‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 186 sur 216 · Annales des Mines^ avril · texte numérisé non relu

Annales des Mines^ avril

d'une série de réservoirs plus ou moins affaissés, placés à différentes altitudes et s'écoulant les uns dans les autres jusqu'à rOcéan. Les limites de ces divers réservoirs ne sont pas sans relation avec les crêtes rocheuses des terrains anciens, cachées sous les grès et peu à peu dégagées par Térosion.

Le mécanisme de cette érosion paraît assez simple. Au début de la période crétacée, TAfrique formait comme une immense table \ percée de loin en loin par quelques saillies des terrains anciens,, toujours voisins, soit au jour, soit en profondeur, des lignes de dislocation récentes. L'érosion poursuivie depuis lors a eu pour effet de dégager les massifs anciens, de creuser dans la couverture gréseuse des sillons, parfois assez profonds pour laisser apparaître l'ossature primaire, enfin de déchiqueter les bords des platesformes sédimentaires. En même temps, par l'affaissement progressif des cuvettes comprises entre les massifs anciens, la partie centrale des grès se tassait, préparant les bassins des fleuves futurs. Ainsi, ajoute M. Barrât, « tandis que l'Ogoué, solidement établi sur l'apophyse résistante des monts granitiques de Cristal, que le Niari et le Manga, soutenus par deux axes rocheux parallèles, devaient rester des cours d'eau secondaires, l'affaissement de toute la vaste région éciuatorialc et australe allait former un fleuve immense, le Congo ».

Le centre de ce bassin est marqué par la rencontre du fleuve avec ses principaux affluents, Sanga, Oubanghi, Kassaï. Dans la saison des pluies, il n'y a plus là qu'un vaste marécage, dont les lacs Matoumba et Léopold II sont les restes permanents. Pour s'en échapper, le Congo franchit par des rapides la zone des schistes anciens qui se poursuit, tout le long de la côte, depuis l'Ogoué jusque dans le cœur de l'Angola.

L'apparition, près des côtes, des massifs anciens dégagés par l'érosion et les mouvements du sol, donne souvent l'impression d'une chaîne côtière, que le fleuve franchit par des rapides, et en arrière de laquelle se trouve une dépression. Mais ce n'est qu'une apparence, et si les sommets culminants (jui entourent l'Ogoué dans la région des rapides s'élèvent à 500 ou 600 mètres, en arrière, chez les Batékés, dans le pays des grès, on atteint 800 mètres.

Régime hydrographique du Congo. Altération des grès. — Les fleuves ont commencé par couler sur les plates-formes gréseuses» descendant à l'Océan par gradins, de table en table, comme cela se

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