Martel, op, cit
La plupart des dolines ordinaires ont un diamètre moyen de 50 mètres, avec 7 ou 8 mètres de profondeur. Mais, en dehors de celles que nous avons mentionnées sur le parcours de la Rèka, il s'en trouve de beaucoup plus considérables.
IiacB temporaires. — Bien souvent plusieurs dolines s'alipnent à la suite les unes des autres, dessinant une vallée sèche au fond inégal, qui trahit dans la profondeur Texistence d'un cours d'eau caché. Du reste, en temps de crues, il n'est pas rare de voir l'eau souterraine se manifester au jour, en remplissant plus ou moins, de bas en haut, les entonnoirs qu'elle transforme en lacs temporaires. On peut s'assurer, comme l'a fait M. Martel, que la communication des creux avec le fleuve souterrain s'opère par un naseau de fissures ou suçoirs. D'ailleurs, il n'est pas nécessaire que leau vienne du fond. Quand les pluies sont très abondantes, les suçoirs, qui en temps ordinaire les conduiraient au cours d'eau inférieur, deviennent impuissants à en absorber le produit; et des lacs temporaires peuvent alors se former, dont le niveau s'élève jusqu'à ce qu'ils trouvent, sur les bords de l'entonnoir qui les contient, quelques fentes ou gouffres propres à leur servir de déver- Sioirs.
Le lac de Zirknitz se forme de cette façon. Il couvre, suivant les o^s, de 2000 à 5600 hectares; on l'a vu s'emplir en 3 jours et ■Tiettre ensuite 3 semaines à se vider. La doline lacustre de Karloutza, en Carniolo, peut alimenter, suivant la hauteur des eaux, ^leux étages aquifères superposés. Quand les suçoirs fonctionnent, le fond du lac devient une plaine fertile, aux riches cultures entretenues par les pluies abondantes de l'équinoxe *.
Les mêmes circonstances se reproduisent dans le haut massif ^•alcaire de l'Épire, où les rivières sujettes à éclipses, les lacs à ^Irainage souterrain, rappellent les paysages du Karst et de rHei^zéyovine. Il en est de môme en Grèce, dans les îles Ioniennes et l'île de Crète, toujours en raison de la prédominance des calcaires. Quand les gouflres ou catavothres s'encombrent d'alluvions, l'écoulement des eaux peut devenir difficile, et il se crée des marécages qui répandent des miasmes malsains. L'art des ingénieurs en peut triompher en déblayant les orifices ou en faisant sauter certains obstacles souterrains.
Le lac de Janina, en Epire, ne possède, au moment de l'étiage, qu'un seul émissaire fourni par un goulTre. En hautes eaux, quatre