G. Rollanil. Hull. sor. fféoL. |hxI. |.. r.|l
tiaire se montre flans le désert, sur la partie orientale du Sahara algérien et tunisien. Il y avait donc là un sillon dont profitait la mer nummulitique. Le pli qui le bordait au nord s'est plus nettement prononcé à Tépoque du principal soulèvement des Alpes. Alors, contre son pied, se sont formés les conglomérats et les couches lacustres du pliocène. A leur tour, ces dépôts, pendant les temps quaternaires, entraînés par un atîaissement du sillon saharien, ont dû s'incliner vers le sud, descendant par endroits un peu au-dessous du niveau de la mer.
Seulement il est à remarquer que l'accident de la bordure du Sahara ne correspond pas à un changement de faciès des terrains. Le crétacé du désert est le même que celui des chaînes plissées de l'Atlas, et les rapports entre les deux régions rappellent beaucoup ceux des Carpathes avec la plate-forme russe qui leur fait face '.
Cliotts tunisieiiB. Bord du désert libyque. — La zone des Chotts tunisiens, qui se poursuit depuis Biskra jusqu'à Gabès, appartient à cette dépression longitudinale, dont l'etTet atteint son maximum au Melrir, qui a sa surface, par endroits, à 31 mètres au-dessous du niveau de la mer. Là se perd Tlgarghar, qui descend directement des montagnes de l'Ahaggar. C'est au Melrir qu'on peut constater combien l'affaissement de la bordure saharienne doit être peu ancien; car des traces de rivages maritimes, à coquilles récentes, s'observent sur le seuil de Gabès, mais ne se retrouvent pas vers l'ouest autour des parties déprimées.
De la même façon, une ligne de dépressions, jalonnée d'oasis, marque le bord septentrional du désert libyque, vers le 29* degré de latitude nord, et le sol s'y abaisse par endroits entre 10 et 75 mètres au-dessous de zéro. Mais c'est un plateau tertiaire, et non une chaîne plissée, qui sépare la mer de ce ruban affaissé.
Sahara occidental et méridional. — Tout ce qui se trouve à l'ouest de la bordure primaire que nous avons définie, c'est-à-dire l'immense triangle qui a son sommet au Darfour, et sa base sur l'Atlantique entre le cap Ghir et le Sénégal, est une plate-forme de terrains primaires, en partie recouverte d'alluvions anciennes, et semée de quelques lambeaux tertiaires. Sur cette surface, presque absolument dépourvue de relief, s'étendent les grands déserts des dunes d'Igidi et de Waran, dont le premier se prolonge par l'Erg occidental jusqu'aux approches des Chotts tunisiens. Au sud du désert de Waran est la grande dépression d'El-Djouf, dont l'alli-
l. Suess, Anllitz, I, p. iGi.
LES PLATES-FORMES l\0O>AFRICAINES 513
tuile n'est que de 120 à 130 mètres. Le sel y est abondant et s'exploite en jrrand, ilans la n'^rion d»* Taouiléni, j»our les besoins du Soudan. Ensuite a[»fiarait le pays «te Tonibouctou, dont nous reparlerons plus luin.
La partie méridionale du Sahara, jusque vers le ITr de^ré de Jatitude su«l, apfiartient à la zonf* des steppes, [larre qu'elle comwiienre à ressentir le bénéfice dt-s [duies équatoriales. Li* lac Tchail ^»sl à cheval sur la stepj»e et la bamle des forêts mélangées de savanes, où il tombe plus île GO centimètres d'eau. Ce lac, dont l'étendue, suivant les saisons. j»eul varier «lu simple au double, jn'occu[»e pas la partie la plus bass«.' île la ré;rion. Son altitude étant <l'environ 240 mètres, il existe, parait-il, entre lui et le massif df Tibesti, un [KÛnt à 160 mètres, dans la ilé[»ression île Bodele.
Afiricpie éqnmtoriale. Carmctères généraux. — L'Afrique équa- "toriale est essentiellement caractérisée par les pluies abondantes ^pii s'abattent sur sa surface. Il en résulta' n«»n seulement une végétation •exubérante, exprimée par les irrandes forets tropicales, mais une activité des eaux courantes qui suffît à comfienser l'incertitude du relief primitif. C'est pourquoi, bien que la partie de cette réîrion située à l'ouest des «rramls lacs ila seule que nous consiidérions ici» ne diflTère pas sen>iblement, [»ar sa structure srénérale. Jes déserts sahariens, les rivières ont partout tr^»uvé m«>yen de «léboucher à la mer. Sans iloute, à en jusrer par les détours de leurs tracés, elles n'y s^int i»as parvenues «lu pn?mi«*r coup, et des dislocations tanlives ont pu contribuer à leur ouvrir une issue vers la côte. Mais ce résultat est aujourd'hui acquis, et le Sénéiral, le INifrer, le Coniro. etc.. «Irainent ces immenses surfares >ans rien laisser échap|»#*r à leur influ^'nce.
Les répons é^juatoriales «le l'Afrique se font remanju**r. surtout au voisina^re «les riva:res. par l'immense dévelopjiem^nt que |)rend une formation d'artrib* rr»uire ferru^fineuse, «lit»- L/if^nt»^. ^tteaiTrile résulte «le la déc«>inposition des rr»ches sur place, sous linfluence de la chaleur et «le la ^ninde humi<lité. La f«irmation ^•^sl favorisée par l'acide azoti<pje contenu «laris k*s pluies tn»pi- ^~ales, et par la jiauvreté en humus d'un >ol où les t»'rmites dévo- ^'^nl des mass^'S de matière véi'étale *. L'épaisseur «le la latérite ^^sf telle qu'il y a «les espa^'es consi«Iérables. m.ttamment en ^iuiné^^ ^^VXT lesquels il est impossible «le rf-«-onnaître la nature «lu sous-sol. •ï^saprégé jusi|u'à un^* profon«leur de bien «les dizaines «le mètres.
\ . Passa rge. C*mgrts géo^raphù^ut de Londres.
Doux régions se partagent T-tVfrique équatoriale : le Soudan^ ou bassin du Niger et «lu Sénégal, et le bassin du Congo.
Soudan. Cours du Niger. — Par une particularité qui concorde bien îivoc lo caractère irrégulier du relief africain, le nœud orographique du Soudan se trouve tout près de la côte, dans le massif surtout granitique et primaire, d'ailleurs assez doucement étalé, du Fouia-Djallon. De là s'échappent la Gambie, le Sénégal et le Djoliba ou Haut-Niger. Mais tandis que les premiers sont assez rapidement conduits à la côte, en franchissant la plate-forme de grès adossée au massif primaire, le Djoliba, guidé vers le nordest par une ramification du Fouta-Djallon, envoie vers le désert rénorme masse d'eau qui, dans la saison pluvieuse, s'abat sur la région de ses sources.
Aussi le fleuve se divise-t-il bientôt en un grand nombre de bras, réunis en temps «l'inondations, et laissant entre eux, en basses eaux, des lacs ou des marécages permanents.
Ce régime continue sans altération jusqu'à ïombouctou, où le fleuve fait tout d'un coup, vers l'est, un coude que rien ne semble justifier, tant le relief est insignifiant dans la vaste steppe, à bouquets de mimosées, fjui entoure cette ville. De là le Niger court en ligne droite jus(|u'à Tosaje, après quoi il prend une direction très nette au sud-sud-est, dans un lit bien défini, en [)leine roche, et complètement exempt des précédentes divagations, entourant ainsi, jusqu'au Kh* degré de latitude, la célèbre boucle du Niger.
Un tel détour <»st fait pour surprendre, et autorise la supposition qu'à une autre épo(|ue, avant d'avoir trouvé ce débouché, le Niger supérieur pouvait bien se perdre dans quelque dépression du désert voisin.
C'est ce (pie confirme la découverte, toute récente ', d'une importante nappe huuistre à l'ouest de Tombouctou. On a constaté qu'un affluent qui passe au sud de cette ville, et qui en basses eaux s'écoule vers le Niger, devient, en temps de crues, un déversoir pour le fleuve, dont il amène les eaux dans les lacs ïeléet Faguibine, cachés derrière des plateaux escarpés, de 80 à 120 mètres de hauteur. Ces lacs, hier insoupçonnés et dont le plus grand, le Faguibine, a 110 kilomètres de long sur une largeur moyenne de 10, avec des fonds allant jusqu'à 40 et même 60 mètres, forment par leur ensemble une nappe comparable à celle du Tchad. Ils sont
I. Voir 1*. Viiiliot, Soc, de f/éoyrapfne, Comptes rendus, 1891, p. 33", et Bluzet, Bull. soc, de géographie, [7]. XVI, p. 37 i.
d'ailleurs i^récéilés par d'autres déversoirs semblables, les lacs Horo et de Fali, encadrés entre des hauteurs régulièrement alignées, sans parler du lac permanent de Débo, situé plus en amont.
Toutes ces cavités lacustres, presque confondues en temps d'inondation, contrastent avec la régularité qu'olTre le Niger à partir du dernier coude de ïosaje. Là, le fleuve coule constamment, avei'. une largeur de 1000 à 1300 mètres, soit sur le granité, soit sur les grès horizontaux, d'âge mal défini mais certainement post-primaire, qui vont désormais prédominer jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Une seule zone de rapides, causée par une barrière de granité, entrave son cours [)rès de Boussa, et dure environ 40 kilomètres, pour une dilTérence totale de niveau de 30 mètres \ \je reste ne présente aucun obstacle à la navigation.
Dislocations et régime du Niger. — D'autre part, la direction parfaitement rectiligne que suit le Niger, depuis son coude, va passer juste au sommet de l'angle droit que dessine le rivage africain, entre la Guinée et le Congo, et où s'élèvent les volcans de Cameroun. Tout s'accorde donc à désigner le Niger inférieur comme la trace d'une dislocation assez récente, par laquelle un écoulement aurait été donné à des eaux qui, dans l'origine, pouvaient stationner autour de Tombouctou, dans les lacs intérieurs dont l'existence vient de nous être révélée.
Les îles volcaniques qui s'échelonnent en ligne droite, entre Fernando-Po et Annobon, plaident encore en faveur fie cette hypothèse; car elles jalonnent certainement le bord d'une cassure récente, allant concourir au Cameroun avec celle du Niger.
La grande courbe que décrit le Niger dans le nord a sur le régime du fleuve une influence très marquée. En effet, deux sections du cours d'eau, celle qui est voisine de la source, et celle qui fait suite au coude de Tosaje, reçoivent en môme temps les grandes pluies tropicales; et c'est au moment où l'efTet de ces pluies sur le cours inférieur va cesser c|u'arrive le produit envoyé par les hautes branches. C'est pourquoi, de Tosaje à la jonction de la Bénoué, le fleuve reste presque constamment navigable, sous réser\'e des difficultés locales que peuvent causer certains rapides au fond de granité *.
Congo. — Le bassin du Congo s'est constitué, selon M. Barrât ^ après l'émersion du plateau africain, par l'assèchement progressif