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Antlitz, I, pp. 703 et suivantes

5t>8 LEÇONS DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

l*est (le la Guadeloupe et dans les Barbades, offrant partout les mômes traits que la cAte nord du Venezuela et la Sierra de Merida. D'autre part, les mammifères trouvés dans Tîle d*An^uilla offrent un caractère mexicain très prononcé. Ces divers territoires, avecla Floride et le Mexique, ont dû former autrefois un tout continu, dont faisait partie le socle (jui porte les îles Baham^, socle rompu par les écroulements qui ont engendré tout contre son bord les fosses si profondes de TAtlantique. Tandis qu'à l'extérieur des iVntilles, dans les îles Barliuda et Bahama, on trouve surtout des dépôts appartenant au tertiaire moyen et au quaternaire, c'est seulement à l'intérieur des Petites Antilles, c'est-à-dire du côté effondré, que se trouvent les volcans actifs.

Dislocations des Antilles. — Les tremblements de terre si souvent ressentis à Cuba, à la Jamaïque, à Haïti, enfin à Porto-Rico, doivent être en relation avec les fosses maritimes, étonnamment profondes et étroites, qui s'alig^nent depuis la baie du Honduras jusqu'à la fosse atlantique des Vierges. Une chute aussi rapide, qui amène d'un coup à 6000, parfois à plus de 8000 mètres de fond, ne peut résulter (jue d'une dislocation assez récente.

Les détroits qui existent entre les Petites Antilles ont peu de profondeur et seule la faune superficielle de l'Atlantique y trouve accès. Or, dans les grands fonds de la mer Caraïbe, on trouve des organismes plus étroitement alliés à la faune abyssale du Pacifique qu'à celle de l'océan opposé. C'est un nouveau motif de considérer l'émersion de la cordillère! des isthmes comme assez récente.

Aperçu général. — L'Amérique du Sud est essentiellement constituée par un massif stable, depuis longtemps modelé, contre le([uel un énorme bourrelet, la chaîne des Andes, est venu s'appliquer, du côté de l'ouest et du nord, comme un cadre continu. Mais le contact n'est pas immédiat, et le long de la concavité du croissant montagneux, une assez large bande déprimée subsiste d'un bout à l'autre, parfois séparée de la grande chaîne par quelques rides parallèles au bourrelet principal.

Partagé en deux parties inégales, la Guyane et le Brésil, par la

l'amkrique du sud 5G9

dépression de très grande envergure où se loge le fleuve des Amazones, le massif oriental ne plonge un peu brusquement dans l'Atlantique qu'entre Bahia et le cap Saint-Roch. Partout ailleurs, la côte est précédée par une large plate-forme sous-marine, immergée sous moins de 200 mètres d'eau.

De plus, loin que l'Atlantique moyen ait fourni le niveau de base du modelé, un seul fleuve important débouche dans cette mer entre l'Amazone et la Plala, et c'est justement au contact immédiat de l'Océan que le massif présente ses plus fortes altitudes. Au contraire, il s'abaisse en regard des Andes par une pente très progrès- . sive. On en peut conclure qu'au moins du lO*' au 30* degré de latitude, le contour actuel de la côte orientale doit être d'assez récente formation. Et comme une série de seuils sous-marins s'étend dans la direction du sud-est, entre Rio-Janeiro et l'îlot de Tristan da Cunha, il semble permis d'y voir les restes d'une terre aujourd'hui morcelée et submergée, mais qui, formant autrefois un app<^ndice du territoire brésilien, obligeait son drainage à chercher une issue, soit au nord, soit au sud.

Par cet appendice, le massif oriental de l'Amérique du Sud se reliait probablement à l'Afrique australe dont, sous beaucoup de rapports, il a partagé la destinée ; car il n'a subi, depuis les temps primaires anciens, ni submersion ni plissement, et c'est aussi par des grès, dépourvus de fossiles marins, que la plate-forme ancienne a été recouverte.

Enfin les formations volcaniques récentes, complètement absentes du rivage Atlantique, forment sur le bord Pacifique une chaîne à peu près ininterrompue, ce qui assigne à ces deux ordres de côtes une grande différence de structure et de genèse.

Massif brésilien. — Le massif brésilien est l'un des territoires les plus stables, les plus rigides et les moins dislo(|ués qu'il y ait au monde. Seul, le terrain archéen, «pii en fait le fond, mais qui n'apparaît en masse que du côté Atlantique, se montre plissé. Sur sa surface s'étend(»nt, en couches presque horizontales, des dépôts secondaires de formation terrestre. Môme les sédiments dévoniens et carbonifériens de l'Amazone reposent en assises régulièrement étalées sur la plate-forme archéenne *.

C'est donc une très vieille terre, dont la dislocation, probablement d'âge silurien, a été suivie d'un aplanissement général. Puis est survenue dans le nord une transgression marine, qui a amené le

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