DE LA POUSSIÈRE
Plata , connues sous le nom de Pampas > il y a quelquefois de très-grandes sécheresses. Ces Pampas de Buénos-Ayres présentent de vastes pâturages habités par de nombreux troupeaux de chevaux. Les sécheresses dont je parle sont désastreuses pour ces animaux : on les voit fiiir, courii^, arriver dans un état d'exténuation complète dans les endroits où il y a un peu d'eau. La terre, naturellement sablonneuse, se réduit alors en poussière; le vent Télève en petits monticules, qui rendent la plaine tout à fait aride pendant la durée de la sécheresse, et effacent les limites des champs, comme le font les eaux du Nil en Egypte pendant l'inondation.
Quelquefois le phénomène dîi transport de la poussière se développe sur une grande échelle. Ainsi , piuie de .abie le 26 août 1842 , on a observé à Heidelberg un vaste h^J^,^ nuage de poussière, qui, sans doute, avait été enlevé par le vent dans les contrées voisines , peut-être sur les montagnes sablonneuses qui bordent la plaine du Rhin. Quoi qu'il en soit, le sable est tombé par un vent extrêmement violent sm^ un très-gi^and espace. U en est tombé à Sinsheim, au confluent du Necker et du Rhin, à 30 kilomètres ^ de Heidelberg; à Miltenberg, à 5o kilomètres de Heidelberg, et dans tous les espaces intermédiaires. Plus de 5oo kil. . carrés ont été couverts par cette pluie de sable.
1. «TeTaluerai constamment les distances en kilomètres, et je ksaÀ remarquer à cette occasion que les rerstes de Russie, de 104 au degré, étant de 1068 mètres environ, les évaluations de distances en kilomètres et en verstes sont à peu près équivalentes- . quand il s*agit de nombres ronds. Le mille anglais étant de 1509,'"8149 , on voit que 5 milles font 8046,"5745. Ainsi on peut dire que 5 milles anglais font à peu près 8 kilomètres.
i88 TRANSPORT
PoaMièr. J'ai TU un jour, près de Turin, la vallée de la
dTnri?7aiiée Doirc remplie jusqu'à ses bords d'un nuage de pousde 1. Doire. gière. Sur les plateaux , de part et d'autre de la vallée, l'air était transparent. La poussière provenait de la route de Turin à Milan, qui traverse les plateaux et la vallée. Les plateaux étaient balayés par un léger vent, mais l'air de la vallée était calme. La poussière entraînée sur les plateaux devait évidemment aller retomber à une très-grande distance, puisque celle qui se trouvait concentrée dans l'air stagnant de la vallée y restait si longtemps en suspension. Cette observation me semble propre à faire concevoir comment un vent, même léger, peut entraîner la poussière au loin.
En effet, le vent cbarrie quelquefois des particules terreuses fines à d'énormes distances. Cendre. Lc^ ccudrcs volcaniqucs en ont fourni des exem-
voicaniqaes piçg rcmarquablcs : celles du Vésuve ont été trans^ à de portées à Venise et en Grèce, à 5oo et à 700 kilom. gr» es duunce.. ^^ distaucc. Lcs ccudrcs produites par l'éruption du
volcan de Cosiguina dans les États de Guatimala, lé 26 janvier i855, ont été. transportées jusqu'à Kingston (Jamaïque), éloigné de 1200 kilom. Les cendres produites en 181 5 par l'éruption du volcan de Tomboro , dans l'île de Sumba>/va , ont été transportées jusqu'à Bencoolen, dans Vile de Sumatra, à 1700 kilom. de distance.
Sables fins Lc vcut qui souffle d'un désert sablonneux vers le^ du désert plaines du voisinage, entraine sur elles les particules
eutrainésdeméme i .
«rèsioin. les plus fines du sable^ quand il souffle vers la mer 9 il les emporte souvent sur des vaisseaux. On a vu des vaisseaux sur TOcéan atlantique, à 900 ou 1000 kil.
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à l'ouest des côtes de F Afrique et du désert de Saliara, couverts par uu sable rougeâtre, transporté par le vent
Dolomieu et, après lui, M. de Rozière, ingénieur en chef des mines , qui a contribué à la rédaction du grand. ouvrage, fruit de l'expédition d'Egypte, ont attribué Taccroissement annuel de la terre végétale de l'Egypte noh aux seules inondations du Nûj mais aussi au sable des déserts environnants, que le vent y porte en quantité plus ou moins sensible, et qui se mêle au limon déposé par le fleuve.
Si le vent n'entraînait le sable que dans un état presque impalpable, comme celui qui vole sur rOcéan, ce ne serait jamais un très-grand inconvénient; mais lorsque le sable est moins fin, le vent a encore sur lui une grande action : ainsi que nous le verrons bientôt, il en résulte quelquefois de vrais désastres pour des endroits susceptibles de produire une belle végétation.
Des déserts de sable.
C'est dans les vastes déserts de l'intérieur de Désert, de Mbfe. l'Afrique et de l'Asie que le vent exerce le plus fortement son empire sur les sables mobiles. On traverse ces déserts en caravanes, pour lesquelles on emploie principalement des chameaux. On choisit le chameau, parce qu'il peut se passer de boire plus longtemps que la plupart des autres bétes de somme, ce qui n'empêche pas qu'il n'en périsse un grand nombre dans les . déserts , faute d'eau. Ce qu'il y a de plus dangereux dans ces déserts, c'est d'y être surpris par le vent du sud-ouest, que