‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 199 sur 216 · Mac Gec, ioc. cil · texte numérisé non relu

Mac Gec, ioc. cil

DB LAPPARBifT. — Le«;oi» de géofrr. phy». 35

Le même plateau, toujours plus ou moins disséqué, trouve sa prolongation dans les monts Gatskill de TEtat de New-York, dont la direction est si manifestement difl'érente de celle des Appalaches. Là, son altitude dépasse 1200 mètres, et il fait face à la vallée de THudson par des escarpements de près de 600 mètres. Quant à la vallée appalachienne, elle est représentée dans la même région par le tronçon de THudson qui avoisine Newburg. Le massif des Adirondacks, ou plutôt la pénéplaine qui Tentoure, peut aussi passer pour une dépendance septentrionale du plateau qui borde les Appalaches.

Plateaux des Alleghanies. — A partir du front assez escarpé qu'elle tourne vers les montapu^s, la plate-forme primaire s'enfonce doucement à Touest, et finit par engendrer, entre la chaîne montagneuse, d'un côté, les lacs canadiens et TOhio inférieur, de Tautre, ce que M. Powell a appelé le plateau des Ailef/haiiies. C'est toujours la pénéplaine, façonnée aux dépens des sédiments primaires que le soulèvement carboniférien avait disloqués, mais beaucoup moins déformée, par les mouvements ultérieurs, que dans la partie demeurée montagneuse. Au début, elle se montre encore disséquée en assez nombreux fragments par des vallées relativement étroites. Mais à mesure qu'on avance vers l'ouest, le relief s'amoindrit. D'abord l'altitude diminue, et avec elle la puissance des eaux courantes. Ensuite les sédiments houil- 1ers, qui apparaissent dans cette partie, se sont montrés beaucoup plus accessibles à la dissémination par érosion. Enfin, quand on arrive au Mississipi, l'influence du manteau glaciaire se fait déjà sentir et tend à égaliser toutes les aspérités.

Plaines du MissiBBipi. — Autour du Mississipi, à partir de son confluent avec l'Ohio et le Missouri, s'étendent de grandes plaines, dont la limite orientale coïncide justement avec les affleurements du terrain crétacé, qui contournent la région du plateau des Alleghanies et de la chaîne des Appalaches. Tout le pays correspond à un pli synclinal de très large envergure, où la mer de la craie et celle du tertiaire ont séjourné, et dont le fond, sujet à diverses oscillations, ne s'est guère tapissé (jue de dépôts sans consistance. Autrefois garni de forêts, que les indigènes avaient peu à peu dévastées avant l'arrivée des Européens, ce territoire, au centre duquel les alluvions du Mississipi dessinent une large traînée, est un riche pays de culture, où réussissent les céréales, le tabac et le coton.

Bien que, jusqu'à Saint-Louis, la vallée du Mississipi corres-

l'aMÉEIQUE du nord 547

ponde à un synclinal, il est à remarquer que les deux versants ne sont pas symétriques. Cette différence est surtout tranchée de Bàton-Rouge à Vicksbunr, où l'altitude de !00 mètres est atteinte tout près du fleuve sur la rive irauche, tandis que, sur la rive droite, il faudrait l'aller chercher au moins à 250 kilomètres. D'un autre coté, si à Vicksburg le tracé de la branche principale du Mississipi s'écarte un |mmi vers l'ouest, une dérivation latérale prolonge le tracé inférieur de Vicksburg à Memphis, où elle trouve sa continuation par le srrand fleuve jusqu'à Saint-Louis, toujours accompagnée à IVst par un relief assez marqué.

Cette allure indique évidemment le boni (Kcidental d'une platt^ forme dont le fleuve suit le pied, et les tremblements de terre qui ont quelquefois remonté le Mississipi, comme celui de !8!!, laissent croire que cette limite correspond à quelque dislocation en profondeur.

Quant aux ^andes plaines qui s'étendent depuis l'extrémité des lacs jusqu'au Missouri d'un coté, jusqu'à l'Ohio de l'autre, elles sont accidentées, en dehors du Kettle Range, par quelques collines glaciaires, comme les drumlif^s ', et arrosées par un réseau compliqué de cours d'eau. Sur les bords des rivières s'étendent de larçres traînées d'alluvions. Tout ce territoire, autrefois garni de forêts, est aujourd'hui occupé par des prairies, et le sol en est généralement fertile. La bordure méridionale, où la première invasion glaciaire s'est seule fait sentir, est complètement modelé<\ et c'est seulement en arrière du Kettle Range que la surface a ganlé la topographie morainique.

Monts Osark. Arkansas. — Les grandes plaines ne se poursuivent pas entre le Missouri et la rivière Arkansas, où se prononce, empiétant au sud jusqu'à la rivière Rouge, un autre type de paysage. Au nord de l'Arkansas apparaît directement la pénéplaine primaire, faite surtout d'affleurements carbonifériens. Comme elle n'a pas été recouverte par les dépots glaciaires, et qu'elle ne porte pas non plus de couverture crétacée, elle se montre au jour avec le morcellement que lui a infligé l'érosion. Ce massif, dont la partie culminante forme les Monts Ozark^ est disloqué par des failles, dont l'influence se fait nettement sentir sur le réseau des cours d'eau.

Au sud de ce district, et formant un véritable contraste avec l'allure des Monts Ozark, se dessine une série d'accidents parallèles,

Page 1