partie recouverts par des plages de sable
Pas de dunes Je rcmarqucrai ici comme un fait singulier, que
du *^" la vaste plage sablonneuse du mont Saint-Michel
moniSaint-Michei ^'^^^ ^^ bordéc dc duncs. Cela tient sans doute à
quelque propriété particulière du sable qui la compose; sable qui, assez ferme lorsqu'il est au-dessus de l'eau, devient au contraire d'une mobilité extrême dès qu'il est baigné par la marée! La même remarque s'applique au sable des plages du grand Vey près d'Issigny. Ces sables, composés de grains de quartz, de débris très-fins de coquilles et de particules salines, sont employés, sous le nom de tangue, pour l'amendement des terres. Le sable ordinaire des dunes n'est pas susceptible des mêmes usages, ce qui prouve qu'il y a une différence essentielle de composition.
cAtes Sur les côtes rocheuses de la Bretagne et de la
delà Bretagne Yç^j^ç ]q phéuomènc dcs duucs n'a pris, en généde la Vendée, j^al , qu'uu faible développement: il n'y a que de petits intervalles dans lesquels il existe des dunes; cependant il y en a de fort régulières à l'entrée de différentes rivières et au fond de certaines anses. Souvent, au milieu d'une côte plus ou moins rocheuse, on voit s'ouvrir une vallée; dans cette vallée il y a un ruisseau. Il arrive presque toujours que la mer produit à l'entrée de cette vallée une certaine accumulation de matières meubles qui y forme une
ligne presque droite, légèrement rentrante dans rintérieur. Quelquefois cette accumulation n'est autre chose que du sable qui avance plus ou moins sous' forme de dunes.
Aux environs de Lampaul et de RoscofF, et à rentrée de la rivière deLaber (Finistère), on trouve beaucoup de rochers plats, dont la partie voisine du niveau de la haute mai^ est couverte de plages de sable. Un grand nombre de ces plages sont bordées de dunes.
Ces dunes n'ont pas toujours un grand développement; quelquefois, au contraire, elles en ont un fort anomal.
L'un des exemples les plus remarquables de lempiétement des dunes sur la terre ferme a été observé dans le département du Finistère. Le fait est rapporté comme il suit dans les Mémoires de l'Académie des sciences :
.... « Aux environs de Saint-Pol-de-Léon en Basse- Marcbe rapide Bretagne, il y a sur le bord de la mer un canton ***'^^j*"'' qui, avant l'an 1666, était habité, et ne l'est plus,^*'»'^'»^-'^'^'^" à cause d'un sable qui le couvre jusqu'à une hauteur de plus de 20 pieds, et qui d'année en année s'avance et gagne du terrain. A compter de l'époque marquée, il a gagné plus de six lieues, et il n'est plus qu'à une demi-lieue de Saint-Pol, de sorte que, selon toutes les apparences, il faudra abandonner la ville. Dans le pays submergé on voit encore quelques pointes de clochers et quelques cheminées qui sortent de cette mer de sable. . . .
«C'est le vent d'est ou de nord -est qui avance cette calamité : il élève le sable, qui est très-fin.
et le porte en si grande quantité et avec tant de vitesse, que M. Deslandes, à qui l'académie doit cette observation, dit qu'en se promenant en ce pays-là, pendant que le vent charriait, il était obli^ de secouer de temjis en temps son chapeau et son habit, parce qu'il les sentait appesantis. De plus, quand le vent est violent, il jette ce sable par^dessos un petit bras de mer jusque dans Roscof , petit port assez fréquenté par les vaisseaux étrangers : le sable s'élève dans les rues de cette bourgade jusqu'à deux pieds, et on l'enlève par charretées. On peut remarquer, en passant, qu'il y a dans ce sable beau* coup de parties ferrugineuses, qui se reconnaissent au couteau aimanté.
«L'endroit de la côte qui fournit tout ce sable, est une plage qui s'étend de Saint-Pol jusque vers Plouescat, c'est-à-dire, un peu plus de quatre lieues^ et qui est presqu'au niveau de la mer, lorsqu'elle est pleine. La disposition des lieux est telle qu'il n'y a que le vent d'est ou de nord-est qui ait la direction nécessaire pour porter le sable dans les terres. Il est aisé de concevoir comment le sable porté et accumulé par le vent en un endroit, est repris ensuite par le même vent et porté plus loin» et qu'ainsi le sable peut avancer en submergeant le pays, tant que la minière qui le fournit en four-* nira de nouveau; car sans cela le sable en avauçaxU diminuerait toujours de hauteur et cesserait de faire du ravage. Or, il n'est que trop possible que la mer jette ou dépose encore longtemps de nouveau sable dans cette plage, doii le vent l'enlève; il est vrai qu'il faut qu'il soit toujours aussi fin pour être ainsi enlevé.
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Cl Ce désastre est nouveau , parce que la plage qui fournit^ le sable, n'en avait pas encore une assez grande quantité pour s'élever au-dessus de la sur- &oe de la mer, ou peul>^tre parce que la mer n'a abandonné cet endroit et ne la laissé à découvert que depuis un temps. Elle a eu quelque mouvement sor cette côte : elle vient présentement dans le fleuve une demi-lieue en deçà de certaines roches qu'elle ne passait pas autrefois.
«Ce malheureux canton, inondé d'une façon si singulière, justifie ce que les anciens et les modernes rapportent des tempêtes de sable excitées en Afrique, qui ont fait périr des villes et même des armées... '' '
C'est ici un cas d'avancement extraordinairement rapide. Cette dune s*est avancée d'une manière continue. En général, une masse de dunes ne s'avance pas si rapidement Je puis cependant vous indiquer encore d'autres exemples d'une rapidité comparable à celle-là.
On cite dans le SufFolk un point où une dune Exemple anaioga. fit irruption dans l'intérieur des terres en 1688. '^'"'** "'^^ Cette dune finit par envahir une partie de Downfaam. Au bout d'un siècle Downham fut enseveli par le sable de cette dune; on voyait le point doù la dune était partie : elle avait fait un mille (1 609 m.) en ao ans , c esuà-dire 80 mètres par an, et avait ooayert plus de nulle acres ^. Elle marchait beaucoup plus vite que la plupart des grandes masses de dunes. Mais l'exemple de Saint-Pol*de-Léon est encore plus étonnant : 6 lieues dans l'espace de
1. Histoire de racadéiiiic rojaic des sciences 9 année 1722 ^ p. 7.
2. Lycll , Principles of geology ; 6/ édit. j lome 111, page 281.
56 ans ! Si cetait 6 lieues de pays, de 5ooo mètres chacune, cela ferait 537 mètres par an : c'est un phénomène extraordinaire. N'ayant pas visité moimême la localité, j'ignore si la distance est perpendiculaire ou oblique à la plage, et si Tespace parcouru la été par le seul effet du vent.
Les marais salants du Croisic (département de la
Loire inférieure), sont situés derrière les dunes qui
les séparent de la mer.
Dune. Mais la partie des côtes de France où les dunes
GaicogL"^ sont le plus remarquables, est la côte des landes de
Gascogne.
Les dunes s étendent au nord jusqu'à la pointe de Grave qui resserre l'embouchure de la Gironde , près d'un phare bâti sur un rocher, la toiir de Cordouan. En face de la pointe de Grave la côte de Royan est formée par des falaises calcaires; ce n'est que plus au nord qu'il* y a encore des dunes sur les côtes de la Charente inférieure et de la Vendée.
A partir de la pointe de Grave s'étend vei'S le sud une côte très- unie, présentant très-peu de découpures jusqu'à l'entrée du bassin d'Arcachon, dans lequel se jette la petite rivière de Leyre. Ea côte continue ensuite de la même manière jusqu'à l'entrée de l'Adour et aux falaises de Biaritz.
Il ne faut pas confondre les dunes avec les landes : ce sont deux phénomènes tout à fait différents. Les landes sont des sables couverts de bruyères, de petits joncs marins. Dans quelques parties il y a des pins qui donnent de la résine.
Les landes présentent une plaine très-unie, très-
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lëg^i'ement incliaée vers la mer, et il faut se représenter qu'elle se prolonge sous la mer de manière à former une côte très-légèrement inclinée. Les dunes sont placées précisément à l'intersection de la surface de la mer avec la prolongation de la surface générale des landes.
Le sable des dunes de Gascogne a beaucoup de N«tarede«sabie« ressemblance avec le sable des landes; il est seule- i„ com"poieni. ment plus fin. Il est presque uniquement quartzeux. M.Bremontier y indique cependant, outre les grains de quartz 9 quelques paillettes de mica et quelques particules ferrugineuses. Ce n'est que dans le fond de l'ancien lit de l'Adour, au vieux Boucaud , qu on y trouve mêlées quelques parties calcaires. Il est vraisemblable que le sable des dunes n'est que le sable du prolongement sous -marin des laudes un peu débarrassé, par l'action des vagues de la mer, de l'argile et des gros grains qui y sont mêlés, c'està-dire plus fin, plus égal, plus sec que ne l'est le sable des landes.
Les dunes de Gascogne occupent généralement urgear de u«one un espace d'une assez grande largeur. Au nord et au **"''"** "^^^^"p'"' sud de la teste de Bucb, la bande des dunes a de 4k 6 kilomètres de largeur; en beaucoup d'autres points elle est plus large encore, et sa largeur moyenne P^Ut être estimée de 6 à 8 kilomètres.
Ces dunes, poussées par le vent, ainsi que nous Manière domeiiei *^vons expliqué précédemment, avancent vers l'în- ,„ * "î^le"' '^ieur des terres avec une rapidité très-préjudi- t«'^»- ^ftWe à la contrée : quoique les landes ne soient pas '^ï'ès-fertiles, il y a cependant des villages; quelques- ^ixs de ces villages ont été ensevelis par les sables.
sur rintérieur des