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Il n'y aura d'exception que si le territoire considéré traverse momentanénuent une période de grande humidité. C'est ainsi que Je i>as8ia du Lac Salé de TUtali, qui a pu bénéflcier du régime des ^rrandes pluies pleistocènes, a vu s'accomplir à sa surface d'importrants travaux de comblement. Seulement, à partir du jour où le lâc Bonneville, prédécesseur du Lac Salé, a cessé de posséder un déversoir, tous les produits de ce comblement sont demeurés sur place. De là vient Taspect tout spécial du pays, où les restes des anciennes chaînes de hauteurs émei^ent du sein de grandes plaines, constituées par Taccumulation sur place des matériaux provenant de leur dégradation, et où l'action éolienne s'exerce ;9. mijourd'hui grâce à l'assèchement du climat.
En disant que, dans une région donnée, les conditions désertm4{ues tendent d'elles-mêmes à s'aggraver, nous ne prétendons pas 4fmjecette extension puisse être indéfinie. EnefTet un pays où Tinso- Ismtion règne .sans fiartage devient forcément le siège d'une aspiration d'air qui fait naître un minimum barométrique, et provoque l*<affluxdes vents destinés à rétablir Téquitibre. Parmi ces derniers ■' y en a qui apportent de la vapeur, et ainsi peut se produire un «conflit qui limite l'invasion de la sécheresse vers la mer.
Aégions de steppes. — Le long des régions où règne le climat «^sertique s'étendent en général des steppes, c'est-à-dire des territoires plats, occupés par de hautes herbes qui peuvent mourir *« tirant la saison chaude, pour renaître avec le retour de l'humidité, ■■^suffisante pour nourrir une végétation forestière, la quantité •i «au qui tombe j>ermet cependant au sol de ne pas rester à décou- ^"^rt, ce qui supprime l'action éolienne. La plupart de ces terri- ■^îres mixtes voient se succéder des étés très chauds et des hivers ^■^oîfla^ des journées de grande chaleur et «les nuits très fraîches.
Sur la lisière du Sahara, au nord du Bornou, s'étend le long du
^■^sert la steppe herbeuse qui, par l'intermédiaire des bouquets de
'^^■iHosées, passe progressivement aux régions de forêts et de cul-
• tires entretenues [>ar les pluies éciuatoriales. De même, les
^■^menses steppes des Kii^hizes marquent le bord septentrional de
*^ dépression aralo-caspienne, au fond occupé par les déserts du
*tirkestan. I^ Mongolie, que les Chinois appellent Tsaoti ou
* terre des Herbes », est aussi une steppe gigantesque, préparant
*^ transition dii désert de (iobi aux forêts de la Sibérie niéri-
*Uonale.
On comprend ainsi que la plupart des steppes soient localisées ^^^ le borfl des dépressions privées d'écoulement maritime, ou
flans rintérienr des bassins déprimés (|ui n'ont trouvé que tardivement une issue.
La Pampa de la Répuldique Argentine, si abondante en lagunes salines, est une steppe où l'bumidité suflit pour permettre, par endroits, le développement de bois maigres, au feuillage fin. Ces bois sont de même essence que ceux qui arrivent à prédominer sur la contrée voisine, mieux arrosée, du Grand ChacoK
C*est encore parmi les steppes qu'il convient de ranger le bassin hongrois, que le Danube et la Tbeiss arrosent avant d'avoir forcé le défilé des Balkans. Les lacs Balaton et de Neusiedl, restes de la nappe lacustre qui a longtemps occupé cette dépression, n'ont pas toujours d'écoulement naturel ; et le remarquable parallélisme des petits cours d'eau atteste une influence directrice. Selon les uns, cette influence devrait être cherchée dans le brusque appel qui s'est produit vers le sud-est, quand le lac hongrois s'est vidé par l'ouverture des Portes de Fer. Selon d'autres, notamment M. Penck*, cet alignement aurait été commandé par de nombreuses petites collines, encore bien visibles dans la région si plate qui .s'étend à l'ouest de la Theiss. Ces collines sont d'anciennes dunes, édifiées lors de la mise à sec du fond du lac, avant que les herbes eussent réussi à s'y installer. Aujourd'hui encore, dans la partie méridionale du bassin, il y a conflit entre raction éolienne et la végétation qui cherche à s'emparer du sol.
Ce qui est certain, c'est que VAlfôld ou pays plat de la Hongrie, aussi nommé Xtipuzla^ offre tous les caractères d'une steppe ou d'une savane. Seulement, ici comme pour beaucoup de savanes américaines, l'intervention de l'homme a exagéré ce que le climat seul aurait produit; et c'est surtout par la destruction inconsidérée des forêts que ces pays sont devenus des steppes : que l'homme ait abattu les arbres pour s'en servir ou qu'à l'exemple des Indiens, il ait incendié les bois en mettant le feu aux herbes. La civilisation atténue cet efiet; et c'est ainsi qu'en Amérique, nombre de plaines herbeuses ont pu se repeupler d'arbres depuis l'arrivée des Européens. De même, la culture et les plantations font chaque jour de nouveaux progrès dans les plaines de la Pannonie.
Pour être moins indécis que dans les déserts, le modelé du sol reste toujours assez imparfait sur les steppes, où le défaut de pente s'ajoute à l'insuffisance des eaux courantes.