EN TERRE
existe entre lavant -dernière et la dernière, il n'y a pas d'élévation sensible : sur chacune il y a un petit tilleul. Les angles des tombes sont un peu adoucis; c'est là la seule dégradation sensible qu'on y puisse remarquer. Il peut se faire aussi que Félévation de deux mètres qu'on remarque entre les tombes les plus rapprochées soit due en partie à la terre tombée de leurs flancs; mais la chose n'est pas évidente.
La voie romaine, dont on voit une coupe près v d'un petit ravin vers lequel elle descendait un peu, rir.Mntluué». est construite très-artistement. On y observe quatre assises successives : la première, épaisse de Oj^'ôo, est formée de limon remanié; la seconde, de silex, de quartz blanc, de sable et de chaux : c'est la maçonnerie dont les Romains composaient ordinairement la surface de leurs routes; au-dessous il y a des silex, du quartz blanc et du sable, qui ne sont pas maçonnés ; enfin , au-dessous du tout il y a un dernier lit formé seulement de silex.
L'exacte conservation de cette voie romaine et d'une foule d'autres qui sont dans le même cas, n'a rien qui doive maintenant nous surprendre; car, si la pente inclinée' des tombes s'est conservée, à fortiori la surface de la terre horizontale et tout ce qui s'y trouvait encastré.
Je ne vous cite en détail que deux exemples. On peut en ajouter par centaines, qui conduisent presque exactement au même résultat. On a signalé dans toutes les parties de l'Europe des tumulus qui re« montent à 1200 ou 1800 ans.
En Suède, à quelque distance d'Upsal, on voit
Tiimulus cités en Suède.
encore un tertre quon appelle le tombeau d'Ollarj mort dans le 5.® siècle de Fère chrétienne. En Westmanie on voit également un tertre considérable, nommé tombeau d'Ânud. Anud périt dans le 7.* siècle de notre ère par Teffet dune avalanche.* Tumuim D'après M. Boue «un des genres de monuments T^quie"* les plus fréquents en Turquie sont les tumulus, ou petites buttes coniques de terre (eh turc tefé), dont la hauteur varie de 5 pieds à 3o et ^o pieds (de 1 ,""60 à j o ou 1 3 mètres. Nous en avons remarqué (dit M. Boue dans son Voyage en Turquie) en beaurcoup d'endroits, sans pouvoir observer aucune symétrie dans leur disposition, si ce n'est que quelquefois ils ont l'air d'avoir bordé les routes. Le plus souvent ils sont placés sans ordre, comme les monuments d'un cimetière; mais ils ne se trouvent que dans des plaineâ ou des vallées fort évasées, et n'abondent extraordinairement que dans ces premières, en indiquant par-là leur connexion avec le voisinage des grandes villes.
c( Il y a une distinction à faire entre ces buttes artificielles: les unes, en général grandes, sont probablement des tombeaux; car cet usage paraît se retrouver dans plusieurs pays asiatiques, notamment dans l'Afghanistan et le pays de Lahore. Des monuments y sont quelquefois superposés ; ce qui ne se voit point en Tm^quie. Les archéologues décideront s'ils sont dus aux hordes asiatiques qui ont envahi l'empire d'Orient , ou s'ils sont bien plus anciens, comme sembleraient l'indiquer ceux de la Troade.
1. Lemoine^ Abrégé de l'histoire de Suède ; 1. 1.^% p. 32 et 88.
EN TERRE. l5ç)
«M. de PouqueTÎHe cite des tumulus au pied du mont Gardiki, au sud de Janina, en Albanie — On en connaît aussi sur le chemin allant à Larisse, ainsi qu'en Béotie, et près de Tyrinthe en Morée. '* '
La Russie méridionale présente un grand nombre Tumuiut de tumulus; on en y oit fréquemment dans l'Ukraine, mëridiorale. Ils j portent le nom de Kourganes et sont placés ordinaii^ment sur les lignes de faite à peine sensibles qui diyisent la steppe en bassins^. Ils sont surtout très-répandus dans le voisinage des anciennes yilles grecques du Bosphore cimérien, où ils offrent d'autant plus d'intérêt pour notre objet actuel, que, suivant toute apparence, ils remontent à l'époque où fleurissaient ces villes, c'est-à-dire à plus de 2000 ans. Voici. quelques-uns des nombreux passages que M. Dubois de Montpéreux a consacrés à ces tumulus dans son intéressant ouvrage intitulé f^ojage autour du Caucase :
«Dans le trajet de Piatigorsk à Temrouk, au sortir des hautes montagnes (du Caucase), on se trouve sans transition dans une steppe immense,
où rien ne récrée la vue Des tumulus en foule 9
qui masquent peut-être des trésors.... voilà tout ce que l'antiquité a laissé de traces sur cette route et tout ce qui rappelle la foule des peuples qui ont erré sur ces plaines, à commencer par les Méotes. ^' ^
i. Boué^ La Turquie d'Europe; tome II, page 349.
2* Léon Lalanne^ Mémoire sur les terrains de la yallée du Donetz. (Annales des mines ^ 3.' série, tome XYI, page 529.)
3. F. Dubois de Montpéreux , Yojage autour du Caucase , tomeV^ page 4.
l6o MONCMENTS
. ... (r En |)arlant de RacheTatLa , nous traversàines uo léger plateau a?ec quelques raTÎns tournés vers TEgerlick. Il est couronné, cromme les steppes de la pelite Russie, de tumulus, quon compte par trentaines à la fois disséminés sur l'horizon'. Un peu plus loin on trayerse le Kouban, puis on arrive à Ekalérinadar. Entre la Kaukavskaâa stanitae et la Kauzanskaia je vis (dit^L Dubois) un grand groupe de tumulus au bord du Rouban. Ces tertres funéraires bordent le fleuve. Quelques-uns ont 3o pieds de haut (9 mètres), ils sont le plus souvent écrasés et adoptent de préférence la ligne des hauteurs. " 2
.... «Entre Mitcbatofskoï et Karakaubauskala reparaissent les groupes de tumulus *^
«En entrant dans Tarchipel des bouches du
Rouban , Kourki ou Kourganskoi est le premier point où Ion met le pied sur ta Polynésie ; quelques tumulus ou kourgan, semés autour de la station, lui ont donné son nom 4. Temrouk^la première station, est à 25 verstes de Rourki, et la route traverse dans sa plus grande extension le long dos de File Kaudaujiy couverte de beaux pâturages et élevée de 100 pieds (53 mètres) au plus au-dessus du niveau du limon. Les sommités sont couvertes de quelques petits tumulus semés sans ordre, et dans lesquels, au dire de M. Stéven, on n'a rien trouvé d'intéressant. * ^
1. F. Dubois deMontpéreux^Yojage aulour du Caucase, tome Y, page 11.