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Mater, pour la carte géologique suisse

2. Penck, Brûckner et du Pasquier, le Système glaciaire des Alpes^ 1894. .3. Siéger in Petermann's Milteilungen^ 1894, II.

lelle, s'épanouissait en éventail à Touest, semant ses moraines devant de cet épanouissement. Quand elle commença son moulent de retraite, les eaux arrêtées par les moraines formèrent X lacs indépendants : Tun, sur l'emplacement de la branche eberlingen, à 4S ou 80 mètres au-dessus de son niveau d'aurd'hui; l'autre sur FUntersee, à 30 mètres seulement au-dessus ce niveau, cette branche trouvant un écoulement du côté de in.

iCS progrès de la retraite amenèrent la réunion des deux lacs un seul, abaissé au niveau de TUntersee primitif. Ce lac se progea en amont, engendrant le lac supérieur actuel. Mais l'érosion la gorge de Stiegen fît descendre peu à peu le niveau de la •pe, comme en témoignent les terrasses étagées sur ses bords : X surtout, situées respectivement à 23 et 18 mètres de hauteur, îstent qu'il y a eu deux pauses principales durant ce mouvement lescente.

jecs glaciaires divers. — Quand un glacier recule, il arrive îlquefois que la digue morainique latérale, abandonnée par lui, ; assez forte pour former, en travers des vallées affluentes, un rage étanche, en arrière duquel un lac s'établit. Ces lacs de rages morainiques doivent donc être ajoutés à ceux des amphiitres terminaux dont il a déjà été question. Sur le versant itai des Alpes, les lacs de cette espèce, toujours peu profonds, ont t surface comprise entre 30 et 300 hectares. Plusieurs occupent vallées que le cours d'eau a depuis lors abandonnées; ainsi le CavazzOj situé sur l'ancien parcours du Tagliamento, le lac i Croce e Morto, dans une vallée délaissée par l'Adige *, etc. Infin une troisième catégorie comprend les lacs de gluciers, qui orment dans les hautes vallées adjacentes, pendant que la glace -même fait barrage. Ces lacs sont très dangereux, parce que •s eaux réussissent souvent à s'ouvrir un passage sous la glace, I en résulte des débâcles qui peuvent occasionner de grands istres en jonchant une vallée de boue et de blocs. fuand un lac se forme à la faveur d'un haut barrage glaciaire I ne peut dépasser, son niveau s'élève jus(iu'à ce qu'il trouve léversoir sur le côté, par un col de ses versants. A ce moment, .urface est fixée et stationne longtemps à la même altitude; •s les affluents torrentiels construisent des terrasses qui aidet plus tard à deviner l'existence du lac disparu. Ces terrasses

Marinelii, BolL soc, geogr. ital., 189i.

sont fréquentes en Scandinavie, où la concordance de leur altitude ave(! celle d'un col voisin permet de reconnaître leur véritable nature.

Le District des Lacs, en Angleterre, abonde en petites cavités lacustres, dites tarns, et que Ton a regardées souvent comme des excavations creusées en pleine roche par la glace elle-même. Mais d'après les coupes données par M. Marr, un grand nombre de ces tarns sont de sim|)les lacs de barrages morainiques, dont l'émissaire, n'ayant }»as retrouvé l'ancien thalweg, bloqué par la moraine ou par des avalanches, s'est créé une issue latérale dans la roche vive. De la sorte, le cours d'eau qui draine ces petits lacs n'a pas le même tracé que le thalweg obstrué de la vallée primitive, dans lequel il Unit par venir déboucher. De telles cuvettes, toujours peu profondes, ne peuvent avoir qu'une existence éphémère, et il en est un grand nombre qui sont aujourd'hui transformées en tourbières. Changements de lit des fleuves. Seuils post- glaciaires. — Les glaciers suisses, au moment de leur grande extension, ont accumulé sur leur périphérie des amas morainiques considérables, qui ont beaucoup modifié la topographie de cette région. Plus d'un fleuve a trouvé son lit ainsi barré, après le départ des glaces, et a dû s'ouvrir un nouveau chemin. Quelquefois, en approfondissant sa vallée à travers les moraines et les cailloutis, il a réussi à retrouver l'ancien chenal. Mais il est d'autres circonstances où, an cours de l'approfondissement, il a rencontré sous les alluvions la roche en place et a dû la creuser. S'il s'y trouvait des massifs durs, des seuils en seront résultés, avec des rapides. De ce nombre est, selon M. du l^asquier *, le rapide que forme Je Rhône à Vernier, à 7 kilomètres en aval <lu lac de Genève. Cette explication paraît très plausible, si l'on réfléchit cpi'avant la dernière extension des glaces, Jes vallées alpines étaient creusées au moins jusqu'à leur profondeur actuelle. Si donc aujourd'hui des seuils se rencontrent près du débouché des lacs, c'est (pi'il y a eu déplacement du cours d'eau, qui n'a pas encore disposé d'un temps suffisant pour achever le nouveau creusement, là où il avait autre chose que des matériaux meubles àafTbuiller.

Ce déplacement est évident pour le Rhin, qui, avant de se diriger vers Schallbuse, passait autrefois par ce qui forme aujourd'hui la vallé(^ sèche du Klettgau. Lue fois cette vallée obstruée par les moraines, le fleuve, après le départ des glaces, a cherché un chemin

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