert de Kara-Koum, enfin que des émanations de naphte et de pétrole, prolongement de celles de la Caspienne, se font jour le long <le la faille méridionale du Turkestan ^.
Changement de direction des chaînes asiatiques au voisinage du massif chinois. — Après avoir décrit sommairement tout ce