Voir plus haut, p
nales de même direction, accusent Ténergie des dislocations survenues dans ce territoire, dont la partie littorale s'est effondrée par bandes parallèles au rivage.
Monts des Cascades. — Vers le cinquante-quatrième parallèle, le plateau devient beaucoup moins régulier, et il se produit une sorte de bifurcation, qui fait que, les Montagnes Rocheuses continuant à se diriger au sud-est, une chaîne de hauteurs s'en détache, qui va au sud, engendrant les Monts des Cascades. C'est l'effet de la rencontre d'un massif archéen, celui du Gold Range, qui se termine en coin dans la Colombie anglaise, tandis qu'il se prolonge assez loin en se dilatant dans les États-Unis. La surface, devenue une pénéplaine, se relève à l'ouest et c'est précisément son bord, très disloqué, qui forme la chaîne des Cascades. Sur la cassure que cet accident orographique met en évidence se sont implantés de grands volcans encore actifs, comme les monts Baker (3300 m.) et Rainier (4400 m.). Ces cimes neigeuses, avec les forêts qui garnissent leurs premières pentes et les prairies dont leur pied est accompagné, font de loin un grand effet. De près, elles se signalent par des gorges extrêmement découpées.
Le relèvement de la pénéplaine archéenne, (jui a produit la chaîne, et les accumulations volcaniques qui se sont faites le long de la dislocation, ont obligé les rivières venant de l'Orégon, et en particulier la rivière Columbia, à fianchir par des cascades l'obstacle qui se dressait entre elles et le littoral. De là dérive le nom ([u'on a donné à cette ligne de hauteurs.
Sierra Nevada. — Un peu au sud du 42*^ parallèle, la chaîne des Cascades se coude légèrement au sud-est et devient la Sierra Nevada. Juste au point où se fait ce changement de direction se dresse, à 4500 mètres d'altitude, le cône volcanique éteint du Mont Shasta, au pied duquel s'étendent, à l'est, des champs de laves allant rejoindre ceux de l'Orégon.
La Sierra Nevada, ou chaîne des Alpes Californiennes, résulte d'un système compliqué de dislocations de divers âges. Le plissement (pii Ta engendrée est postérieur aux temps jurassiques, peutêtre même à la première partie de la période crétacée. Mais le relief actuel est beaucoup plus récent, et doit être attribué à des mouvements survenus le long de fractures, par où l'activité volcanique s'est fait jour durant la fin des temps pliocènes; car les graviers aurifères de cet ûge, qui contiennent les célèbres placet^s de la région, sont recouverts par des nappes de laves, et d'ailleurs
les <lêfi>nnatii»D> paiaisseDt n'avoir p&> eiK«>r^- «Ht Unir «lemîer mol. à eo juser par le> tnemMemeDis *ie terrv •!•* la rv^rion.
Les coulée^ ont quelquefois barr^ des vallées. Ainsi, sur le flanc oritf^ntal 4f la chaîne, un l*arni2e Je ce genn^ à Ji»niiê «.lissance au lac Taht>e. qui m- tK'-vers^ aujounl'hui par-^lessus Tobslacle. \mjut relncmver «lans la rivit-re Truckee 1»^ oairs que suivaient autrefois les eaux venues «l'amont.
Hydrographie et érosiQns de la Sierra. — 1^ {«ente «■cciJen* laie très brusifue de la Sierra Nevada, qui tombe d'un seul jet de 3(Khi m*-lres à un*^ altilu«ie très voisine de celle du niveau «le la mer. entraîne sur 5on flanc la formation ile ::on:es t-xtrvmement profoniles, surtout ilans les granités tîssuivs à travers lt-S4juels l'eau courante tr*^uve un chemin facile. De ce ::enre est la cèlèbiv çorsre de Yosémite, où la rivière coule au pieil de parciis de srraiiite. à [leu près verticales sur I2(H) nu 1500 mèln^s, et découptNf^s en merveilleux prrimontoire<. du haut desquels se prè^^ipitent plusieurs casrades, avec ile^ hauteurs de chute comprises entre 200 et 80i) mètres. Par l'effet île ces èmsions la chaîne est dèt*oupêe en nombreux [*ics. ilont le plus haut et en même temps le plus méridional, le mont WTiitney f45Tô m.#. manjue le dernier effort du massif sranilique.
De nombreux tu\u»-< de cendres >«>nl échelonnés sur la descente du Mont Shasta au Sacrament*i: si »u vent ils absorlK^nl les eaux de la monfarrne. «|ui >'y penlent p<iur re|»araître plus bas en sources puissantes..
Ctiaine côtière. Dépression californienne. — En avant de la chaîne des Cascades, et tout contre le rivajre. se dessine une chaîne côtière iCoasi R/inf^^i, qui, dans le nonl. |»ar suite tie la sulimersion |>arti<*lle de eea^ |»araîres, se résout en un îrrnu|ie d*îb*s, auquel apjiartient Vancouver. Cette liime île hauteurs s'imlividualise nettement au sud de la rivièn* Columbia. et ne cesse d'acc<»ni- |iagner tout** la rôt** t]f Californie: mais elle est tn*s mon-elt'*e. On y remarqua surtout des plis anticlinaux, affectant des assises metamoqihiqups qui |>araissent avoir été disloquéi*s en même temps que la Sierra Nevada, c'est-ânlire à la tin d»» l'époque jurassique, et qui ont éiralement subi «les mouvements beaucoup plus nVents.
Fintre la Siem Nevada et la cliaîn** cotièn^ s'étend la dépression califomienn»*, |»arcourue au nonl par le Sacramento. au sud par le San Joaquin. Ces deux rivières se réunissent «levant San Francisco, pour s'échapper à travers une srrande brèche «les Coasf ranf/ex. Mais idies ne drainent fias tout le territoire, et en amont
(lu Saa Joaquiii persiste le bassin sans écoulement du lac Tulare. Le prolongement de cette dépression se trouverait sous la mer à Touest de la presqu'île de la Vieille-Californie, qui n'est elle-même (|ue la suite atténuée de la Sierra Nevada, plongeant peu à peu sous Tocéan.
Plateaux volcaniques de 1 Orégron. — Si maintenant nous revenons au point d'où nous étions partis, c'est-à-dire à ce cap archécn du Gold Range où les Monts des Cascades commencent à s'individualiser, nous verrons que ce territoire s'épanouit au sud et se transforme peu à peu en un grand plateau, s'étendant sur les hords du Frazer, le territoire de Washington, l'Orégon et l'Idaho.
A l'époque crétacée, il existait à cette place une pénéplaine partiellement submergée, mais stable et déjà dominée par des montagnes. Dès le début de l'ère tertiaire, toute la région commença à se disloquer et des cônes volcaniques y prirent naissance. Puis, aux temps néogènes, un véritable déluge de laves basaltiques couvrit tout le pays, noyant sous sa masse les anciens accidents du sol, demeurés visibles seulement en quelques points. Les laves obstruèrent les cours d'eau, formant des lacs qui, pour la plupart, sont aujourd'hui asséchés et conquis à l'agriculture.
Dans ce pays, des hauteurs boisées dominent de grands plateaux dénudés, où les cours d'eau ont entaillé des gorges généralement étroites, aux parois de laves, parfois associées à des dépôts lacustres. Tout le réseau hydrographique est encore dans l'enfance, la perméabilité des nappes volcaniques et le peu de relief du sol s'opposant à l'accomplissement régulier du modelé.
Le plateau basaltique de l'Idaho, avec la grande coulée que traverse la rivière du Serpent, est une dépendance de cette plateforme de l'Orégon. Le nom de déserf rocheux (rocky désert) en exprime bien le caractère.
Dislocation des Montagnes Rocheuses. Accidents du Yello-wstone. — La limite orientale du territoire que nous venons de décrire est formée, dans le nord, par la Cordillère des Montagnes Rocheuses, encore mal connue en ce point, et, dans le sud, par un accident orographique tout difîérent, aligné presque exactement suivant le méridien; c'est le [)rolongement septentrional de la chaîne des Monts Wahsalch.
Cette ligne a une grande importance géologique; car elle marque la limite occidentale de l'ancien bras de mer crétacé qui allait du Mexique à l'Alaska ; et par conséquent c'est le bord d'une plateforme continentale que cette mer respectait. Ce bord lui-même
correspond \TaisembIableiiienl à quelque ilislocation dWire primaire, et celle dislocation, jouant de nouveau dans les temps tertiaires, a dû déterminer Taccident uord-sutl dont nous parlons. Il a été assez important pour traverser de part en part la Conlillèn\ et la dépasser vers le nord de près de 400 kilomètres, tout le temps accompagné par des saillies de Tarchéen qu'il a ramené au jour. La rivière Madison et le haut Missouri en déGnissent le |>arcours.
On comprend sans peine que la rencontre des Montagnes Rocheuses avec une telle dislocation ail été marquée |»ar un ^rand développement de Tactivité éruptive.
Ainsi est né le remarquable massif du yeUoicslont'^ où s'étendent, au pied du gigantesque Mont Washburn, volcan aujourd'hui éteint, les lacs et les geysers célèbres, entourés de prairies et de forêts, qui constituent le Parc National des États-Unis. De puissantes coulées, quelques-unes de verre naturel ou obsidienne, et de grands épanchements trachytiques, ont puissamment modilié la topographie et l'hydrographie originelles <le ce territoire au fond archéen et primaire.
Monts Wahsatch. — A partir du 41* parallèle, la chaîne des Monts Wahsatch devient un accident orographique considérable. Notablement plissée sur son flanc oriental, du coté des plateaux de rUintah, elle tombe vers l'ouest en une muraille abrupte, de 1500 à iSOO mètres de hauteur, dominant par un escarpement archéen les plaines du Grand Bassin. Il y a là une faille évidente, dirigée suivant le méridien, et qui, au sud de l'Utah, se divise en plusieurs branches divergentes, allant découper en bandes le plateau du Colorado. Cette ligne de fractures ofTre un intérêt spécial, en ce qu'elle sépare deux territoires absolument difîérents : à savoir, à l'ouest le district plissé et elTondré du Grand Bassin, à Test la région soulevée et disloquée des hauts plateaux.
Grand Bassin. — Ce qui caractérise le Grand Bassin, c'est que Taffaissement relatif survenu entre le Wahsatch d'un côté, la Sierra Nevada de l'autre, a afîecté une région essentiellement plissée, où subsistent un grand nombre de chaînons dirigés du nord au sud. Mais, d'une part, après le phénomène de plissement, d'âge postérieur au jurassique, est survenue, à l'époque tertiaire, la dislocation du territoire, qui s'est faite suivant un système de cassures, également nord-sud, [)ar où le volcanisme a trouvé une issue; et d'autre part les produits de Térosion, demeurés pour la plupart sur la région, en ont rempli les creux sur de grandes épaisseurs, atténuant beaucoup les inégalités primitives du ter-
rain. Du haut de Tune des cimes du Nevada, on voit se dessiner très nettement, dans toutes les dépressions, un fond horizontal, duquel les hauteurs émergent brusquement comme du sein d'une mer *, et où les sondages descendent souvent à 600, parfois a 1500 mètres, au sein des anciennes alluvions.
Les cavités lacustres, fréquemment à sec, s'échelonnent sur les points les plus affaissés des lignes qui limitent les bandes disloquées. Le plus instable de ces lacs est celui du désert de la Roche Noire, qui couvre parfois bien des centaines de kilomètres carrés, sans que la profondeur d*eau dépasse beaucoup un décimètre. Presque tous les grands lacs du Nevada sont à l'ouest, près du pied de la Sierra, qui les alimente [)ar la pluie qu'elle reçoit.
Anciens lacs. Régime désertique. — Au début des temps quaternaires, le climat du pays était beaucoup plus humide. De très grands lacs, dont les niveaux sont marqués par des terrasses de graviers et de tufs, occupaient les ])rincipales dépressions *, et l'un d'eux même avait réussi, en élevant son niveau, à trouver un déversement au nord, vers la rivière Columbia. Si cet état de choses avait persisté, la régularisation du modelé aurait pu se poursuivre. Mais le climat étant devenu beaucoup plus sec, les nappes d'eau ont baissé, se réduisant aujourd'hui à quelques lacs sans profondeur et fortement chargés de matières salines, comme le Grand Lac Salé de l'Utah. Les sables et graviers antérieurement étalés entre les chaînes, ainsi que les champs de laves, étaient prédisposés à accentuer le régime désertique. Ainsi le pays abonde en solitudes inhospitalières, avec flaques d'eau variables, et c'est dans les sables que viennent se perdre les quelques cours d'eau descendant des montagnes, toujours peu élevées, qui accidentent ce Grand Bassin.
Le caractère désertique est surtout marqué dans la partie méridionale, celle qui comprend le dés«»rt Mohave, où il est d'autant plus frappant que la région est traversée par le cours inférieur du Colorado. Malgré cela, ce grand fleuve n'y reçoit aucun affluent venant de droite, et certaines parties, comme le désert de Colorado, ont leur fond sensiblement au-dessous de la mer. La suite de ces dépressions se trouve d'ailleurs dans le grand golfe de Californie. Seule, la partie sud-est, le désert do Gila, envoie des tributaires au Colorado.