‹ Lec̦ons de géographie physiqueChapitre 82 sur 216 · I. Pilar in Supan, Kirchhoff^s Lânderkunde, 1 (2), p · texte numérisé non relu

I. Pilar in Supan, Kirchhoff^s Lânderkunde, 1 (2), p

réunies au même degré; que de plus le terrain accessible à leur influence s'y présente avec une ampleur exceptionnelle, le Karst a justement mérité de devenir le type d'un ensemble de particularités géographiques, dont tous les affleurements calcaires reproduisent au moins quelques traits.

Territoires divers d'érosion souterraine. — Les cavités en entonnoir sont fréquentes à la surface des aflleurements de gypse et de sel gemme, où elles résultent évidemment de Tenlèvement, par les eaux, des parties solubles du terrain. Parfois c'est Tinversé, et la transformation de Tanhydrite en gypse ou sulfate de chaux hydraté a pour conséquence un gonflement qui disloque les assises superposées. Mais il est aussi des cas où ces intumescences gypseuses viennent à crever au centre, engendrant ce que, dans le Mansfeld, on appelle des trous de nains.

Les calcaires du Jura sont fréquemment sillonnés de creux semblables à ceux du Karst. Mais, à côté de ces entonnoirs proprement dits, il y a aussi, sur les affleurements calcaires, des bassins fermés qui tiennent à une cause un peu difîé rente. Le type en •*xiste dans la forêt de Ghailluz, près de Besançon. Cette forêt correspond * à un pli synclinal, dont la surface est formée par les calcaires de la grande oolithe. On voit s*y succéder une série de dépressions ou bétoires, dont une a 2 kilomètres de long sur 400 à oOO mètres de largeur, avec 20 ou 2S mètres de profondeur au [>lus. De nombreux trous circulaires s'y observent. 11 est clair que i^s eaux, appelées par la pente du synclinal, ont filtré à travers le ^i^alcaire. Arrêtées à sa base par une couche argileuse, elles ont, tant Jp^ar entraînement de celle-ci que par dissolution de Toolithe, réussi ^t se frayer un lit caché, grâce au niveau <le base très inférieur qui l^s sollicitait, et les elTondrements du calcaire, privé de support, ^-^nt causé les irrégularités de la surface. MM. de la Noë et de Mar- JEiC'erie ont fait remarquer que ces elTondrements étaient postérieurs a M ^érosion qui a fait disparaître de la contrée les couches supérieures Toolithe. Il s'agit donc là d'un fait d'érosion souterraine, facilité ar une influence tectonique. On doit encore citer le bassin fermé «Je Sancev, au sud de la chaîne du Lomont. De tels afîaissements ^leuvent se produire ou s'accentuer de nos jours, et donner lieu à ^les tremblements de terre locaux.

InfQtrations dans les districts volcaniques. — Il est un mode ^e circulation souterraine dont il est nécessaire de dire un mot, à

\. Les Formes du terrain, p. 157.

causo (le rapplication qui s'en trouve faite, en ])articulier, dans certaines réfj^ions de i'Américiue du Nord.

C'est ainsi que, dans la partie méridionale dos plateaux du Colorado, Faction volcanique a été très intense durant la lîn des temps tertiaires, édifiant de grands volcans, et faisant naître des accumulations étendues de laves, de cendres et de débris. Bien que, sur ce plateau, il tombe annuellement plus de 50 centimètres de pluie, la surface n'en profite i)as, toute Teau trouvant à s'infiltrer de suite, grâce à la porosité des matériaux volcaniques. L'eau ainsi infiltrée parvient à retrouver les anciens lits fluviaux qui existaient avant la [lério^le des éruptions. Souvent, ces cours d'eau souterrains font naître sur leur cours des cavernes importantes, et (fuand le toit de ces dernières s'écroule, il en résulte à la surface des cavités d'effondrement *.

La même chose a lieu autour du Mont Shasta, où de nombreux cônes de cendres absorbent les eaux, qui reparaissent beaucoup plus bas en donnant naissance à des sources puissantes.

Dans le Nevada, les fentes qui limitent les blocs, entre lesquels le pays s'est trouvé divisé lors de son écroulement, facilitent la perte des eaux, qui reparaissent à de très grandes distances, ayant parfois gagné, dans ce parcours souterrain, une assez haute température, qui les rend capables de dissoudre une forte quantité de substances sur leur passage. Ces dernières se traduisent par des incrustations salines quand les eaux s'évaporent '. Plus d'un point, dans le Nevada, serait inhabitable en été, sans ces sources dont l'origine première est si lointaine qu'il est impossible de l'indiquer.

Caractères généraux du modelé par les influences éoliennes. — La caractéristique commune des divers genres de modelé que nous avons considérés jusqu'ici est que le travail à accomplir y est toujours nettement déterminé, du moins tant que la marche nor-

i. Powell, National géographie Monographa^ I, p. 94. 2. Russell, National géographie Monographs, 1, p. 10 L

maie du cycle ne subit aucune [>crturbation de la part des actions internes. Ce travail peut être, dans certains cas, plus ou inoins g^né ou retardé ; mais il n'y a pas de doute sur le résultat final ; car, pour les eaux souterraines comme pour les placiers et les eaux courantes, c'est toujours un niveau de base invariable qui préside à la régularisation des contours du terrain.

11 en est tout autrement lorsque les circonstances laissent prédominer Faction du vent, c'est-à-dire les influences éoliennes. Dans ce cas, la mobilité des particules devient, à la vérité, plus grande c|ue jamais; seulement, au lieu de tomber sous Tempire d'un mode do transport qui agisse toujours dans le sens de la })esanteur, ces pa.rticules deviennent le jouet d'une puissance capricieuse, assez forte pour triompher souvent <lu pouvoir de la gravité. De plus, nous verrons que, dans la plupart des cas, il n'existe pas de point d^ appui fixe, auquel puisse se rattacher l'elTort de façonnement de la. surface. Au lieu de se concentrer sur un réseau bien déterminé d^ canaux, entre lesquels subsiste une véritable hiérarchie, l'éroon, ou pour mieux dire la dégradation, s'accomplit partout à la s; mais elle est accompagnée d'un transport de matériaux, par '^^uel le travail d'un jour peut défaire celui <le la veille. En oulre c^s matériaux, quand ils viennent se jeter en travers du chemin ^^icles eaux courantes essayaient de se créer, rendent encore j)lus ii^^fficace une action <léjà fort amoindrie. Pour toutes ces causes, il m'y a pas de cycle défmi, et le modelé demeure essentiellement

Conditioiis d'exercice de Taction du vent. — La condition pour «ivic les actions éoliennes puissent être préjiondérantes est que le *ol ne soit pas protégé par la végétation, qui lixe le terrain par ses ^^cines, en môme temps qu'elle concentre autour d'elb»s une humidité capable de donner <le la cohésion même aux sols les plus Wieubles. Or avant tout la végétation a besoin d'eau. C'est donc 'î quantité de pluie reçue en duujue lieu qui limite l'exercice de 1 wtion éolienne. L'ex|)érience enseigne <|ue cette action devient tien caractérisée quand la moyenne annuelle de pluie descen<l audessous de 20 à 23 centimètres. Si celte circonstance est réalisée, et que de plus la tem|)ératur(î moyenne soit assez élevée pour que l'insolation devienne active, la contrée se transforme inévitablement en un désert,

11 y a cependant des cas où rintluence désertique peut se manifester avec une moyenne aimuelh* de pluie très supérieure au minimum indiqué. C'est quand le terrain est assez perméable et en

même temps assez haut placé pour appeler de suite, à un niveau très inférieur, Teau qui avait pu tomber à la surface. Ainsi se comportent certains territoires couverts de laves poreuses et de nappes de cendres volcaniques, comme aussi quelques régions de calcaire compact, où Tinfiltration absorbe immédiatement la pluie qui tombe. C'est de cette façon que plusieurs parties du Karst illyrien, où d'ailleurs la température atteint parfois SO® àTombre, sont devenues des déserts de pierres (ce que rappelle le nom même de la contrée). Toutefois ce mode de développement de Faction éolienne est relativement exceptionnel ; et de plus il est très souvent imputable à l'intervention de l'homme, qui a maladroitement déboisé des plateaux où une végétation forestière un peu maigre^ mais suffisante, avait réussi à s'établir. Aussi ne nous occuperonsnous ici que des pays, infiniment plus nombreux, où le régime désertique est manifestement dû à l'insuffisance des pluies.

Effets de rinsolation. — Dans les pays dépourvus de végétation, l'agent par excellence de la désagrégation des éléments de la surface est Vinsolation, La pureté de l'air, exempt de vapeur d'eau, occasionne un ravonnement intense; aussi le froid est-il très vif |)endant la nuit. Dès que le soleil apparaît et frappe le terrain de ses rayons, il en résulte une dilatation brusque, capable, comme on l'observe souvent au Texas, de faire éclater de gros blocs de rochers.

Tous les déserts se font ainsi remarquer par leurs écarts de température. Le Gobi, qui par ses froids appartient à la Sibérie, ressemble aux Indes par ses chaleurs *. Un intervalle d'une demijournée suffit pour que le thermomètre subisse une variation de 40 degrés centigrades. L'écart est encore plus grand au Sahara, i)ù de 60 à 70 degrés qu'il marquait à la lumière du soleil, le thermomètre peut s'abaisser pendant la nuit à 2 ou 3 degrés au-dessous de zéro.

On comprend Teflet que d'aussi brusques différences de température peuvent produire sur des terrains que rien ne protège. La désagrégation se manifeste d'une façon particulièrement intense avec les roches granitiques et, en général, avec toutes celles qui^ étant pourvues d'un grain appréciable, sont en même temps constituées [)ar une association de minéraux aux couleurs contrastantes; car les grains juxtaposés subissent une insolation tout à fait inégale *. On le voit bien au Sinaï, où le granité a si coniplè-

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