‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 67 sur 216 · Wohlgemulb, Assoc. française^ session de Paris · texte numérisé non relu

Wohlgemulb, Assoc. française^ session de Paris

à-dire Targile oxfonlienne, il a fallu qu'au delà de Toul la Moselle parvînt à creuser son lit au sein du massif argileux, devenu très épais entre E et F à cause du plongement.

Or on sait que, dans Targile, le creusement ne peut s'opérer que par l'enlèvement progressif des matériaux du lit. Les versants doivent alors s'ébouler et produire de fréquentes obstructions, dont une rivière très puissante peut seule triompher. On s'explique que des obstacles de ce genre, souvent renouvelés, aient pu obliger la Moselle des temps glaciaires à tourbillonner plus d'une fois sur l'emplacement de Toul, et à s'y accumuler en lac tendant à déborder vers le nord-est. Il est vraisemblable aussi que la grande diminution de débit, survenue après l'époque du mammouth, a fini par rendre la lutte impossible; si bien que la Moselle, débordant vers Gondreville, a réussi à atteindre le calcaire bathonien, qui affleure vers Toul en G F. Elle se sera déversée par-dessus le seuil, marchant à la rencontre d'un petit affluent de la Meurthe, et ce chenal, une fois ouvert, aura été rapidement approfondi de l'aval à l'amont : ce qui explique qu'aujourd'hui la Moselle coule à Toul à 20i mètres, au fond d'une véritable tranchée, ouverte au milieu de la plaine des alluvions anciennes, sur laquelle elle avait longtemps stationné.

Conséquences diverses. — En tout cas, on conçoit sans peine l'efTet qu'un détournement de ce genre a pu produire en privant la Meuse de l'important volume d'eau que lui amenait cet affluent, pour en faire profiter un autre bassin, dont la Moselle s'est d'ailleurs emparée en vertu de sa supériorité, et où l'énergie des eaux courantes a reçu une impulsion nouvelle. A partir de ce moment, divers cours d'eau (|ui, auparavant, se rendaient de la Woëvre à la Meuse par des cols du massif calcaire, ont mieux aimé établir leur pente en sens inverse, et sont devenus tributaires de la Mosello en aval deFrouard. En revanche la Bouvadc, qui rejoint la Moselle à Toul, ayant son cours en majeure partie dans l'argile, n'a pu opérer en amont une conquête assez rapide pour atteindre le ruisseau de Vannes; de la sorte, ce cours d'eau, dont la source, très voisine de celle de la Bouvade, est située sur le versant qui regarde la Moselle^ continue à se rendre comme autrefois dans la Meuse \

Les preuves des anciennes divagations de la Moselle sont d'ailleurs abondantes. Un col que traverse la route de Foug à Lay-

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