‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 213 sur 216 · Sif\t'i>. America^ \t. î»r · texte numérisé non relu

Sif\t'i>. America^ \t. î»r

Constitation des Andes chiliennes. — Pour acquérir une idée nette de la constitution de la chaîne des Andes, il convient de la considérer entre le 24* et le 25° parallèle, en partant du rivage de la province d'Atacama.

Tout contre la mer s'élève, à 1200 ou 1500 mètres de hauteur, une Cordillère côlière, formée de roches archéennes *, et complètement stérile en raison de Taridité du climat. En arrière de ce bourrelet s'étend le désert d'Atacama, plateau sans écoulement, montant de 1000 à 2500 mètres. Ce gradin, qui porte de nombreuses lagunes salines, est assis sur des couches secondaires disloquées, où abondent les tufs et les épanchemeuts éruptifs, également d'âge secondaire.

Un escarpement nord-sud sépare cette terrasse d'une autre plus élevée, offrant les mêmes caractères, où s'abritent entre 2500 et 3500 mètres les lagunes salines ou salares Punta Negra et de Mac^ma. Contre ces dernières se prononce un nouveau rempart, couronné par une chaîne magnifique de volcans, dont les cimes s'échelonnent entre 5500 et 6000 mètres, et à l'est de laquelle apparaît un haut plateau de 80 kilomètres de large, avec 4000 mètres de hauteur moyenne. Enfin un bourrelet extrême, de 5000 mètres d'altitude, se dresse contre le bord de la plate-forme, pour descendre d'un jet de 3000 mètres vers l'est, bordé à son pied par une dépression sans écoulement, dont la Laguna Blanca occupe le fond.

Cordillères argentines. — Mais déjà le terrain a changé. Les formations éruptives et volcaniques ont fait place à des dépôts sédimentaires variés, en couches relevées jusqu'à la verticale, et <|ue nous allons retrouver constituant, avec des noyaux archéens, la série des Cordillères argentines. Ce sont des chaînes parallèles aux Andes, formant sur 300 kilomètres à partir du haut plateau une série de bourrelets, dont quelques-uns, comme la Sierra granitique de Aconquija, réussissent à s'élever jusqu'à 5600mètres.

A partir de cette dernière chaîne, une chute extrêmement rapide amène, entre 300 et 500 mètres d'altitude, dans les plaines du Gran Chaco. Mais, vers le 28' degré, les Cordillères argentines se courbent visiblement à l'est, en même temps qu'elles gagnent du terrain vers le Parana; et si bientôt les dépôts de la Pampa en masquent les prolongements, il n'est pas difficile d'en reconstituer

I. Il convient d'introduire ici une réserve. Les roiîhes de cette chaîne ont bien le faciès arch fu^ mais il se peut qu'elles le doivent au métamorphisme et que leur &ge soit en réalité plus récent.

DB LAi'PARKiiT. — LeçoDt de géogT. phyt. 37

les traces jusqu'à celte petite Sierra de Tandil, formée des mômes terrains, et qui, émergeant jusqu'à 450 mètres au-dessus de la plaine, vient rencontrer TAtlantique au cap Corrientes.

Plusieurs des sierras argentines sont bordées par des dépressions avec lagunes ou marécages salés, qui généralement se trouvent sur les parties marneuses des assises secondaires relevées dans ces chaînes *. Ces satinas sont particulièrement développées autour de la Sierra de Cordoba.

En outre, le vent, qui ainoncolle des dunes avec éléments volcaniques sur le haut plateau des Andes, les fait parfois descendre, en véritables fleuves de sable, dans la province de Catamarca.

Virgation des chaînes. — Rien n'est mieux marqué que la virgation des chaînes argentines, obliquement embranchées sur le haut plateau des Andes; ce qui fait que, du pied du volcan de Copiapo (6000 mètres), on voit se détacher en divergeant les hautes et étroites Sierras de Famatina, de Vinchina, de Guandacol. Entre ces chaînes, malgré la sécheresse de l'air, une série de cours d'eau sont parvenus à pousser leurs têtes jusqu'au plateau luimême, qui sur plus de 120 kilomètres perd entièrement son caractère de plate-forme.

La façon dont les Cordillères argentines se détachent au sud-est vers le 23® parallèle n'empêche pas la chaîne plissée orientale des Andes de se poursuivre au sud jusqu'à l'extrémité du territoire patagonien, où elle éprouve dans la Terre de Feu une déviation analogue. Le volcan do Copiapo marque donc une sorte de nœud de divergence, à partir duquel la chaîne interrompue des Sierras de Cordoba et de Tandil, d'un côté, celle des Andes méridionales, de l'autre, encadrent un territoire déprimé, celui qui embrasse les Pampas et la Patagonie.

Partie méridionale des Andes. — Si maintenant nous examinons ce que deviennent les Andes au sud de la virgation ai^entino, nous* verrons le grand plateau se reconstituer de la façon la mieux marquée, avec une largeur de plus de 100 kilomètres, jus(|u'à ce que les deux bourrelets qui le limitent, et dont celui do l'est est toujours le plus ancien, comme nature de strates, viennent ccmverger au superbe volcan de l'Aconcagua (6970 m.). Alors la Cordillère devient uni(|ue, quoique toujours flanquée à l'est par (les chaînons argentins, et n'a plus guère (pie 2500 à 2800 mètres d'altitude, demeurant d'ailleurs couronnée par des volcans. Mais

Page 1