VINGT-QUATRIÈME LEÇON
Aperçu grénéral. — L'Amérique du Nord est partagée, par la Cordillère des Montagnes Rocheuses, en deux divisions bien tranchées : celle de Touest, où abondent les montagnes, les accidents volcaniques et les dépressions sans écoulement vers la mer; celle de Test, au relief insignifiant et cependant défini, au régime hydrographique bien régularisé, qui ne présente de montagnes qu'au voisinage immédiat de TAtlantique, et où un fleuve immense concentre presque tout le drainage, empiétant même à cet égard sur la région occidentale. D'ailleurs ce fleuve est tributaire, non de rOcéan, mais du golfe du Mexique, vers lequel convergent tous les éléments de son réseau.
Il n'en faut pas plus pour aider à reconnaître, dans la division occidentale, la partie jeune du continent, et pour faire deviner que l'autre doit la simplicité de ses caractères, à la fois à une ancienneté plus grande, et à un dessin géographique très régulièrement poursuivi à travers les âges.
Évolution du territoire américain. — En effet, dès les premiers temps géologiques, la partie canadienne de l'Amérique paraît avoir été émergée ; et à ré[)oque carboniférienne cette terre avait grandi vers le sud, s'avançant en pointe comme elle fait encore aujourd'hui, pour ne laisser sous les eaux que la partie voisine du golfe mexicain. Au même moment, la mer couvrait la région de l'ouest et n'y laissait apparaître que des îles.
C'est alors (ju'une poussée orogénique, contemporaine de celle qui, en Europe, faisait surgir une chaîne entre l'Armorique et la Saxe, dressa contre celte grande terre triangulaire un bourrelet continu de montagnes. Mgis tandis qu'à l'occident les eaux marines
devaient continuer longtemps à baierner le pied de la cliaîne. le hassin de l'orient était destiné à traverser une longue phase continentale, suffisante pour en déterminer 1 aplanissement à peu prés complet.
Aussi, quand la mer crétacée revint sur la partie méridionale et occidentale de ce bassin, ses sédiments nVurent-ils pas de peine à s'appliquer sur les tranches des couches plissées de Tancienne chaîne, désormais rabotée et réduite à ses racines. Seulement, à plusieurs reprises, la partie atlantique, presque comph^'tement émergée, eut i subir des efforts généraux de dislocation et de gauchissement, lesquels, combinés avec l'influence directrice des couches primaires, ont iléterminé son relief actuel.
En même temps se produisaient l'émersion progressive et la dislocation du territoire occidental, tantôt par des plissements parallèles, faisant naître les uns après les autres les bourrelets de la Cordillère, de la Sierra Nevada et de la chaîne côtière; tant(M par l'élévation en masse de gran<ls plateaux, entraînant comme contre-partie l'effondrement de bandes limitées par les principales d'entre les ondulations déjà dessinées. A travers les cassures des compartiments disloqués, d'énormes quantités de laves se faisaient jour, couvrant de leurs coulées uniformes des espaces prodigieux, au pied de quelques cônes v(dcaniques grandioses. Puis, après un essai de régularisation de ce relief sous l'influence des fortes pluies quaternaires, l'établissement d'un régime plus sec amenait la transformation en déserts des districts affaissés.
Au contraire, le bassin oriental, favorisé à la fois par une moindre altitude, par des courants d'air plus humides, et par la persistance de la dépression où s'était logé le Mississipi, continuait la r^ularisation de son drainage ; et les eaux de tète de ce fleuve, s'avancant i droite comme à gauche, capturaient au profit du bassin, avec une partie du réseau des Montagnes Hocheuses, quelques-uns des cours d'eau appalachiens ^
Si l'on ajoute à cette énumération l'influence <'xercée par les glaces, qui ont couvert la région canadienne tout entière, et se sont avancées jusqu'au confluent du Missouri avec le Mississipi, on connaîtra les raisons principales aux<|uelles sont dues la détermination du relief américain et la division du pays en régions naturelles.
Région canadienne. — La région canadienne oflre une grande