Dclarond, les Tei^ains tertiaires de la Bresse, p. 22 i
Teau courante qui, ne creusant plus son lit, doit chercher encore à réduire sa pente par rallongement du parcours. On le voit hien quand, par des travaux de rectification, on s'efforce de supprimer quelques méandres. Immédiatement il en résulte un approfondissement du lit.
Phénomènes de capture. Cols. — Avant cratteindre le résultat définitif exprimé par la régularisation des profils et la concordance des embouchures, un système hydrographique traverse des vicissitudes qui, sur de nombreux points, en modifient le dessin primitif. Par exemple (fig. 28), deux cours d'eau voisins A et B travaillent au creusement de leur lit, à des altitudes différentes en raison de la conformation originelle du terrain, et telles que le point C soit notablement au-dessus de D, où débouche DF, affluent «leB. Ce tributaire DF, continuant à pousser son lit vers Tamont, pourra s'avancer de F jusqu'en C, auquel cas il capturera^ au
Fig. 28. — Capture d'un cours d eau.
profit de B, tout ce qui coulait en amont de C, augmentant en conséquence la force de F et de B, tandis qu'il diminue d'autant celle de A. Comme résultat, la partie AC de la seconde vallée, décapitée par Tenlèvement de EC et d'une partie même du cours entre C et A, pourra être délaissée par tout cours d'eau permanent, et devenir une vallée morte^ ou du moins se montrer tout à fait disproportionnée par ses dimensions avec le peu d'importance des eaux qui y circuleront encore.
Ces faits de capture peuvent être fréquents lors du premier établissement d'un réseau hydrographique, de telle sorte que les lignes de faite ou lignes de partage n'ont qu'une situation provisoire, celles du régime définitif pouvant différer beaucoup en position de celles du début. Aussi la migration des lignes de faite accompagne-t-elle toujours les premières étapes du modelé.
Quand ileux cours d'eau parallèles coulent dans le même terrain à des hauteurs inégales, la ligne de partage qui les sépare est plus éloignée de celui dont le niveau est le plus bas, et qui par suite est le plus avancé dans son œuvre. C'est ce que M. Gilbert a bien mis en lumière pour les Mauvaises Terres du Nebraska *.
Même lorsqu'il ne se produit pas de capture, le fait que deux courbes d'équilibre E,E' (fig. 29), marchent à la rencontre Tune de l'autre, de part et d'autre d'une croupe (figurée en travers sur I par DGF, en long sur H par GGH), entraîne nécessairement
Fier. -20. — Formation «l'un col.
l'abaissement de cette croupe ; car le profil de la crête séparative ne peut manquer de s'aplatir, par exemple jusqu'en B, sous l'influence du ruissellement pluvial, dont les produits trouvent un écoulement particulièrement facile vers les deux thalwegs. G'est ainsi que naissent la plupart descoAsen terrain homogène, le profil GBH se substituant à la ligne de pente originelle GGH.
Modiflcatioiis diverses du réseau initial. — Les phénomènes de capture, la migration des lignes de faîte et les divagations des confluents ne sont pas les seules vicissitudes auxquelles soit exposé un système hydrographique en voie d'évolution. Il en est d'autres, plus imj»ortantes, qui résultent de ce que, à l'origine, le territoire soumis au modelé ne devait pas présenter partout des pentes continues.
S'il s'y trouvait des dépressions, chacune d'elles a dû recevoir sur son fond un lac, dont le niveau s'est établi en conformité du rapport exist^int entre l'évaporation et l'alimentation parles pluies. La surface de ce lac a formé, pour toute la région tributaire, un niveau de base provisoire. Mais l'existence d'un lac est forcément éphémère. A la longue, la cavité se comble par les alluvions que lui apportent les cours d'eau. Si donc il ne s'agit pas d'une dépression de très grande étendue, capable de se transformer en un désert, sous des influences (pie nous étudierons ultérieurement, le