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o38 LEÇONS DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
saient au sud, par ce qui fait aujourd'hui la vallée de la Rivière Rouge du Nord *. Cette rivière prend son origine au lac dit Traverse, qu'un seuil de quelques mètres à peine sépare du lac Bifc Stone, origine du Minnesota. Or, au-dessous de ce seuil on retrouve, sous le terrain glaciaire, à 40 mètres environ de profondeur, Tancienne vallée qui, venant du Winnipeg, aboutissait au Mississipi. Un relèvement de moins de 80 mètres, dans le niveau du Winnipeg, suffirait à restituer la pente primitive.
Cette ancienne vallée a subi, vers la fin des temps glaciaires, un affaissement tel, qu'un lac énorme, appelé Lac Agassiz par les géologues qui en ont observé les traces, s'est étendu à un certain moment, du nord au sud, sur près de 10 degrés de latitude. Ainsi l'état actuel des choses tient à la fois aux changements introduits dans la topographie par les accumulations morainiques, et aux mouvements, tantôt d'affaissement, tantôt d'élévation, que le sol canadien a subis.
Saint-Ijaurent. Labrador. Région des prairies. — Le Saint- Laurent forme exactement la limite orientale de la pénéplaine primaire. Ce fleuve, à partir de l'Ontario, commence par couler dans un synclinal étroit, à la suite duquel il épouse le bord de la plate-forme archéenne, juste à son contact avec la région littorale plissée, qui fait suite aux Appalaches. Son tracé coïncide donc avec un accident tectonique remarquable.
Quant au Labrador, c'est une pénéplaine identique avec la région laurentienne, où l'altitude ne s'élève pas, au centre, beaucoup plus haut que 500 mètres. Plusieurs lacs subsistent sur la partie médiane, qui a été, comme l'attestent les stries des rochers, un centre de divergence pour les glaces.
Du côté opposé au Saint-Laurent, la pénéplaine primaire, couverte de forêts, s'enfonce doucement sous les dépôts que la mer crétacée y a jetés, et qui forment une large bande plate en avant des Montagnes Rocheuses. (]ette bande est celle des Prairies canadiennes, où se dessinent deux terrasses successives, l'une occidentale, à 900 mètres d'altitude, crétacée et tertiaire, l'autre à SOO mètres, presque exclusivement crétacée. Tandis que la seconde supporte des dépôts morainiques provenant de la grande extension glaciaire qui avait son centre de dispersion dans la région laurentienne, la première terrasse a été recouverte par les moraines qui descendaient de la Cordillère.