‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 214 sur 216 · Hrac.kcbuscli. Petermann's Mitteiltmgen^ 18U · texte numérisé non relu

Hrac.kcbuscli. Petermann's Mitteiltmgen^ 18U

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â fiartir du 38* Aesrè elle se dédouble de nouveau, et deux chaînes parallèles courent ainsi pendant plus de 4lK) kilomètivs, jusqu'à ce que celle de droite se couronne par le Tronador |3000 m.i« tandis que l'autre purte le volcan de Calbuco.

A f»artir de ce p«>int. la chaîne occidentale, toujours marquét^ par quelques volcans, forme le rivage escarpé du lonsr détn>it qui isole du continent Farrhipel disK>qué de Chiloé, tandis que le bourrelet oriental l'accompa^e à peu de distance. Puis, après la [léninsule de Taytao, un épanouissement du haut plateau intermédiaire entendre un srand champ de nevé de plus de 60 kilomètres de larsre et de 500 kilomètres de lon«r. d*où s'échappent vers l'ouest des sriaciers. Mais à Test la chute est rapide, et tandis que h' pied oriental de la chaîne abrite une série de lacs aux bords miintasmeux, le volcan Chalten se dresse au-dessus d'eux à plus de 2000 mètres, en témoignage de la dislocation qui a engendré ces cavités.

L'allure des îles de la côte chilienne, avec les nombreux Qords qui les découpent, suggère invinciblement l'idée de dislocations longitudinales, interférant avec d'anciennes vallées transversales. Le bord occidental de Chiioé. plus relevé que l'autre, indique un mouvement de bascule. C'est aussi dans Taxe de cette dépression, un peu infléchi au sud-est, que se loge le long détroit qui sépare les îles Wellington de la côte: détroit si remarquablement rétréi*i dans les Englith narrowSy où sa largeur se rétiuit à 100 mètres, obligeant les navires à se glisser contre de formidables parois de granité ou de schiste. Partout les signes de dislocation se combinent avec ceux de submersion.

Caractères du littoral chilien. — Le trait caractéristique du versant occidental des Andes chiliennes est l'existence d'une dépression longitudinale, jalonnant le contact de la bande archéenne du littoral avec les couches secondaires disloquées de la chaîne. Submergée au sud, où elle engendre les détroits de Moraleda et de Corcovado, cotte dépression se poursuit au nord, jusqu'à la hauteur de TAconcagua, par une série discontinue d'ensellementsqui, à 1200 ou 1300 mètres d'altitude, interrompent tous les contreforts détachés de la Cordillère. Les choses se passent comme si un svslème récent de vallées transversales, dues au soulèvoment et à Térosion de la grande chaîne, était venu se superposer à l'ancien système hydrographique longitudinal ' en le déformant.

t. Suess, Antlilz, 1, p. tUMi.

C*est justement sur le prolongement de cette ligne de dépressions que se trouvent les lagunes du gradin inférieur du désert d*Atacama, continuées au nord, jusque tout près d*Arica, par la Pampa de Tamarugal.

Il resterait à expliquer comment il se fait que la côte chilienne, si profondément découpée au sud, se montre si rectiligne et exempte d'échancrures au nord de Chiloé. Diverses circonstances peuvent être invoquées pour justifier cette différence. D'abord, la quantité de pluie diminue rapidement du sud au nord, si bien qu*avant Yalparaiso elle est déjà inférieure à 20 centimètres par an. DoncTagent de creusement a dû se montrer de moins en moins énergique vers le nord. Ensuite si, comme tout porte à le croire, d*anciens glaciers ont occupé tous les fjords chiliens avant Tépoque actuelle, contribuant par leur présence au maintien du profil des échancrures transversales (comme aussi à celui des coupures longitudinales), ces appareils protecteurs ayant disparu beaucoup plus vite au nord, les contours ont eu le temps de s*y égaliser. Enfin la partie méridionale atteste une submersion récente, tandis qu*en remontant au nord on constate, par d*anciennes terrasses marines, que le sol s*est fortement relevé, ce qui a pu faire émei^er complètement le pied des anciennes vallées.

PartioulaxitéB du Tersant oooidental des Andes. — Le simple examen d*une carte fait ressortir, dans Tallure du versant occidental des Andes chiliennes, une particularité très caractéristique, bien nette depuis Copiapo jusqu'auprès dlquique, sur près de sl\ degrés de latitude ; non seulement la côte est exempte d*échancrures, mais on constate un évanouissement presque complet des vallées transversales descendant de la Cordillère. Cela tient d*abor<i à la division du versant en gradins successifs, beaucoup plus marquée dans cette région que partout ailleurs, et bien propre à atténuer l'intensité de Térosion en brisant la pente à plusieurs reprises ; ensuite à Textrème sécheresse de Tair tout le long de cette côte, où il tombe moins de 20 centimètres d'eau.

Du reste, bien qu'à partir du 21 • parallèle la Cordillère cesse d'être interrompue par des paliers, les échancrures de ravinement y demeurent très peu prononcées jusque vers le 15* degré, attendu que c'est là seulement que les précipitations atmosphériques commencent à devenir plus intenses.

Tectonique générale des Andes. — Dans tout le parcours que nous venons d'étudier, la Cordillère des Andes offre un type tectonique que nous n'avons encore vu réalisé avec autant de netteté

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dans aucune chaîne de montagnes. Ce qui en fait Félément fondamental, cVst une bande fortement surélevée. Mais celle-ci est généralement étroite et ne se compose pas, comme les hauts plateaux de rUtah, de compartiments sédimentaires à stratification régulière. Ce n'est pas davantage un grand anticlinal simple, ni un bourrelet d'assises violemment plissées et comprimées les unes contre les autres. C'est une série disloquée de paquets, où les couches stratitiées, d'âge secondaire, alternent avec des tufs, attestant une activité volcanique qui s'était manifestée entre le jurassique inférieur et le crétacé moyen, à l'époque où la région formait, en regard du Pîicificpie déjà bien dessiné, le bord d'un grand massif oriental très stable.

Dans cette série, les paquets s(» succèdent, en général, inclinés d'ordinaire vers l'ouest, de telle sorte que, en montant de l'ouest à l'est, on renconire des compartiments de plus en plus anciens, depuis le tertiaire et le crétacé supérieur, toujours en bandes disloquées, mais non plissées, jusqu'aux assises secondaires ou primaires d'âge indéterminé, qui précèdent l'apparition de l'archéen. Ce dernier, abstraction faite des épanchements volcaniques récents, se montre de préférence dans le haut bourrelet oriental, c'est-à-dire dans ce qu'on appelle parfois Y Anti-CordiUère, là où, comme c'est le cas le plus fréquent, il y a dédoublement de la chaîne culminante.

Ce n'est que sur le versant oriental qu'apparaissent en divers points, détachés de la chaîne principale, de véritables plis, engendrant des bourrelets parallèles ou Pré-Cordillères, Ces accidents appartiennent à un ensemble de plissements, qui ont dû dresser une série de chaînes contre le bord du massif oriental. Les traces, plus ou moins morcelées, de cet ancien effort se trouveraient dans les Sierras argentines et pampéennes. A l'extérieur se |)roduisaient les éruptions secondaires, localisées au bord occidental. Enlin ce dernier territoire, en somme a.ssez étroit, pressé entre les Sierras et le ruban archéen du littoral, se serait soulevé en bloc à la tin des temps tertiaires, mais (»n se dislo<|uant par des cassures, qui ont permis à l'activité éruptiv(» de se manifester d'une façon grandiose. Et les volcans s'y sont établis, comme au Caucase, au sommet de la falaise (|ui limite le compartiment surélevé.

Ainsi la chaîne des Andes aurait été préparée de bien longue date, puisque, appuyée contre un bourrelet plissé, qui lui-même s'était dressé contre un rivage très anciennement délimité, elle s'est définitivement constituée par la surrection de la longue bande où, depuis le Chili méridional jusqu'à la (Colombie, les

éruptions volcaniques s'étaient donné carrière au milieu des temps secondaires*.

Partie moyenne des Andes. — Sous le tropique, vers la Bolivie, le haut plateau andin subit un brusque élai^issoment. Tandis que la Cordillère orientale s'écarte vers le nord-est, la branche occidentale garde sa direction nord-sud, et, bientôt débarrassée à son pied de toute chaîne côtière, domine immédiatement le Pacifique en un magnifique rempart, couronné par des cimes volcaniques de 5000 à 6000 mètres.

Au delà se poursuit, sous les noms de Puna et de plateau Despoblado, ce dernier mot exprimant si bien le caractère désertique, la haute steppe bolivienne. Sa partie orientale descend à Test et finit par entrer dans le bassin de drainage du Pilcomayo. Mais, au delà du 22® degré, une nouvelle Cordillère nord -sud s'y dessine, élevant ses sommets à 4500 mètres ou 5000 mètres; c'est celle qui domine Potosi à l'ouest, pour se terminer près d'Oruro. Entre elle et le grand rempart côtier subsiste, avec une altitude moyenne de 4000 mètres, un haut plateau sans écoulement extérieur. Au midi, vers 20 degrés de latitude, ce plateau, (jui se ressent encore du régime désertique, abonde en grands marécages salins. Mais plus au nord, la pluie augmente un peu avec le voisinage des tropiques, et suffit pour alimenter le grand lac Pampa AuUagas.

C'est alors que, brusquement, les deux chaînes dévient au nord-ouest, le plateau intermédiaire gardant la même largeur et les mêmes caractères, avec un fleuve en son milieu qui relie le lac AuUagas au grand lac Titicaca (3808 m.). Cette nappe d'eau, dominée à Test par les merveilleuses cimes des environs de la Paz, rillimani et le Sorata, est entourée par un véritable amphithéâtre de montagnes, qui altèrent complètement le caractère jusqu'alors si uniforme de la bande surélevée.

Plateau péruvien. — Néanmoins cette bande continue, même avec un surcroît de largeur, jusqu'au delà du 11* degré. Par endroits, la Cordillère occidentale la domine de si peu qu'on donne à ce rebord le nom de sourcil de la Sierra. Mais le plateau cesse d'être privé d'écoulement extérieur. C'est qu'ici l'abondance des pluies équatoriales, tombant sur le versant de l'ouest ou Youngas, a suffi pour en assurer le modelé, et les puissants aftluents de

i. Ces êniplions ont consisU* surtout en épancluMiienls et projections de roches assez basiques, de la famille «les porphyrites, alliée aux andésites récentes de la même cliaine.

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TAmazone ont pu y pousser leurs eaux Je tète jusque tout contre le lac Titicaca. D'ailleurs, on a la preuve que ce lac faisait corps, à répoque quaternaire, avec celui d'Aullagas', et même avec le graml marécage de la Pampa de Empeza ; de la sorte, le puissant modelé de cette partie septentrionale est surtout Tœuvre d'une époque où les agents d'érosion étaient beaucoup plus énei^ques qu'aujourd'hui : car, de nos jours, le régime de la côte Pacifique demeure singulièrement sec, et l'on constate un abaissement graduel dans le niveau du lac Aullagas.

L'effet des érosions tropicales ressort clairement dans l'espèce de cul-de-sac où la queue du haut plateau, toujours contenue entre deux bords élevés, vient mourir dans le cirque de Cerro de Pasco (4302 m.). La lagune de Chinchaycocha, qui en occupe le fond, a été conquise au bassin de l'Amazone par un haut affluent de ITcayali, qui, par une série de cluses et de vallées longitudinales, entaillées dans le flanc oriental de la chaîne, a réussi à s'introduire, sous la forme de l'Acobamba, dans Taxe même de la boucle, qu'il draine entièrement.

Disparition des volcans. Tremblements de terre. — Un grand changement intervient, en outre, dans celte partie péruvienne des Andes. Les volcans disparaissent, comme si leur existence était étroitement liée à la direction nord-sud de la côte chilienne. Du moins, les quelques grands cônes éruptifs qu'on observe encore dans la province d'Arequipa sont-ils tous en repos,

^En outre, les abords du lac Titicaca laissent voir des assises primaires, telles que le carboniférien marin, dont aucune trace ne s'était encore montrée au sud dans la chaîne proprement dite, mais dont les affleurements avaient commencé à s'étaler largement dans les chaînes argentines, comme en Bolivie, sur la déclivité orientale à partir du méridien de Potosi.

Aussi bien dans les* directions orographiques que dans celles des plis qui affectent les couches sédimentaires, l'inflexion des Andes se montre continue, et c'est sans aucune rupture que se fait le passage de l'alignement nord-sud à cette direction nord-ouest qui caractérise la côte du Pérou. Cependant, comme nous venons de le voir, l'influence volcanique actuelle cesse presque immédiatement sur cette côte. En même temps, les tremblements de terre affectent tout particulièrement la jonction des deux alignements. Ainsi, la ville d'Arequipa a été entièrement détruite en 1582 comme en i 784.

i. Stciniiianii, in Berr/haus Physikalischer Allas,

De 1811 à 1845, on a compté dans cette région 826 séismes, et, depuis lors, il s'en est produit de notables en 1868 et 1877. La localité la plus dévastée est celle d'Arica, située juste à Tangle rentrant du littoral.

Cordillères péruviennes. — Après le nœud qui domine Cerro de Pasco, une série de hautes chaînes parallèles, formées en majeure partie par les plis des terrains sédimentaires, courent le long de la côte. On en peut compter trois : la Sierra occidentale, où des cimes de plus de 6000 mètres se dressent entre le rivage et le Maranon, affluent des Amazones; la Sierra centrale, en forme de plateau allongé, entre le Maranon et THuallaga; enfin la Sierra orientale, dont les flancs, garnis de forêts vierges, descendent jusqu'à rUcayali. Encore la Sierra occidentale est-elle divisée en deux chaînes parallèles par la profonde coupure où coule le rio de Santa. La plus intérieure porte une cime de 6721 mètres et sa crête est couverte de neiges, ce qui lui fait donner le nom de Nevada; tandis que la chaîne extérieure, bien que ses sommets dépassent 5000 mètres et qu'aucune brèche ne Téchancre au-dessous de 4200, reste la SieiTa Negra ou noire, parce que les vents brûlants du littoral en écartent toute couverture neigeuse.

C'est l'érosion qui a creusé entre les deux chaînes, au milieu des roches secondaires et suivant leur direction, le sillon rectiligne ou couloir de Huaylas, où l'on distingue encore les traces de lacs étages, témoins des premières phases du modelé.

Coude de la Cordillère. — Tout cet ensemble se poursuit jusque vers le 6° degré de latitude, où se produit un coude brusque de la chaîne vers le nord-nord-est. Ce coude coïncide avec un abaissement et un rétrécissement notables de la Cordillère, si bien que le haut Maranon parvient à pousser sa source à moins de 180 kilomètres de l'Atlantique, et n'est séparé que par un seuil d'environ 2000 mètres d'un tributaire de cet océan. C'est l'irtdice d'une ligne particulière de faiblesse du continent, juste dans le prolongement du grand synclinal de l'Amazone. Il est à remarquer que sur ce coude, contre le littoral, se trouvent les gisements de pétrole du Pérou.

Une autre particularité distingue cette région, c'est l'existence, entre la chaîne occidentale et la côte, d'un véritable désert, dit de Sechura, large de 130 kilomètres. En effet, la bande des précipitations atmosphériques inférieures à 20 centimètres embrasse justement ce promontoire, ce qui explique à la fois le régime désertique et l'absence de vallées d'érosion descendant de la crête, sensiblement abaissée en ce point.

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Andes éqnatoriales. — Au delà, en regard de la profonde échancrure du golfe de Guayaquil, commence la série nord-nord-est des Andes équatoriales (ou écuadoriennes). Là encore il y a deux chaînes, avec un plateau déprimé intermédiaire : celle de Test, haute en movenne de 4000 mètres, où domine Tarchéen; celle de Fouesl, un peu moins élevée, où des roches éruptives accidentent les terrains secondaires redressés. En même temps les volcans reparaissent, plus majestueux que jamais, notamment le Chimborazo (6300 m.) et le Pichincha sur la Cordillère occidentale, TAntisana (5756 m.) et le Cotopaxi (5943 m.) couronnant la chaîne orientale. On peut constater, par la disposition des produits éruptifs, que la formation de ces volcans a suivi le creusement des vallées qui échancrent la montagne.

Une pareille activité volcanique, se développant simultanément sur deux rangées aussi rapprochées, ne pouvait manquer de réagir puissamment sur la haute terre intermédiaire, le plateau de Quito et de Kiobamba. Aussi, ce dernier, lai^e d'à peu près 70 kilomètres, est-il divisé, par des hauteurs transversales, en une série de cirques disloqués, d'une altitude moyenne de 2500 mètres, au milieu desquels s'ouvrent de nombreuses crevasses, et que parsèment souvent des cônes d'éruption. Les tremblements de terre y exercent de fréquents ravages. Cette suite de dépressions est drainée à la fois par les fleuves du Pacifique, qui arrosent dans leur descente une terre basse, très boisée et bien cultivée, et par les affluents de l'Amazone. Les uns et les autres, à la faveur de la hauteur de chute, ont poussé leurs eaux <le tête au delà des crêtes des deux Cordillères, en opérant la conquête du plateau.

Andes colombiennes. Chaînes du Venezuela. — Ce qui distingue les Andes colombiennes^ c'est qu'aux deux chaînes précédentes, entre lesquelles se poursuit dans un synclinal de terrains secondaires la vallée du Rio Cauca, vient se souder à l'est une Cordillère orientale qui, limitant la vallée du Rio Magdalena, s'écarte de plus en plus pour décrire une courbe continue et se raccorder avec le rivage du Venezuela.

Un axe archéen, portant une série de volcans et, entre autres, le cône encore actif de Tolima, haut d'environ 5600 mètres, distingue la Cordillère médiane, autour de laquelle le terrain crétacé est fortement redressé. Quant à celle de l'est, où les volcans ne jouent plus aucun rôle, M. Hettner * la dépeint comme une sorte

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