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Annales de Géof/raphie, IV* annéo (1895). p

limite cette plate-forme (fig. 103) comme celle qui exprime le mieux le contour aujourd'hui submergé de l'ancien continent. AlorSi ai 'ifiu du tracé presque rectiligne de la côte du Cotentin, tracé qui ne paraît offrir aucun rapport avec la structure habituelle du massif armoricain, on voit les écueils et les ilos se souder ensemble pour former des promonloires, entre lesquels se creusent des golfes, rattachés à des échancrures à peine discernables de la falaise actuelle, et le tout accuse, suivant re.\|)rcssi(in de M. Vidal de la Blache, « un air de parenté avec la Bretagne ».

ss-

Ce même critérium peut être appliqué, selon les cas, pour des

j,*~ «fondeurs très dillérentes. Mais quand il faut aller chercher

^^Ilure régulière des courbes successives par beaucoup plus de

^^ mètres de fond, cela signifie qu'il a dû y avoir un changemenl

^^tts le niveau de la mer; car l'érosion normale descend rarement

t^l-us bas.

Vallées BObmergéeB. Sillons de tïacture. — D'après re qui vient

*^ ^rpendiculairement à une côte, des sillons d'une profondeur ^* valablement supérieure à 20 mètres. Des courants rafiides peu- ~^nt opérer un creusement jusqu'à 100 mètres; mais alors ils ^^ssenl parallèlement à la côf^. Toutes les fois donc qu'on rencontrera, sur un rivage, des échancrures <lépassant la proportion **ldiquée, et se prolongeant en mer sous la forme de sillons immeif^^, on peut affirmer qu'il s'agit dn vallées, autrefois creusées à

Tair libre par les eaux courantes, et depuis lors submergées par suite d'un déplacement j)Ositif du niveau de base. Ce phénomène est fréquent sur la côte septentrionale <le la Bretagne. Ainsi la rivière de Portrieux se poursuit au large, sous la forme d'un sillon de 9 kilomètres de long, dont les parois sont de rocher, et dont le fond est recouvert j)ar 35 mètres d'eau.

Les types de rivières submergées sont nombreux, et méritent d'être analysés suivant les conditions probables de leur genèse. Nous allons passer en revue les principaux. Mais auparavant nous tenons à signaler une distinction qui s'impose. Pour qu'on ait affaire à une vallée submergée, il ne suffît pas qu'un sillon défini se prolonge* sous la mer, et que l'allure des courbes sousmarines trahisse une sorte de thalweg. C'est ainsi ([ue l'estuaire du Congo se prolonge en mer sur une grande distance. A l'embouchure même, le creux produit a 609 mètres de profondeur et 5500 mètres de largeur. A 65 kilomètres de la côte, point où cesse l'échancrure et où commence la brusque déclivité de l'Atlantique, le creux a 1047 mètres de profondeur pour li kilomètres de largeur ». Or si l'on songe qu'à iO kilomètres en amont de l'embouchure, le fleuve du (]ongo a déjà 275 mètres de profondeur, et qu'au Stanley-Pool on en compte au moins deux fois autant; si de plus on réfléchit qu'au lieu de signes de submersion, le continent africain offre au contraire des indices d'émersion, il paraîtra évident que le sillon sous-marin du Congo n'est pas un estuaire envahi par la mer, mais bien le résultat d'une grande dislocation, par laquelle le bassin intérieur a trouvé un écoulement maritime.

Cette réserve* posée, nous revenons à l'étude des structures auxquelles l'explication qui vient d'être donnée ne convient pas.

Rias. — Il est des côtes relativement escarpées qui offrent un genre particulier d'échancrures, dont le type se trouve en Espagne, sur le littoral de la Galice, où on les connaît sous le nom de rias, que M. de Uichthofen a introduit dans la terminologie géographique.

Ce sont des baies entaillées dans la terre ferme sur 10 à 20 kilomètres, au plus sur 50, qui ne se ramifient pas sensiblement dans les terres, et <lont la largeur ainsi que la profondeur vont en augmentant régulièrement dans la direction de la pleine mer, de sorte que la forme générale», en plan, est celle d'un coin. La profondeur à l'entrée est rarement de plus de 100 mètres, ordinaire-

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