‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 72 sur 216 · I. Voir|iliis haut, p · texte numérisé non relu

I. Voir|iliis haut, p

Action des glaciers. — D'onlinaire, les roches désagrégées pap la pelée, et enlraiiiées soit par leur poîils, soit par les avalanches (le neige, finissent par toinher sur la surface îles glaciers, qui les transportent d'un mouvement lent, mais irrésistible, en même

Iciups (|u'ils s'en servent roiume d'outils jiour faeonner les ]KU'ois (le la frofge qui les contient.

Tous les glaciers connus nci.iiin'nt des vallées encaissées ', que l'activité des eaux courantes avait creusées antérieurement à rétablissement lie la glace, (lellc-ci, par la pression qu'elle exeire, ('basse devant elle tous les matériaux lueubles, aussi bien du fond

que des parois, dont elle rabote impitoyablement les us|iénfés. De celte manière, le profil transversal d'une goi^e f»Iaciaire, au lieu de dessiner un V, affecte la formr d'un L'. ou plutôt celle d'une auf/e à fond courbe; car la largeur est généralement supérieure à la profondeur.

Si le glacier ae retire, on voit apparaître des parois rocheuses alimpfes, entièrement dressées el polies, souvent sillonnées ile

rajTjres ou de cannelures, engendrées par la pression des pierres dures que charriait la fjlace. Si ces rayures disparaissent ra[)idement à Tair, en revanche les surfaces polies persistent longtemps. Ces surfaces apparaissent aussi sur le lit même de l'ancien glacier, où elles représentent les protubérances ilurcs que le froltement lies matériaux transportés u ]ieu à peu usées, au moins du côté d'amont, en leur donnant la forme de dus de moutons, d'où le nom de roches moutonnées (fig. 89).

Dans toutes les vallées alpines, la zone des polis glaciaires monte à plusieurs centaines de mètres au-dessus des glaciers actuels, attestant la hauteur à laquelle ceux-ci ont ilù s'élever autrefois. Celte bande inférieure, dépourvue d'aspérités, se

reinarque crantant mieux qu'immédiatement au-dessus s'aperçoivent les lig^nes capricieusement déchiquetées des aiguilles ((îg^. 90) dont les déchirures se profilent sur le ciel en zifrzajifs souvent fantastiques.

Caractères des vallées glaciaires. — Un caractèn» distinctif des vallées glaciaires est la forte inclinaison du lit, qui est celle d'un torrent proprement dit. Mais il faut noter surtout la discontinuité de la pente du thalwej^, dont certaines parties ont j)U être excavées tandis que d'autres, demeurées en saillie, étaient simplement arrondies du côté d'amont. En etTet, non seulement un placier peut ôtre inégalement épais en ses difTérents |)oints, ce qui fait varier la pression sur h» fond: mais, à la différence des cours d'eau, il est capable, sous l'influence de la poussée d'en haut, de remonter des contre-pent(*s en aflbuillant leur pied. De là des dépressions, qui en cas de recul abriteront des laos. Le ruissellement abondant qui s'accomplit dans les réjrions montagneuses s'emploie activement à réfrulariser les inégalités «lu lit abandonné. Pourtant il est des pays où ce travail est peu avancé, et c'est ainsi qu'on pourrait ex[di([uer, au« moins en partie, le profil des vallées qui débouchent dans les fjords d(î Norvège. La plupart consistent en une série de lacs étajzés, qui se vident les uns dans les autres par des cascades ou des rapides; et si, pour (juelques-uns de ces lacs, l'eau est retenue par des barrajres morainiques, les plus nombreux sont entaillés dans la roche vive. Mais il ne faut pas oublier non plus que des influences tectoniques ont pu contribuer à faire prévaloir cette dis|)Osition.

La forte inclinaison des parois, la fréquence des escar[)ements rocheux dépourvus d'aspérités, sont aussi des caractères propres aux vallées glaciaires. Les versants des fjords de la Norvège les présentent au |dus haut degré; et cela tient à ce que toutes ces échancrures n'ont été abandonnées qu(» depuis quelques milliers d'années par la glace, qui en avait balayé tous les matériaux meubles. Certaines portions des lacs de Suisse, comme la branche de Fluelen dans le lac des Quatre-Cantons, méritent d'être rangées dans la même catégorie.

Quand un glacier disparaît, les vallé(»s latérales, dont le débouché avait été créé, avant l'occupation |)ar les glaces, en raison du niveau de base déterminé par le torrent que le glacier a remplacé, peuvent, une fois ce dernier parti, ne ])lus offrir d'embouchures concordantes. Les chutes d'eau et les rapides y seront donc, pendant longtemps, en |)lus grand nombre que dans

un district de même relief, que la glace n'aurait pas autrefois occupé. Tous ces caractères sont particulièrement nets en Nor-

vège.

Dépôts glaciaires. — Les matériaux charriés par le glacier forment des moraines latérales^ constituées surtout de blocs, qui finissent par se verser dans la moraine frontale ou tei^minale^ où ils se mélangent avec la boue et les cailloux rayés de la moraine profonde. Le tout engendre un remblai en forme de demi-cercle, d'autant plus large que l'extrémité du glacier oscille davantage autour de sa position moyenne. Le versant concave de cette digue supporte l'extrémité du glacier, tandis que la partie convexe, équivalent du cône de déjection des torrents, est sillonnée par les eaux provenant delà fonte des glaces. Ces eaux remanient les matériaux de la moraine et les transforment, par l'enlèvement des boues, en un caiUoutis fluvio-gluciaire, de sorte qu'on passe progressivement du chaos de la moraine proprement dite à la stratification partielle des alluvions torrentielles.

Lorsqu'un glacier recule, ses moraines latérales subsistent, et des blocs parfois énormes apparaissent sur les flancs de la gorge mise à nu. Le ruissellement parvient à en entraîner la plus grande» partie; quelques-uns seulement demeurent, protégés par leur position sur des plates-formes qui assurent leur équilibre. L'ancienne paroi finit par perdre son poli ' et ses stries ; puis la végétation l'envahit ; alors l'état de choses primitif ne se révèle plus que par de gros blocs erratiques, surgissant au milieu des bois ou des prairies, et faciles à reconnaître à leur nature, qui trahit presque toujours une origine lointaine.

Dans un glacier dont le recul a été saccadé, chaque arrôt donne lieu à la construction d'une moraine terminale, qui fait dans la >'allée un barrage plus ou moins continu ; si complètement que cette tjigue puisse avoir été conquise par la végétation ou la culture, îl est toujours aisé de la reconnaître à sa surface inégale, à ses ïormes mamelonnées et indécises, comme à l'enchevêtrement confus de ses matériaux.

Amphithéâtres morainiques. — Le long stationnement de l'extrémité libre des glaciers alpins, lors de leur dernière grande extension, a eu pour conséquence le dépôt d'une moraine frontale considérable. En arrière de cette digue, qui formait comme nous l'avons dit un arc convexe vers l'aval, le glacier employait une partie de sa force vive à aflbuiller son lit. La retraite des glaces s'étant opérée rapidement et sans phases d'arrêt sérieux, il n'est

resté, en amont de la moraine finale, que des accumulations de peu d'importance, facilement enlevées ou modelées plus tard par les eaux courantes.

L'ancienne dépression glaciaire a donc subsisté en arrière de la digue, devenue un amphithéâtre morainique, et son fond s'est le plus souvent converti en un lac (fig. 91). Telle est, selon M. du

Ancienne moraine frontale Déprea

Fig. 91. — Prolil eu long d'une vallëo suisse à la traversée d'un amphitlicâtro morainiquo

(d'après M. du Pasquier).

Pasquier*, Torigine des lacs de Sempach et d'Hallwyl. D'autres lacs, comme celui de Zurich, résultent de la combinaison d'un affaissement tectonique avec un barrage morainique. La même accumulation de produits glaciaires s'est faite devant les lacs tectoniques de Garde, de Cume, etc., contribuant à relever considérablement leur niveau. Enfin le lac de Constance subirait un abaissement notable, si le Rhin pouvait retrouver son ancien chenal préglaciaire du Klettgau, aujourd'hui obstrué par les moraines de la grande extension.

L'un des amphithéâtres morainiques les plus remarquables est celui d'ivrée. Le lac d'arrière a presque entièrement disparu, ou <lu moins il n'en subsiste qu'un lambeau (lac de Viverone) ; mais deux puissants remparts de moraines, prenant leur origine à 900 mètres d'altitude, au débouché de l'étroite vallée de la Dora Baltea, s'écartent l'un de l'autre sous un angle de près de 90 degrés, tout en s'abaissant progressivement jusqu'à 500 mètres, et sont ensuite reliés par un arc de môme nature, que coupe la Doire *. Cette immense circonvallation entoure une plaine de 230 mètres d'altitude moyenne, où se remarquent, avec le lac déjà mentionné, des roches nettement moutonnées. La croupe de la Serra, longue de 20 kilomètres, est le trait le plus saillant de ce rempart glaciaire.

Lac de Constance. — Le lac de Constance est un remarquable exemple des dépressions nées en arrière d'une moraine terminale. Ce lac est un legs de la dernière extension des glaces en Suisse '. Lors de cette extension, la glace, occupant toute la dépression

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