I. Buchanan, Scott, oeog. Mag,, IH, 1887, p
ment voisine de 40 à 60, et le thalweg se prolonge un [)eu sous la
^^ I mer avec une très faible inclinaison (3 à 6 minutes de degré). Les
baies de Vigo, de la Corogne, du Ferrol, en sont les meilleurs
e.Yemples. De petits cours d'eau débouchent au fond de ces
iaies, où la plage prolonge exactement le sol alluvial. Mais la
puissance de ces rivières est tout à fait hors de proportion avec
/'importance de ces sortes d'estuaires et surtout avec la profon-
dour qu'ils affectent. On échappe donc difficilement à Tidée que ce
(/oivent être d'anciennes vallées torrentielles et courtes, partielle-
nierit submergées par suite d'un déplacement positif du niveau de
fcasc. C'est surtout sur les côtes granitiques, comme celles de la
Bnot-agne, que ces découpures abondent, et on peut l'attribuer à ce
^^G l'inégalité de résistance des différentes veines du granité et
nés roches associées est propre à y faire naître des sillons d'éro-
sioïi plus nombreux et mieux accusés (jue dans d'autres terrains durs.
L^s rias exigeant l'existence préalable d'une vallée, ce genre
"^ formes se développe mal sur les côtes dont la direction est
P^i^5i.llèle à celle des terrains redressés. En revanche, les siUons se
^^^^a^senl aisément quand les plis sont tranchés à aiigh» <h*oit par
■^ littoral. C'est la raison pour laquelle les rias abondent sur la
^^*-^ de Galice, tandis qu'on n'en voit pas à l'est du cap de Penas.
-^î^CDtons aussi que les véritables rias s'observent seulement dans
'^^ ïTiers à marées notables : ce qui prouve que l'invasion répétée
^^^ flot montant, si elle ne crée pas ces sillons, contribue du moins
* i^^ maintenir ouverts.
ïl convient de rapprocher des rias, comme accusant aussi un
"^^^Vï^Tement positif du niveau de base, deux autres modes d'échan-
^*"'^->'**^ des côtes, que M. Penck décrit sous les noms de ralns et
^ ^<iherm *. Les ca/as des îles Baléares forment de petites ans(»s
"^^^^ rapprochées, pénétrant seulement d'un kilomètre environ
*^^*^^ une terre de relief notable, et profondes au plus de 20 mètn^s.
^^ Jieut être l'effet de la submersion partielle d'un versant [»ar-
^-^^^^Kru seulement par des ravins torrentiels; les svhenn de la mer
^-^^^ge sont des échancrures plus étroites, [)lus espacées, qui pénè-
^■^t perpendiculairement à la côte dans le plateau de l'Arabie, où
^^^ sont brusquement tronquées à Tainont. Là aussi il y aurait
, ^^iibmersion de vallées, mais au bord d'un plateau peu modelé,
'^'^ use de la grande sécheresse du climat.
* 'Siorpàologie, \\, p. 568.
Fjords. — Si les rias paraissent accuser une submersion, le fait est encore plus incontestable pour les fjords. Ce sont des échancrures étroites, aux flancs escarpés, s'avançant dans les terres jusqu'à plus de 100 kilomètres, et s'y ramifiant de mille manières. D'un fjord à l'autre s'étendent des dépressions transversales qui font naître des cols dans la crête séparative. La submersion des moins élevés de ces cols {eiden de Norvège) engendre les détroits par lesquels deux fjords voisins peuvent communiquer, et qui isolent des îles du continent, en créant des lignes intérieures de navigation, bien connues en Norvège ainsi qu'en Patagonie.
La profondeur des fjords est souvent considérable, dépassant parfois 200 et même 300 mètres. 11 y en a qui, pour un petit nombre de kilomètres de largeur, ont jusqu'à iOOO mètres d'eau sur leur fond. La sonde accuse i244 mètres à l'entrée du Sogne fjord, et descend jusqu'à 550 mètres dans le Hardangerf jord.
Du reste, le fond est. d'ordinaire très loin de plonger d'une façon régulière, et plusieurs fjords sont sensiblement plus profonds en leur milieu qu'au débouché sous la mer. Tous d'ailleurs se prolongent au large par des vallées sous-marines, tandis qu'en amont les vallées qui s'y déversent abondent en lacs échelonnés. Ce ne sont donc pas seulement des vallées submergées. Parmi les seuils sous-marins qui les séparent en cuvettes distinctes, les uns sont des accumulations morainiques, attestant la présence d'anciens glaciers : d'autres sont rocheux et font penser aux etTondrements qui ont fait naître les lacs de la bordure alpine *; supposition d'autant plus admissible pour les fjords de Norv^ège, ((u'ils accidentent le revers escarpé d'un haut massif montagneux, et qu'une fosse sous-marine, profonde et étroite, sépare le bord de la montagne du fond plat de la mer du Nord. De plus, cette mer n'a généralement pas de fonds supérieurs à 200 mètres, alors que, dans certains fjords qui y débouchent, on a mesuré jusqu'à 1342 mètres. De même, les lochs d'Ecosse et d'Irlande, dont les profondeurs vont à 140 et 180 mètres, (hibouchent dans une zone littorale oii il n'y a que de 50 à 80 mètres d'eau *. Ainsi Tinfluence tectonique a dû se combiner avec le mouvement de submersion pour engendrer ces échancrures, en formant de véritables ombilics. Mais les glaciers, qui certainement les ont toutes occupées, ont aussi joué un rôle important dans leur conservation, d'abord en éliminant tous les matériaux meubles qui en auraient plus