Voir plus haul. p. ±î
dirigés de l'est à Touest, qui se traduit par des hauteurs bien alignées, déterminant la direction de TArkansas, de la rivière Washita, de la rivière Rouge, etc. Ces accidents, où souvent les crêtes culminantes coïncident avec d'anciens plis synclinaux, représentent les racines de la chaîne appalachienne occidentale, et permettent de la reconstituer telle qu'elle devait être avant son aplanissement, lorsque, quittant le littoral atlantique, elle tournait à Touest pour rejoindre les Montagnes Rocheuses. Les mêmes dislocations se prolongent sur le Territoire Indien, jusqu'à ce que le manteau crétacé de la région empêche de les poursuivre plus loin.
Grandes plaines de Touest. — A l'ouest du territoire qui vient d'être décrit s'étend, sur les premiers affleurements du crétacé, une bande de prairies allant rejoindre celles du nord. Mais bien vile le sol s'élève un peu, en même temps que la composition du terrain se modifie, et c'est maintenant une bande de plateaux élevés, dits Grandes Plaines, qui va former, surplus de cinq degrés de longitude, le palier servant de socle aux Montagnes Rocheuses. Du nord au sud, cette bande peut se diviser en quatre sections : \^ les plateaux du Missouri, où les schistes tendres du terrain secondaire engendrent les collines dénudées et prodigieusement découpées des Mauvaises Terres {Bad Lands), avec des lits de lignite sujets à s'enflammer spontanément; 2° les plateaux sableux de la rivière Platte, où les cours d'eau peu larges se dirigent vers l'est, traversant le fond d'une ancienne lagune, qui a été comblée à la fin de l'époque secondaire j)ar une série de sédiments ; S*» les plateaux de l'Arkansas, où persiste très nettement la même direction pour les cours d'eau, en même temps que s'accentue la nature gréseuse du terrain ; 4° les Pecos du Nouveau Mexique et du Texas, avec le grand plateau désertique du Llano eskicado.
Ce qui caractérise toute cette bande, surtout au sud de l'Arkansas, ce n'est pas seulement l'uniformité du terrain *: c'est aussi l'absence complète de dislocations. On sent que la plate-forme sédimentaire doit avoir un substratum ancien, à la fois régulier et stable entre tous.
Sur les deux dernières sections de la bande, le crétacé alTecte la forme gréseuse, et comme les courants d'air de l'est y arrivent ayant déchargé leur humidité sur les plaines du Mississipi, le
1. Uniformité telle, (fue les fireiiiiers occupants espagnols ont dû planter des jalons sur le terrain pour s'y reconnaître, d*où le nom de plaine jalonnée {Llano estacado).
L'aVE&IQCE Dr NOED ^t^
regîm*^ «lê>€-i1îqu»-. ou ilu moins •*»-Iui île* steppes, piwaut prvs^fUf {lartout. La (•artie U ini>^ux raraotéris*^ >t>u> oe rapfi^^rt est It- Llnno esténc'ïdo^ immense plaque tle :»rè> -le TuCKKi kilomèln^ carrés, s'inolinant «loucemt-nt vers l'est. jus«^irà une «leuxi^me plate-fomie ■lasfiect plus virié. ••îi naissent «tes •-••urs d'eau, •itmt les lionls raiur-neot la venlure, *'\ %\m aU^utit à la plaine tertiaîi>^
RiTm^es da ^olfe dn Mexique. Floride. — La bande de ter* rain qui Ininle imm«^liat»^ment le ::nlfe du Mexi«|ue, aci^denUre f*ar de nombreuses |:jumne< ainsi «jue |»ar le della du Mississipi. a cela de fiartirulier qu'elle s»* pndMnse au bdn en mer. juM|u'à une siirte ile crét»* s^.ius-marin»-. à |»ar(ir d»- lat]uelle les :rrands fi»nds se prononcent très brusqu»-mi>nl-
Cett*^ plaint^ c^lit-iv a subi d»* n«»nil»nMises vicissitudes *. Lors du plicH'ène inférirur. la mer l'envahissait, remontant presque jusqu'à Saint-L«iuis. et submenrant b- pays à peu pK*s suivant la courlie d'altitude ile !2«j m^•lres. Ensuite a eu lieu une rn.>sion antêrifur*^ aux temp> glaciaires, et qui s'fst éten^lue jus4]u'à IVxtrémitê du so«"lf S4>us-mariu,c*est-à-*lin^ jus<]u»^ vers la cote — I2M. Enfin l'aurore dè> temps quatt-niair^^s a été inan|uêe |^r une nouvelle submersi<in. mais seulement jusqu'à l'altiUide -^ rUi: après quoi lê> conditions actuelles se sonl établies. Les cours d'eau ont donc eu fnW|uemmént à allonirer et à raccourcir leurs lits.
La Florf'd** a fiarticipé à c»*s alternatives. Mais cette |»êninsule, où le calcain* «n-cupe une L^nmde place, iloit surlout sun état actuel au travail rpie les coraux y ont accompli *A accompliss«»nt encort*. Les obstacles ainsi éililiés ont n*tenu en arrière des étanirs, des marais et des lacs, formant au sml le ilé^lale «les Evf^nfM'^s^ où st* reconnaissent liistinrtement les massifs «les pidypiers qui s'êtai«Mit dévelopi^^s à «-ette place. De plus, c'est seulement à sa j«»n«*ti«*n avec TAmérique que la Flori«le laisse vnir d*i^s f«»rmati«»ns analogues à celles «le la plaine côtière du L'olb» mexicain. Le rest«* t*st un appendiee d'affinité< m«''ri«lionales. «|ui jusipfà la tin des ti-mps tertiaires se rattachait à la ré*;i«»n «b*s Antilles.
Région occidentale. Aperça général. — Toute la l»ande «b*s plateaux, et une partie de celle des prairies, correspondaient à un lan^e épanouissement «les mers secondaires, et surt«>ut «le la mer crétacée. Odle-^'î, venant «lu l'olfe «lu Mexique, s'avant^ait au nonl dans la directi«in de l'Alaska, submerireant la moitié de^ ce «|ui forme aujounlhui le territoire des Montajïnes Rocheuses, sans
I. Ma«- Oe. Vie l^fayf lie formation. L'. S. Gf'»/. >«rrfy, It^ anmial lîr/*."/.
laisser subsister autre chose qu'une chaîne d'îles sur remplacement de la haute Cordillère du Colorado. Mais à Fouest cette mer baignait une longue île, limitée d'un côté par un rivage suivant l'emplacement des monts Wahsatch, de l'autre par un océan dont le bord serait exactement figuré par la chaîne actuelle des Cascades et de la Sierra Nevada.
Dans toutes ces régions, i'archéen et les terrains primaires, ou bien formaient les terres émergées, ou n'étaient pas loin du jour et, dès la fin des temps crétacés,\la tendance vers le régime continental se traduisait par la formation de dépôts saumàtres ou lacustres tout autour des îlots du Colorado, restes d'une chaîne ancienne presque totalement aplanie.
Dessin de la région. — Les mouvements orogéniques des temps tertiaires ont eu pour elTet do faire émerger tout ce grand territoire occidental, en y dressant une série de rides montagneuses à peu près parallèles aux anciens rivages crétacés. Mais tandis que, dans le nord de la Colombie britannique, ce soulèvement demeurait assez simple, faisant naître un anticlinal primaire avec versants secondaires, l'allure est devenue plus compliquée au voisinage des États-Unis. La rencontre du massif archéen du Gold Range, s'avançant au nord-ouest comme un coin, a déterminé une bifurcation des chaînes.
Une série de rides est venue s'appliquer contre le bord occidental du massif, engendrant, aux dépens du secondaire et du tertiaire, les bourrelets delà Chaîne Côtièreet de la Sierra Nevada, pendant qu'une autre série, celle-là moins continue, venait ressusciter dans les Monts Wahsatch le relief du bord oriental de la même bande archéenne. Enfin, de cette dernière s'est détachée, marchant à la rencontre des îles du Colorado, une chaîne encore plus importante que les précédentes, qui aujourd'hui fait face par une haute muraille aux plateaux de la région orientale. ^Vinsi tout cet ensemble de montagnes récentes accuse, par son dessin, de très anciens accidents du territoire qui les porte.
Entre les deux premières séries de rides, le massif du Grand Bassin, tout en se plissant, s'est affaissé en bloc, tandis qu'entn' la seconde et la troisième, une déformation d'ensemble, agissant en sens contraire, a engendré de hauts plateaux morcelés par des failles, parce que là une série sédimentairc aussi puissante que régulière reposait sur une base archéenne exempte de grands accidents.
Enfin l'activité volcanique, favorisée par les cassures qui accom-
pagnaient ces déformations, est venue surperposer ses effets, parfois dans une mesure énorme, à ceux des mouvements de l'écorce.
Telle est la raison d'être des divisions naturelles que comporte le territoire occidental de FAmérique du Nord, si différent par son relief de la partie atlantique du même continent.
dudnes septentrionales. — Sur les limites de la <^olombie britannique et du Canada, la chaîne septentrionale des Monta^-nes Rocheuses de développe sous la forme de rides parallèles, s'élevant à plus de 4800 mètres dans les Monts Brown et Hooker. Contre un axe archéen et primaire s'appuient de nombreux plis où le crétacé supérieur, parfois vertical et même renversé, a été porté à des hauteurs qui, par places, atteignent 4000 mètres *. Dès les temps miocènes, une haute chaîne devait borner à l'ouest les plaines d'Alberta, y jetant par ses torrents des dépots détritiques, comme ceux qui composent les collines dites Cypress Hills. Bien avant les invasions glaciaires, une pénéplaine avait eu le tem[)s de se former au pied de ces montagnes par rabotage des derniers plis crétacés, et des vallées, descendant vers Test, y étaient déjà découpées *.
Du côté opposé à la chaîne précédente, depuis le Mont Saint- Elie, qui dépasse ooOO mètres, jusqu'à Vancouver, on voit se poursuivre le long du rivage une ligne de montagnes, d'une altitude moyenne supérieure à 2000 mètres, et où dominent les roches cristallines et paléozoïques. Les nombreux fjords (jin' accidentent toute cette côte, et où le type des rivages dalmates ' se combine dans une certaine mesure avec celui des côtes Scandinaves, montrent qu'il s'agit d'un territoire de grandes dislocations. En effet celte suite de montagnes est un bourrelet de récente formation, dessinant le bord iFune très ancienne bande, depuis longtemps à l'état de pénéplaine, et sur les deux côtés de laquelle, dans la Colombie comme aux îles de la Reine Charlotte, les mers secondaires avaient gardé accès.
Disloquée par de nombreuses cassures, la pénéplaine s'est relevée vers l'ouest, d'où elle descend en sens opposé jusqu'à iOOO mètres d'altitude, formant, entre la côte et le [»rolongenient des Montagnes Rocheuses, un plateau où les rivières ont creusé de profonds canons. Un grand nombre de lacs étroits, alignés dans le même sens que la chaîne, et de petites vallées longitudi-