Pallas, hc. cit., page
dont l'un . placé entre les deux petites baies de Bouchoukoï . offrit a Pallas une coupe complète de son intérieur. Cétait le cimetière de toute une population; le bas du tumulus renfermait une fcmle d'urnes funéraires placées sans ordre les unes sur les autres; quelques-unes étaient gigantesques, formées d argile rouge cuite et non Temissée. Des cases en pierres plates renfermaient aussi des cendres et des ossements. Pour les plus pauvres, les cendres avaient été simplement déposées sur une couche d'herbes marines, blanchies par le temps et reooovertes de terra Ce tumulus est milésien et tout pareil à ce quon observe autour de Penticapée, sur la montagne de Mithridate, et près du tombeau des Pygmées. "
.... «Le hasard nous a conservé (près de là) des monuments qui me paraissent kimmériens, des pierres levées. Elles recouvrent au N. E. du village abandonné de TchokraL-koi la plaine élevée ou plateau tapissé de magnifiques pâturages, qui forme le dos principal de l'île de ITl. à l'O. * '
Ce n'est pas seulement en Europe qu'on trouve des monuments en terre, le nord de l'Asie et l'intérieur du continent américain en présentent beaucoup de formes diverses.
La vallée de l'Ohio et celle du Mississipi oflS[ieat de nombreux tumulus, ou grands tertres élevés, suivant toute apparence, pour servir de sépultures, ainsi que d'immenses circonvallations en terre.'
1 . F. Dubois de Montpéreux , Vorage autour du Caucase; tome Y, page 44.
2. D. B. Warden , Recherches sur les antiquités de l'Amérique septentrionale.
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Les tumulus du nord sont généralement plus petits Monamems que ceux du sud : les premiers n'ont que 3 à 4 mètres «ndimr'pârties de diamètre sur 1 mètre à 1 ,""60 de hauteur ; les ^* ''^«'<"*i"' autres ont de :A à 3o mètres de haut, et chacun d'eux couvre une surface de plusieurs hectares. Il existe presque vis^i-yis Saint-Louis, dans la vallée du Mississipi, un tumulus de 760 mètres de circonférence et de 3o mètres de hauteur. Le long du Mississipi et de ses affluents on en connaît au moins Sooo, dont les plus petits n'ont pas moins de 3o mètres de diamètre.
Les circonvallations en terre sont si nombreuses dans les grandes plaines de l'intérieur de l'Amérique du nord, qu'on ne peut parcourir 3o kilomètres, surtout dans la grande vallée de TOhio, sans en rencontrer; elles ont, avec des formes très-variées, de -^ à 12 hectares d'étendue, et même beaucoup plus, et dans les fossés de quelques-unes d'entre elles on a signalé des arbres de plus de 600 ans. La ciroonvailation de Colerain, sur le grand Miami, a un contour irr^ulier de é à 8 kilomètres, et a exigé un mouvement de terres de 4^0,730 mètres cubes ^ Leur origine est couverte d'un voile épais. La race rouge actuelle n'a pas de traditions à ce sujet. Il en est de même à l'égard des retranchements en terre que M. d'Orbigny a observés dans les plaines des Chiquitos, au centre de l'Amérique méridionale. Mais si un jour on acquérait la certitude que des communications ont eu lieu entre le nord de l'Amérique et le nord de l'Asie, on trouverait moins étonnant
1. Locke, Transactions of the association of american geologist and naturaUsts; tome I.*^, page 229.
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que les retranchemeatâ construits eu Champagne par les Huns soient une miniature ressemblante de ceiu dont le sol américain est couTerL
11 est toujours certain qu'ils remontent tous à une haute antiquité, et que la conserTation des monuments en terre est un phénomène extrêmement général. Chacun d'eux est conune un sceau €jue des générations de beaucoup antérieures à la notre semblent avoir pris soin de placer sur tel ou tel point de la surface du globe pour nous servir à reconnaître Texacte conservation de la siu-face d'un sol couvert de végétation.
Il est vraisemblable que, dans le commencement, beaucoup de ces ouvrages en terre ne furent pas gazonnés. II est possible cependant que les anciens les aient quelquefois revêtus de gazon. Vous voyez que Ton gazonne aujourd'hui, dans les ouvrages de fortification élevés autour de Paris, les parties construites en terre; on pourrait croire que cela est destiné à ne subsister que pendant quelques années, et qu il faudra y retoucher sans cesse. Ce serait une erreur; les exemples dont nous venons de nous occuper prouvent que dans 1 5oo ans on ne s'apercevra presque pas du changement qui aura pu sj produire, si toutefois on évite de leur donner un talus trop rapide.
t>^tert»tHm Au reste, il y a un autre genre d observation, "* 'fw*. * **" ^™ montre peut-être encore mieux combien la surface du sol change peu, et qui peut se faire beaucoup plus fréquemment que les observations relatives^ aux tumulus : ce sont les observations relatives aux. sillons dont les (races subsistent sur des terres
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abandonnées par l'agriculture, ou ^ux fossés qui les divisent. En parcourant un terrain qui est couvert de gazon, vous y remarquerez quelquefois des ondulations parallèles et allongées : ce sont d'anciens sillons qui, une fois ramenés à cet état, se conservent à peu près indéfiniment. «Tai eu occasion bien des fois, soit en Bretagne, soit en Elspagne, où certaines parties du sol n'ont pas été cultivées depuis un grand nombre de siècles, de remarquer de ces traces d'anciens sillons parfaitement conservées. Ce résultat se conçoit aisément ; quand la terre a été fraicbement labourée, quelle présente des angles dus à l'action de la cbarrue, ces angles disparaissent promptement : Faction du soleil et celle de la pluie se combinent pour les faire tomber; toutes les aspérités s'effacent, les angles s'émoussent, et le sillon prend une forme arrondie : le creux situé entre deux sillons se remplit lui-même en partie, de manière à ne présenter qu'une cavité arrondie, et la forme du sillon, ainsi réduite à ce quelle a de plus stable, subsiste presque sans altération pendant un laps de temps immense. La loi de ce phénomène est si fsicile à saisir, qu'on peut en donner par le calcul une image approximative très-simple; il ne s'agit que de faire la somme des termes d'une progression géométrique.
Lorsque les agents extérieurs exercent leur action ^*«"* "*«»»f " sur des sillons pour les etiacer, ils produisent, par les i» dégradation motifs que je viens d'expliquer, moins d'effet la se- i„^,,j conde année que la première, moins la troisième que la seconde, moins la quatrième que la troisième, et ainsi de suite. Ces effets successifs sont donc en pro-
des
léi du «ol.
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gression décroissante. Si cette progression était une progression géométrique (et elle en approche sans doute beaucoup) et qu'on en connût la raison y il serait facile de calculer la somme de ses termes. Cette somme donnerait la mesure de leffet total produit au bout d'un temps indéfini.
Par exemple, si les effets produits la seconde année étaient la moitié de ceux produits pendant la première; si les effets produits pendant la troisième année étaient encore la moitié de ceux produits pendant la seconde, et ainsi de suite, l'effet total serait représenté par la somme des termes de la progression
Cette somme est 2 : ainsi l'effet total produit au bout d'un temps indéfini ne serait que le double de l'effet produit au bout d'un an.
Si l'effet produit pendant la seconde année était égal aux % de celui produit pendant la première, la progression serait
progression dont la somme est j = 4-
* 4 Si l'effet produit pendant la seconde année était
égal aux %q de celui produit pendant la première»
la progression serait