Voir plus haut, p. GL
coup d'œil sur la figure *] de la planche jointe à Touvrage suffit a le montrer, combien est grande, d'une façon générale, la concordance entre les régions de climat désertique et les territoires privés d'écoulement vers la mer. Il suffit de nommer le Sahara, TArabie, la Perse, la dépression aralo-caspienne, le désert de Gobi, rintérieur de TAustralie, le bassin du Grand Lac Salé, celui de la Cordillère bolivienne, pour faire apprécier Timportance de cette coïncidence. Nous rappellerons aussi que, loin d'être fortuite, elle s'impose, en quelque sorte, d'une façon générale : puisqu'une dépression ne peut recevoir les courants d'air qu'après que ceux-ci ont franchi les hauteurs qui enferment le bassin, perdant par ce travail la plus grande partie de leur humidité.
D'autre part, en traitant des influences tectoniques passives *, nous n'avons pas manqué de faire ressortir combien la condition d'une dépression est peu favorable à l'accomplissement régulier du travail des eaux courantes, à cause de l'incertitude du niveau de base et de l'indécision originelle d'une surface, où l'évaporation lutte avec avantage contre la constitution de grands réservoirs intérieurs.
Tout se réunit donc pour condamner les territoires désertiques du globe à ne posséder qu'une topographie plus ou moins confuse. Cela est manifeste partout, notamment au Gobi, ainsi que dans le (irand Bassin des Etats-Unis, où Ton compte actuellement une centaine de cuvettes indépendantes. Chacune de ces cavités a possédé ou possède encore un lac, le plus souvent réduit à une ))latja, c'est-à-dire à une nappe saline, que les variations du clima( humectent ou dessèchent, augmentent ou diminuent '.
Nous remarquerons en outre que l'action éolienne tend nécessairement à prévaloir autour des fonds de mer en voie de dessiccation; car le sel qui les imprègne les rend moins propres que d'autres à la végétation, et alors rien ne les protège contre le soleil et le vent. C'est ainsi que le Gobi abonde en creux remplis d'eau saline ou tapissés d'efflorescences, reposant sur un sol de graviers rougeâtres, à cailloux quartzeux.
Destinée des déserts. — Ainsi que nous l'avons précédemment exposé ', la condition d'un désert tend toujours à s'aura ver, puisque l'évaporation, certainement supérieure à l'alimentation en pluie, s'opère aux dépens des réserves d'eau existantes. Le défaut de modelé des pays désertiques doit donc s'accentuer avec le temps.