‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 46 sur 216 · Partie torrentielle. — Ainsi que nous l'avons indiqué préré · texte numérisé non relu

Partie torrentielle. — Ainsi que nous l'avons indiqué préré

denimenl, le ri^ime torrentiel du tronçon suiiériour résulte de la

forme en entonnoir, que prennent riéccssiiirement les versants à

l'origine d'un thalwefr, A celte intlueitn' s'ajf>ule celle des pentes

accentuées que présente, dans sa partie haute, un bassin limité ]>ar

des montagnes. De pbis, au ('«rur d'un massif accidenté qui n'a

pas encore subi l'efTort d'une trop iouirue érosion, la plupart de ces

fortes pentes sont converfrenles, de snrte que les enux saiipaf/ex.

après avoir dégradé, selon sa ciiiisistafice, le terrain sur Ie(juel elles

coulent, se réunissent en lorr''nls (fiff. Ci). L'eau courante y

acquiert des vitesses de 12 nn-tres et plus i>ar seconde, ce qui! a

rend capable d'effets mécaniques considérables, contre lesquels on ne peut lutter qu'en brisant la pente par des barrages successifs. Les berges de ces torrents sont sujettes à de fréquents éboulements, qui prennent dans certaines régions déboisées, par exemple dans les Hautes-Alpes, un caractère particulièrement désastreux. Pour les conjurer, il faut, avec la correction du lit, mener de front une reprise de possession méthodique des versants par la végétation, seule capable de fixer le sol et de rendre le ruissellement pluvial inoffensif.

La plupart des torrents débouchent dans une vallée sensiblement plus large, où leur vitesse s'amortit tout d'un coup. Aussi les matériaux solides transportés se déposent-ils, à l'issue du couloir torrentiel, sous la forme d'un cône aplati, dit cône de déjection. C'est un mélange confus de gros blocs, de pierres roulées, de graviers et de boue, s'étalant en éventail sous une inclinaison d'un très petit nombre de degrés, et souvent remanié par les filets d'eau qui divaguent à sa surface, en allant rejoindre le cours d'eau dont le torrent est tributaire.

Tronçon moyen. — Le tronçon moyen d'un cours d'eau parvenu à maturité est celui où la pente, complètement régularisée, ne permet plus ni creusement du lit ni dépôt permanent des alluvions. Le lit est d'ailleurs devenu assez large pour que les versants ne subissent plus que l'érosion pluviale. La rivière, qui garde un excédent de force dans ses crues, cherche à réaliser son régime d'équilibre en augmentant la longueur de son parcours, par les sinuosités ou méandres qu'elle décrit au milieu des alluvions dont son lit majeur est tapissé. En môme temps elle remanie ces dernières, les déplaçant de proche en proche par l'attaque des berges concaves au profit des boucles convexes. ^Vinsi les matériaux des alluvions cheminent peu à peu, exerçant les uns contre les autres un frottement qui émousse toutes leurs «ispérités. De cette façon se constituent les cailloux roulés, tandis que les menus débris provenant de cette trituration mutuelle engendrent des graviers, des sables et de la vase. Mais celle-ci, toujours soumise à l'action oxydante de l'air, se transforme en limon, qui va se déposer surtout dans la plaine alluviale servant de cadre au tronçon inférieur.

Tronçon inférieur. Plaines alluviales. Deltas. — La plaine de débordement avait commencé à se constituer autour de Tembouchure, dès le moment où la pente de cette partie terminale a été régularisée. De là elle a progresse vers l'amont, réagissant dans le môme sens sur les affluents du cours inférieur par le léger relève-

CYCLE d'Érosion, aplanissbment final u5

ment qu'elle imposait à leur niveau de base. En même temps les prc^rès de Talluvionnement ont dû avoir pour effet de modifier le débouché des affluents. Comme Tapport des matériaux se fait plus rapidement par le fleuve principal, ce dernier amène sans cesse de nouveaux dépôts, dans la région de remous qui s'étend entre son chenal et celui de la rivière affluente. Celle-ci est donc constamment rejetée de côté, et son confluent se déplace toujours vers Vaval. L'angle de rencontre des deux cours d'eau, primitivement à peu près droit, devient de plus en plus aigu.

Peu de rivières ont éprouvé cet effet au môme degré que l'HI, (jui, toujours rejeté au nord, en est arrivé à couler, sur une grande longueur, dans la plaine alsacienne, parallèlement au Rhin.

La Theiss ou Tisza de Hongrie offre l'exemple opposé, celui d'une rivière constamment repoussée par les alluvions de ses affluents torrentiels. Dans l'origine, elle coulait en moyenne à cent kilomètres à Test de son lit actuel. Le déplacement est l'œu^Te des rivières latérales qui descendent des Carpathes, charriant sur une pente rapide des cailloux et des sables.

C'est aussi durant la période de pleine activité que se forment les deltaSy c'est-à-dire les conquêtes opérées par les alluvions de l'embouchure au détriment du domaine maritime, dans les mers où il n'y a ni marées excessives, ni courants assez forts pour disperser les sédiments. De cette manière, la plaine de débordement s'accroît au delà de l'embouchure ; et si plusieurs fleuves en viennent à entremêler leurs deltas, comme ont fait l'Escaut, la Meuse elle Rhin, il en résulte l'a^ldition, au territoire continental, d'une bande plus ou moins étendue de Pays-Bas, bande nécessairement instable, parce qu'elle est exposée à la fois aux incursions des grandes marées et à l'inondation parles crues fluviales. Seulement ce dernier danger diminue avec le temps, la rivière opérant le colmatage naturel de ses rives par les alluvions qu'elle y dépose, à la condition -toutefois qu'on n'essaie pas de la contenir d'une façon permanente par des digues insubmersibles.

Signes divers de la maturité. — A l'époque de la maturité, le terrain, dans les parties moyennes d'un bassin fluvial, est en possession d'un modelé défini, attesté par la régularité avec laquelle les courbes de niveau se succèdent, tant sur les versants du cours d'eau principal que sur les vallons qui les accidentent (fig. 60), et dont la plupart sont à sec pendant la plus grande partie de l'année. Si, sur les versants, quelques courbes limitrophes se resserrent, accusant une plus grande consistance du terrain, la succession est

DX LAPPARCirr. — Le4^ot de géogr. pbys. 10

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régulière dans los thalwegs, où l'écartement des courbes consécutives augmente assez régulièrement de l'amont à l'aval.

Il est à remar*iuer que, diirAnt la maturité d'un système, certaines artères principales, <iéjâ pourvues d'un profil d'équilibre, -peuvent être amenées à modifier leur pente. En elTet, il est très possible qu'au moment où cette pente était déjà régularisée, quelques-uns des affluents latéraux fussent très peu avancés dans leur évolution. Si celle-ci, en se développant, comporte, en raison du terrain rencontré, une dégradation plus active des versants, il en résultera un apport do matériaux, dans la vallée principale,

n-Mi.-l-cl).

SOUS la forme d'un cône de déjection qui tendra à l'obstruer, et obligera la rivière à augmenter sa pente dans cette section '.

Suivant la juste remarque de M. Davis, lo mot de tnniurifé esl bien celui qui convient à l'état de cboscs que nous venons d'analyser, et où s'exercent dans leur [dénitude toutes les fonctions du réseau hydrographique. Car c'est alors que, sur un terrain définitivement façonné, toute l'eau qui ruisselle esl le plus sûrement conduite à l'embouchure; c'est alors aussi que, le réseau des ravinements étant complet, la surface d'attaque des versants est portée au maximum; de sorte que c'est durant cette phase que se fait le plus actif transport de débris. En même temps le régime des eaux est le plus régulier.

Vieillesse du réseau- — La vieillesse d'un réseau hydrograpbi(|ne se traduit |>ar une atténuation générale, sous le rapport de

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