I. Unvis, Jiiiirnai of Heolo;/'/. Il (IRNl
CYCLE d'Érosion, aplanissement final 147
rintensité comme sous celui de la variété, de toutes les formes comme des fonctions du réseau. L'approfondissement des vallées marchant moins vite que la lente dégradation des cimes, le relief s'ailoucit et les parties convexes y deviennent prépondérantes. Alors l'intensité de la pluie diminue, les vents humides ne rencontrant plus d'obstacles aussi brusques; dès lors la charge des rivières est moindre, les petites branches <le tête s'atrophient; Tadaptation aux stnictures cesse d'être aussi nette. Le courant des troncs principaux perd de sa force, surtout dans la plaine de débordement, où le plus petit obstacle suffit pour <létourner le fleuve et l'obliper à changer son lit, en décrivant <lans la plaine des méandres divagants. -Uors cette plaine atteint sa plus grande extension. A chaque crue, le cours d'eau, rompant une digue, peut se précipiter sur des parties qu'il n'avait pas visitées depuis longtemps, comme aussi un barrafre, tel qu'une accumulation de troncs d'arbres entraînés, isolera d'anciens lits qui se transformeront en lacs. Nulle part ce r^me n'est mieux accusé que sur le rours inférieur du Mississipi, où les efforts de l'homme sont souvent impuissants à empêcher les divafrations du fleuve. Ces divagations sont (|uel(|uefois assez importantes pour engendrer de véritables Itifurcations, par suite desquelles une partie d'un fleuve se détourne définitivement <le sa vallée pour suivre une autre route. Le cas le plus célèbre est la bifurcation de l'Orénoque, dont un bras, le Cassi(piiare, va par le Rio-Xegro rejoindre l'Amazone.
Un type de rivière divagante était la Theiss avant sa canalisation. Pour une longueur de vallée <le olo kilomètres, elle se développait ^ur près de 1300 kilomètres, ramifiée à l'infini (*n canaux secon- «lairesau milieu de lacs, d'étangs et de marécages.
Le dernier terme, ou la dccrépifHde^ serait l'obstruction des ^'nibouchures, par le sable que le v(»nt soulève, sur un territoire ciù son action a de plus en plus de prise, à mesure que le climat devient plus sec et le relief moins arcentué. Plus d'un fleuve actuel subirait <léjà cette destinée, si les «efforts de l'homme ne s'employaient à maintenir son chenal de sortie.
Notion des pénéplaines. — Lorsqu'un rycle d'érosion est parvenu à son terme, le bassin sur lequel l'aetivité des eaux rourantes mt exercée ne doit plus avoir qu'un relief insensible. Mais si b' territoire est ainsi aplani, il ne forme une surface plane qu'au voisinage de l'embouchure «les cours d'eau. Partout ailleurs, non seulement le niveau va s'élevant peu à peu ; mais l'inégale dureté des roches fait qu'il subsiste encore de [petites inégalités de relief, fai-
sant du pays ce que M. Davis * a nommé une pénéplaine *, dans des conditions d'altitude commandées par le niveau de base ». .
Comme les rivières décrivent des méandres sur cette surface doucement ondulée, entre des versants de pente devenue presque négligeable, on peut dire que la pénéplaine est une surface engendrée par la combinaison de tous les profils d'équilibre des cours d^ eau. C'est pourquoi, dès la phase de maturité, quand les rivières principales ont cessé d'approfondir leurs lits, et que toutes les embouchures des affluents ont été régularisées, il suffit de réunir par des courbes les points de même altitude de tous ces lits fluviaux, pour dessiner d'avance la surface topographique dont la pénéplaine finale différera infiniment peu, une fois que les versants des vallées auront été abattus.
Exemples de pénéplaineB. — Peu de pays répondent à la conception d'une pénéplaine mieux que le versant méridional du fleuve de l'Amazone. Entre son affluent le Madeira et le haut bassin du Paraguay, il n'existe pas de seuil s'élevant à 300 mètres. Pour atteindre cette altitude, il faut, dans la partie moyenne du fleuve» s'écarter perpendiculairement à sa direction de plus de 800 kilomètres, et pas un seul point de la partie brésilienne de cet immense bassin n'atteint 1000 mètres. Cependant, à part un ruban de terrain tertiaire qui longe l'Amazone, tout le versant est à peu prè.s exclusivement composé de terrains anciens et de schistes cristallins» supportant une couverture de grès horizontaux, qui ne sont pas do formation marine. La mer n'a donc eu, ni par abrasion ni par sédimentation, aucune part à cet aplanissement. Au contraire, la régularité avec laquelle se développe le réseau fluvial, l'énorme étendue des plaines d'alluvions des cours d'eau, les élargissements et les divagations de leurs trônerons inférieurs, accusent l'œuvre prépondérante d'une érosion longtemps poursuivie. L'effet de cett« érosion serait plus complet encore, si la nature gréseuse du terrain qui sépare les rivières ne se prêtait mal au travail d'aplatissement des versants.
Toutefois le massif brésilien du nord ne peut pas être donné comme le type d'une pénéplaine parfaite; car les affluents de