‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 207 sur 216 · Voir notainin*;nt p · texte numérisé non relu

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cotiore, en ont altéré la configuration en faisant naître les deux lacs, dont les contours ont été plus d'une fois modifiés par les éruptionî^. Dans ce pays, comme au Guatemala, de grandes quantités de produits volcaniques incohérents couvrent le sol, absorbant les eaux de pluie et empècliant la formation de cours d'eau.

En comparant la position des volcans actifs de TAmérique centrale avec celle des massifs éruptifs un peu moins récents qu'ils accompagnent, on constate (jue Faction explosive s'est constamm(»nt déplacée dans la direction du Pacifique. Même la série guatémalienne tend aussi à gagner sur la mer, où un nouveau volcan, d'une cinquantaine de mètres, a surgi en 1880 '. De violents tremblements de terre se font sentir sur cette cote.

Isthmes de Panama et de Darien. — Au delà «lu volcan de Chiriqui se déploie, en un arc convexe vers le sud, la cordillère de Veragua, constituée par «les roches archéennes et dont les pics s'élèvent entre 1200 et 1900 mètres. Mais elle tombe à Test, et il n'y a plus à Panama qu'un seuil de 87 mètres. En ce point d'ailleurs l'axe archéen est interrompu, et c'est à peine si, contre le Pacifique, on voit affleurer un étroit ruban primaire. Le reste est formé de terrain tertiaire, avec nombreuses masses éruptives, rès décomposées à la surface, et accompagnées «le tufs ainsi que «le conglomérats.

L'axe archéen rei>araît dans l'isthme «le Darien et se recourbe au sud. On le retrouve formant le rivage «le Tangle nord-ouest du continent sud-américain. Ce ruban «le roches «'ristallines fait face au Pacifique par «les falaises, av«*c pi*om«)nt«jires entourés de récifs; et tout le temps il est longé à l'est parla «lépression tertiaire où coulent en sens inverse, d'abonl TAtrato, tributaire «le la mer Caraïbe, ensuite le San Juan, aboutissant au Pacifique. C'est donc véritablement ce sillon «jui mérite de faire la sé]>aration entre l'Amérique centrale et la gran«le unité méridionale.

Yucatan. Golfe du Mexique. — Parmi toutes les régions de l'Amérique centrale, le Yucatan se distingue par la longue protubérance qu'il fonn<» entre le golfe «lu Mexique et la mer «les Antilles, ainsi que par sa constitution géologique très spéciale. C'est une véritable «lalle de calcaire tertiaire, en couches horizontales, d'une altitmle moyenne de 30 mètres, et se prolongeant fort loin en mer sous une très faible pr«>fondeur d'eau. Le produit des pluies s'y infiltre sans peine et il en résulte la formation de

i. SicNers, America^ p. loo.

l'aMËRIQUE centrale et les ANTILLES oO?

canaux souterrains. La nappe «l'infiltration n'est accessible «jue par descente au fond d'entonnoirs, dus à Técroulement de grottes et dits ceuoles, autour desquels les populations sont obligées de se grouper.

Le Yucatan fait le pendant exact de la Floride, dont il partage à beaucoup d'égards la constitution. Pour ces deux territoires, il y a un contraste frappant dans l'étendue considérable de la plateforme sous-inarine qui les prolonge dans le golfe du Mexique, comparée à l'incroyable raideur de la pente par laquelle cette plate-forme descend ensuite vers l'intérieur du golfe. En avant du large banc de Campêcbe, la sonde tombe presque d'un coup à 3800 mètres de profondeur, par une déclivité dont le profil commence par être nettement convexe. Cela paraît être, au premier chef, une structure d'effondrement. Pour ôtre un peu moins accentuées, les circonstances sont les mômes à l'ouest de la Floride *.

L'abîme du golfe du Mexique s'est donc produit au milieu d'un territoire où, primitivement, le calcaire s'était accumulé autour des anciens îlots plissés des Antilles, auxquelles se relient les deux protubérances de la Floride et du Yucatan. Seulement, comme Ta fait remarquer M. Suess *, cet effondrement a eu lieu à l'c^xtérieur de la zone plissée de la Méditerranée américaine, à peu prés comme la fosse située entre la Tunisie et la Palestine s'est ouverte au sud des plissements alpins.

Antilles. — Pour bien comprendre la structure des Antilles, il faut associer à la considération des surfaces émergées celle des profondeurs maritimes. On constate ainsi que le rivage méridional de Cuba, par une cordillère immergée à pente très brusque, comprenant l'îlot du Grand-Cayman, se relie avec le rivage du Honduras britannique. De la baie de Honduras, en prolongement des plis du Guatemala, et formant l'autre bord de la profonde fosse de Bartlett, part une autre ride moins saillante, qui embrasse la Jamaïque et vient se souder avec la première cbaîne dans l'île d'Haïti, pour se poursuivre ensuite à travers Porto-Rico.

Toute cette traînée laisse voir des roches archéennes d'aspect, et du crétacé supérieur en puissantes assises, enfin des dépôts tertiaires fort étendus. Comme l'a fait remarquer M. Suess ', elle se prolonge à l'extérieur des Petites Antilles, c'est-à-dire aux îles des Vierges, Anguilla, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Antigua, dans

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