‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 34 sur 153 · DL'NES · texte numérisé non relu

DL'NES

Villages

qaVIln oat

rrronvrrti.

Étangs

f|nVllr$ font

refluer-

Od en cite dont les noms sont mentionnés dans les titres du moyen âge, et dont il n existe plus que le souyenir.

A la place q[u'occupaient le YÎeux et le noaTema Soulac, à deux lieues au sud de la pointe de Grare, on ne Toit plus q[u'une mer de sable.

M. CuYÎer rapporte, dans son Discours sur les reYolutions du globe, quil y a dix ou quinze ans, dans le département des Landes, les dunes menaçaient une dizaine de villages : le village de Mimizan luttait contre elles depuis vingt ans. Une dune de 60 pieds (19 mètres) de hauteur était arrivée tout près de ce village et avançait tous les ans à vue d'œil'. Elle doit, depuis ce temps, avoir englouti le village, à moins qu'on ait réussi à opposer quelque obstacle à sa marche.

Quelquefois les dunes, en avançant, découvrent, au moins momentanément, les édifices qu'elles ont enveloppés. Lorsque l'intervalle de deux dunes vient à passer, par l'effet de leur progrès, sur l'endroit où il y avait un village, on en voit apparaître les ruines au travers de ces dunes. Le vieux Soulac^ situe à environ 800 mètres de la plage actuelle, a été ainsi couvert puis découvert par les dunes.

Les dunes font disparaître les landes, non-seul^ ment en les recouvrant de leurs sables, mais aussi en faisant refluer sur elles des étangs qui les couvrent de leurs eaux. Il tombe des eaux pluvialessur la surface des landes ; ces eaux forment des ruisseaux, tels que la petite rivière de Leyre et d'autres^

1. G. Cuvier, Discours sur les révolutions de la surface dii i;lobe; seconde édition française; 1830; page 166.

petits cours d'eau. Les eaux de la I^yre se rendent dans le bassin d'Arcachon, qui communique avec la mer, de manière que la marée y monte et y descend. Ce bassin est de niveau avec la mer; c'est même un port. Mais les dunes empêchent la plupart des autres ruisseaux de s'écouler ainsi librement dans la mer; leurs eaux ne vont à la mer qua travers quelques canaux qu'elles se sont ménagés entre les dunes et que les sables obstruent sans cesse. Elles s'accumulent derrière les dunes, et de là résultent un certain nombre d'étangs, tels que l'étang de Hourtiû, de Sainte -Hélène et de Carcans, l'étang de la Canau, les étangs deSanguinet, de Biscarosse, de Parentis et des Gastes, l'étang d'Aureilhan et de Mimizan, l'étang de Saint-Julien et de Lit, l'étang de Léon, l'étang de Sous tous, l'étang de Tosse, etc. U y a une longue série d'étangs, dont ceux-là sont les plus grands, qui doivent leur existence à celle des dunes. Ces dernières , avançant sans cesse vers Fintérieur des terres, font reculer les étangs. A inesure que les dunes avancent, les eaux s'élèvent ^ les étangs empiètent sur les landes.

L'ancienne église de Saint-Paul se trouve maintenant sous les eaux de l'étang d'Aureilhan, qui, ftprès que le sable a eu obstrué son canal d'écouleinent, a débordé au delà de ses anciens rivages. Le I>otirg de Bias, avec son église et ses vignobles, a ^ noyé de la même manière. En 1 802 , les étangs ont envahi cinq belles métairies dans le village de ^Qt- Julien. Ces mêmes étangs ont couvert une ^cienne chaussée romaine qui conduisait de Bor- <ieaux à Bayonne, que l'on voyait encore il y a 4oans, quand les eaux étaient basses.

2o8 DUNES

Fiiationdetdnne.. M. Bremoiitier s est beaucoup occupé du remède à apporter au fléau de reavahissement des landes par les dunes. I^e plus certain consiste à faire des sables des dunes de la terre végétale. Ce sable est aussi propre à la végétation de certaines plantes que celui des landes elles-mêmes : il n'est pas tout à fait aussi argileux; mais le pin s'y trouve trè^ bien. L'humidité du sol pénètre entre les molécules du sable, jusqu'à une certaine distance de la surface, en sorte qu'à une certaine profondeur le sable Foréudepin. ©st bumidc et les racines peuvent pousser. On a

qu'on y pUnie. p^u^gi ^ plautcr cu pius de grandes étendues de

ces dunes. Il y a des parties des dunes aux environs de la Teste de Buch qui sont dès aujourd'hui, de superbes forets de pins, dont on peut tirer de la résine : dans quelques années il y aura de belles forets de pins depuis l'embouchure de la Garonne jusqu'à l'embouchure de l'Adour.

Rapidité L'horizontalité presque parfaite de la sur&ce des

de la marche Jandcs favorîsc la marche des dunes. Une dune

dft dunes. ^ ^

avance souvent de 60 à 72 pieds (19 à 25 mètres) par an : c'est un fléau redoutable pour la contrée dans laquelle elle se trouve. Si les dunes marchaient constamment de 72 pieds (23 mètres) par an, vu la distance qu'il y a des dunes à Cordeaux, qui est de i5o,ooo pieds (49 kilomètres), il ne leur faudrait que 2o85 ans pour franchir cet intervalle. Mais ce n'est pas toujours une même dune qui avance; une année une dune avance en un point, une autre année une autre dune avance à côté. Il s'en faut de beaucoup que la limite des dunes vers l'intérieur des terres avance de 72, ni même

/ de 60 piecls par an; cela nest même pas supposable, parce que les dunes n'ont pas une largeur qui cor-

j responde à un avancement aussi considérable. La ' largeur moyenne de la zone des dunes n'est guère

f que de 6000 à 8000 mètres. Ainsi, en admettant qu'elles ayancent depuis 5ooo à 6000 ans, elles n'ont guère avancé, terme moyen, de plus d'un mètre par an; ce qui est bien différent des 19 ou 25 mètres dont parle M. Bremontier.

Les dunes s'étendent sans cesse, ainsi que je l'ai eu déjà expliqué, et il est aisé de concevoir que la laideur totale de la bande de terrain occupé par elles forme une espèce de chronomètre, un immense sablier naturel. Pour bien concevoir toute la valeur de la mesure cbronométrique fournie par les dunes de Gascogne, il faut remarquer combien la ligne de la côte bordée par les dunes est peu ondulée; elle s'étend entre deux points fixes. A l'extrémité septentrionale, près de la pointe de Grave, se trouve Ja tour deCordouan, bâtie sur des rochers, et en face les falaises de Royan, formées de rochers rongés lentement par la mer. A l'extrémité méridionale se trouvent les falaises de Biaritz, dont le front n'éprouve lui-même que peu de déplacements. La plage que bordent les dunes entre ces deux points invariables étant sensiblement rectiligne, et se trouvant à peu près sur la ligne d'intersection du plan prolongé de la surface des landes avec la surface de la mer, il est clair que ce doit être k peu près là sa disposition originaire. Elle ne pourrait avoir eu une disposition notablement différente que dans le cas où il serait survenu des changements récents dans les I. 14

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niveaux relatifs de la terre et de la mer, ce que rien n'indique, dune manière générale, sur cette côte. Il parait, à la vérité, que dans la partie septentrionale où elle se recourbe vers la pointe de Grave, la ligne de la plage a reculé, et quelle est maintenant plus éloignée des rochers de la tour de Cordouan quelle ne l'était il y a quelques siècles. La zone des dunes est plus étroite dans cette paltie, et les ruines du vieux Soulac, découvertes à 800 mètres seulement de la plage actuelle, pourraient faire croire que cette dernière était autrefois plus éloignée; mais ces observations, sur lesquelles je reviendrai, ne s'appliquent pas à la totalité de la côte des landes. Les dunes qui les bordent sont donc à peu près dans la position où le phénomène a dû commencer. Cette remarque est commune à plusieurs autres contrées, quoiqu'elle ne soit pas universelle.

Je vais passer à d'autres localités, où elle ne s'appliquerait pas aussi sûrement, quoique les dunes y occupent encore plus d'étendue que sur les côtes de Gascogne : je veux parler de celles qui bordent les rivages de la mer du INord, tant sur la côte d'Angleterre que sm^ celles du continent

On peut suivre sm^ la carte (pi. V) le dévelop- Dunr. pement de ces côtes, d'abord dans la partie orien- ;'^î7;j;7J;|" taie de l'Angleterre, depuis le Wash jusqu'à l'embouchure de la Tamise et au Pas-de-Calais ; puis , sur les côtes de la Flandre qui vont jusqu'à l'Escaut, sur les côtes de la Hollande jusqu'au Texel. On trouve ensuite une côte toute bordée d'ile3, formant une ligne très -régulière, qui se prolonge jusqu'aux

bouches de la Jahde et du Weser. Toutes ces côtes sont très- intéressantes par les phénomènes qui s'y produisent, et particulièrement par les dunes qui les bordent sur de grandes étendues.

Il y a des dunes en Angleterre dans le Norfolk et le Suffolk; mais ce n'est pas la partie des conteurs de la mer du Nord où elles sont le plus développées. La terre ferme, quoique peu élevée, forme cà et là des falaises dont les vagues rongent le pied, qui sont même très-remarquables par la facilité avec laquelle la mer les démolit. Mais il y a des intervalles où la cote est très-plate, et des ouvertures de vallées plus ou moins larges : c'est là qu'il existe des dunes.

Ces dunes, dans leur mouvement progressif, ont recouvert certains cantons. On cite l'église d'Eccles, ensevelie de manière qu'on n'en*voit plus que le clocher.

Un des phénomènes que produisent les dunes sur les côtes de Norfolk, c'est de fermer de cer- Terre. usse. taines petites embouchures de rivières. Entre Ecoles •*"*"" *^''**" et Winterton les dunes en ont barré plusieurs depuis quelques siècles , et ont empêché la marée d'y pénétrer; dans ce cas les eaux de la rivière s'accumulent en arrière des dunes et forment un étang. Ces phénomènes ont de grands rapports avec ce que j'ai indiqué sur les côtes de la Gascogne. On observe cependant ici quelques particularités que la côte des landes ne nous a pas présentées : un pareil étang peut se trouver quelquefois au-dessous des hautes marées; son niveau n'est assujetti à la rigueur qu'à se trouver au-dessus de celui de la

mer basse; il pourrait même se trouver au-dessous, si l'évaporation avait uue action suffisante. Alors des terrains situés sur ses bords, quoique au-des* sous du niveau des hautes marées, sont cultivables. Mais il arrive quelquefois que, dans certains mouvements violents de la mer, les dunes sont rompues et le terrain inondé, ce qui cause de grands ravages. * Lason» Vuc llguc dc duucs , qui s étend depuis quelques

erqaeCTu^« miUcs de Happisburg jusqu'à Yarmouth, protège rempiiMmu - jg^ ^^jg daus uuc asscz grande étendue. Dans les environs de Yarmouth il s'est produit ainsi plus de 60 étangs d'eau douce. Il y en a qui ont 120 acres (48 hectares) de superficie, de 26 à 3o pieds (7^9 mètres) de profondeur : c'étaient des enfoncements assez profonds, qui ont été barrés par le sable accumulé et séparés de la mer. La rivière Yare et plusieurs autres communiquent avec quelques-uns de ces étangs, et finiront par les combler par un colmattage naturel. Il en résultera des espaces de terre qui deviendront cultivables; mais le phénomène ne se montre ici que très en petit, comparativement à ce qui se passe sur les côtes des Pays-Bas.

La Flandre est une contrée dont le fond est de sable. Elle se rattache aux grandes plaines de sable de la Campine, du Brabant septentrional et de la Westphalie : ces plaines de sable couvertes de bruyères s'étendent jusqu'en Prusse; elles ont une pente trèsdouce, leur plan prolongé finirait par s'enfoncer audessous du niveau de la "mer du Nord. Ces sables

1. Lyell , Principhs of geology; 6.*^ édit. , tome II, page 5S.

des Pajf-Ba

n'appartiennent pas tous à la même formation; les uns font partie du terrain tertiaire inférieur, les autres du terrain erratique; mais il n'est pas moins vrai que le bord du bassin de la mer du Nord, depuis Calais jusqu'à TElbe, est formé dans toute son étendue par des sables qui se ressemblent physiquement.

A l'ouest de Calais, au cap Blanc Nez, la cote est oancs élevée et présente des falaises de craie. Au point où cessent les falaises, commencent immédiatement les dunes, qui s étendent par Ostende jusqu'à l'embouchure de l'Escaut sans aucune interruption. Puis vient l'île de Walcheren , garnie de dunes du côté de la mer, et ensuite la côte de la Hollande proprement dite, bordée en entier par une large bande de dunes qui ne présente pas d'interruption. Du sommet de la montagne de Cassel et de celle du Katzenberg, dans le département du Nord, on voit et on suit au loin la ligne des dunes, et on aperçoit par dessus leur crête la vaste étendue de la mer du nord. Les dunes de la Flandre sont élevées, mais elles n'occupent qu'une zone de peu de largeur. Il en est de même dans la Zéelande. A Vf^est-Capelle et à Domburg, dans l'île de Walcheren, les dunes sont très-élevées et très-rapides. Quand on parcourt les prairies de la Hollande, et que la vue n'est pas bornée par les arbres, on ne peut cependant pas voir la mer, ni même la mâture des vaisseaux qui y naviguent , à cause de l'élévation des dunes qui bornent la vue. Des promenades de la Haye et des remparts de Harlem on voit l'horizon à l'ouest nord -ouest bordé par la ligne des dunes. Ici les

2l4 DUNES

dunes constituent une zone fort lai^ge : quand on ne connaît pas les sentiers qui serpentent au milieu du labyrinthe de leurs monticules, on peut s y perdre de manière à y errer un jour entier. Ces dunes arrivent jusqu'au Texel. La rade du Texel, sur laquelle se trouvent le Helder et New-Diep, ports milftaires de la Hollande, est située en arrière raudeétendae dc là liguc des duues ct protégéc par elles. L'île du eiietembrlttent Texel ct Ics îlcs nombrcuses situées au nord, du Zuyderzée et des côtes de la Frise , formant une chaîne continue depuis le Texel jusqu'à l'embou*chure de la Jahde, présentent toutes une bordure de dunes du côté de la mer; mais on cesse d'eu trouver en poursuivant le littoral du ducbé d'Oldenbourg, du Hanovre et du Holstein jusqu'à l'embouchure de TEyder, qui sépare le Holstein du Sleswig. Les dunes reparaissent sur la rive septeatrionale de TEyder et s'étendent jusqu'à la pointe sud-ouest la plus avancée d'Eyderstadt, de Siideuhôved à Nordenhôved : là elles deviennent trèsbasses , mais elles se relèvent dans les îles d'Axon et de Sylt, et courent sans interruption, quoique avec une largeur inégale, jusqu'au cap Skagen, pointe septentrionale du Jutland. *

Le Rhin se bifurque, aux environs de JNimègue, en divers rameaux. Celui à qui on a conservé le nom de Rhin, passe à Leyde et se dirige vers la mer ; il a été arrêté par les dunes , à travers lesquelles ou lui a creusé récemment un canal. Les autres bras

1. Von Hoff, Geschichte der durch UeherUeferung nachgevne'senen naturlichen Verànderungen der Erdoherflàche ; tome III, page 74.

du Rhia , la Meuse et TEscaut se déchargeai dans la mer par de larges ouvertures , que les dunes ne tendent pas à obstruer.

Ces dunes sont composées d'un sable tout à fait . ^^*'

'> qui Irt conipi

analogue à celui qui forme le sol fondamental de ces contrées. A Domburg et à f^Ussingen{Flessingue\ comme à Scheweningen et au Teacel, les dunes sont formées de sable quartzeux un peu chlorité, qui vient probablement du terrain tertiaire inférieur et peut-être du terrain erratique.

J'ai déjà dit que la surface de ces terrains sablonneux s'incline doucement vers la mer du Nord , et en constitue probablement le fond. Les mouvements de la mer produits par les marées, par le veat et par les courants, agissent sur ces sables, et les rejettent sur la côte. Le mouvement des marées, l^agitation des vagues, l'action des vents, concourent à l'entassement des sables.

Us s'élèvent immédiatement sur la plage, et y Mëcanismi

.M* aJ ''J *^'1 m^j*'!' de leur formai

:torment des séries de monticules souvent tres-eleves. Xies talus sur lesquels le vent fait monter les sables 9ont enquelques endroits très-inclinés. Quelquefois àl y a des parties de dunes qui ne sont pas complé- ^;ement stériles, quoiqu'on n'y voie jamais beaucoup <ie végétation. Certaines graminées qui croissent avec iacilité dans le sable, et dont les feuilles sont très- Toides, soutiennent le sable et lui permettent de s'entasser avec qn talus très-rapide. Le mouvement progressif n'a lieu alors que dans les intervalles des parties qui se trouvent ainsi fixées par la végétation. Il se produit ensuite des intermittences et des irrégularités : cela contribue à ce que les

dunes n avaDcent pas sur tous les points en même temps.

Les rivières actuelles ne sont pour rien dans Texistence de cette longue bande de dunes, qui décrit une courbe presque régulière depuis Calais jusqu'au Texel et même jusqua la Jahde.

Dès quon entre dans l'intérieur du Zuyderzée, il n'y a plus de dunes. De même sur les bords de l'Escaut et dans toute la Ziéelande il n'y a pas de dunes le long des bras de mer intérieurs. Il faut un mouvement considérable des eaux pour remuer le sable et l'entasser au bord de la mer : cela n'a lieu qu'en des points où la mer est sujette à de trèsviolentes agitations. Il faut que ce soit une mer découverte pour que le vent, ayant une grande force, puisse chasser ce sable et l'élever en monticules. Sur les bords des canaux de peu de largeur et des bras de mer, tels que les deux bras de l'Escaut, la Meuse, le Zuyderzée, le mouvement des vagues et le vent n'ont pas assez de force. La formation des dunes rencontre d'ailleurs dans ces eaux intérieures un autre obstacle, peut-être plus puissant encore; c'est que le fond, au lieu d'être composé de sable comme dans la mer ouverte, est formé d'une couche épaisse de vase apportée par les rivières.

Simplicité La ligne des dunes présente, comme le montre la

de la

le de. riva e. ^^^'^"^ (p'* ^0' dcpuis Ic Pas-dc-Calais jusqu'à remformé, bouchure de l'Elbe, une figure très -régulière, en faisant abstraction des découpures qui résultent des embouchures des rivières. Cette forme, très-simple, est le résultat et pour ainsi dire l'image du mouvement des eaux qui a fait naître des dunes dans

tous les endroits qut remplissaient les conditions convenables pour que les sables agités par la mer s^accumulassent jusqu'à un niveau supérieur à celui des basses marées, et que le vent pût s'en emparer. Dès que ces conditions sont remplies , il se forme des dunes. Il s'en est élevé à de certaines distances delà terre ferme, et de là sont résultées les îles qui setendent du Texel à la Jahde.

La Hollande proprement dite n'existe qu'à la fa- l* Hoiunde vear des dunes. Le phénomène des lagunes, con- ,0^ îi^ *flve«r finées derrière les dunes, existe ici sur une échelle ^«••'""« infiniment plus grande que sur les cotes des landes et sur les côtes d'Angleterre. La mer de Harlem et quelques autres nappes d'eau intérieures correspondent aux étangs qui existent derrière les dunes ^6 la Gascogne. Le Zuyderzée, dans son état actuel, pcîut être comparé au bassin d'Arcachon , seulement " est plus grand, et, au lieu dune petite rivière ^cunme la Leyre, il reçoit l'Yssel, l'un des bras du ^liin. La partie littorale de la Flandre, la Zéelande, ugane* combines. '^ Hollande proprement dite, la Frise, ne sont que d^s lagunes en partie comblées : phénomène impor- *^^t et remarquable par sa grande étendue et son ®^trême simplicité.

Une partie des cotes de la mer Baltique participe

jusqu'à un certain point, ainsi que nous le verrons

"icûtot, de cette grande uniformité de contours,

Tui provient de ce que les formes des côtes y sont

1^ résultat de l'action dynamique de la mer. Je dois u j

^utefois vous faire remarquer qu'il y a beaucoup

^oins de dunes proprement dites sur les côtes de .

I *- *■ ^ ^ ^ privées de oiarérs.

*a mer Baltique et de la Méditerranée que sur celles

moins de diinrs

snr les c6tes

des mers

•ur les dnnet

considérées

comme

on chronomètre

naturel'

de rOcëan. Cela tient à plusieurs circonstances d abord à ce que les côtes de la Méditerranée soiia plus rocheuses, et aussi à ce que la mer Baltique ^ la Méditerranée, n'ayant pas de marées, les dunes s~ produisent plus difficilement. Il n«y a là, pour liyrs les sables à laction des vents, que les intermittence de niveau dues à Faction même des vents; mais ce— une circonstance qui est beaucoup moins favorab J à la production des dunes que ralternative quot/ dienne de la haute et de la basse marée. Remarques Plus CCS duucs sout uu phénomèuc général et étendu, plus elles sont importantes à considérer sous un point de vue sur lequel je dois rappeler de nouveau votre attention. Comme Deluc l'a proclamé et comme M. Cuvier l'a soutenu , elles constituent un véritable chronomètre. Les eaux et les vents remuent les sables et les accumulent en dunes qui s'avancent sans cesse. Ces sables se répartissent sur la surface des dunes, ou servent à les faire avancer. Les dun^ sont comme un large fleuve de sable dont le cours est très -lent. La longueur de son cours mesure la durée de son existence. Il reste certainement, relativement à sa marche, des questions à résoudre sur lesquelles on n'a pas accumulé assez d observa tioos. Ce serait par exemple une question à élever, que celle de savoir si sa marche a été constamment de la même rapidité. Si on connaissait bien la marche des dunes (et on finira par la connaître assez passablement en tenant compte des époques où certains villages ont été ensevelis), on pourrait, en remontant le cours des siècles, déterminer à peu près \m moment où les dunes doivent avoir commencé ê selever.

L'aspect général du phénomène conduirait à penser que toutes les dunes d'un grand nombre de localités remontent à peu près à une même époque. Cette époque ne serait autre cbose que le commencement de la période actuelle, qu on pourrait appeler Vère des dunes.

A partir du moment où les dunes actuelles ont pris naissance , les choses se sont passées sur la surface du globe comme elles se passent aujourd'hui : auparavant la marche des choses était différente.

Ainsi, sans sortir de la pellicule du globe, nous ayons à considérer deux sortes d'éléments, qui sont dans des conditions toutes différentes. La terre végétale ordinaire, couverte de végétation, ne change ' pas d'une manière sensible; c'est là le zéro auquel nous pouvons tout rapporter; puis, il y a des parties extrêmement mobiles, dont le mouvement remonte à certaines époques. Les dunes en sont un exemple; je vous en ferai connaître plusieurs autres.

Nous voyons par la faiblesse de la largeur de la bande des dunes, comparée à son extension incessante, que le moment où le mouvement a commencé n'est pas très-reculé : on trouverait quelques milliers d'années, et pas en très -grand nombre. Si nous comparons ce résultat avec celui des observations relatives à la végétation, nous voyons qu'il y a certains végétaux, dont deux vies successives forment un total aussi long que toute Yere des dunes ; il y a même peut-être des végétaux aussi anciens que le commencement des dunes actuelles. C'est dans ce cadre extrêmement simple que se trouve renfermée toute l'histoire des hommes.

D autres phénomènes qui se rapportent aussi aux éléments superficiels de l'écorce du globe, d autres anomalies de la terre végétale, telles que les atterrissements et les accumulations de terre végétale que forment les dépôts d'alluvion, nous fourniront de nouveaux moyens d'airiver à des conclusions tout à fait analogues.

liKPTlliWB UBÇOIV.

Le 6 janvier 1844.

Levées de sable et de galet.

Messieurs,

Je continuerai dans cette séance à vous parler des bords de la mer et des matières que les vagues accumulent sur les côtes. Ces matières sont géné- ^lement des sables, des coquilles et des galets ou Cailloux roulés. L'action prolongée de la mer en produit des amoncellements qui ont une très-grande influence sur les formes des rivages et sur les phénomènes qui se passent le long des côtes.

Lorsquen approchant du rivage, la profondeur Mouvement devient assez petite pour que le mouvement des ^agues commence à être gêné, les molécules d'eau ^e pouvant continuer à transmettre leur vitesse dans "'intérieur du fluide, l'agitation se concentre près 4e la surface; les vagues s'élèvent davantage, et unissent même par se déchirer, par se briser^ en ^'élançant plus haut sur le rivage qu'elles ne le font ^u large.

Il résulte de ce phénomène un mouvement assez Eiie. enussent compliqué des eaux sur la plage ; le résultat de ce ^''^ZlTàe'* mouvement est, que la mer rejette de son sein une »«»»''ei«»'

des vagae* •ur la plage.

certaine quantité de matières qui forment une espèce de talus, de levée présentant le profil, qui convient mieux au mouvement des eaux.

Par la manière même dont les vagues brisent, la mer aurait, sur un rivage presque plat, plus de tendance à rejeter vers l'extérieur les objets qu'elle agite, qu'à les ramener vers l'intérieur; mais elle donne à son fond, près du bord, une inclinaison qui ne devient fixe que lorsque les efforts opposés s'y compensent, et sur laquelle, par conséquent, elle n'a pas plus de tendance à rejeter vers Textérieur qu'à ramener vers l'intérieur. L'inclinaison du talus, ainsi formé, va en augmentant jusqu'à la partie supérieure, ainsi que le montre la fig. i , pL III. , La mer a plus de tendance à rejeter les grosses particules que les petites; elle repousse donc d'abord! les gros galets, puis les petits, et enfin le sable.

Quand il n'y a pas de galets, la mer entasse des levées de sable, et lorsque ce sable est fin, il donnes naissance à des dunes.

Plages de .nbie. Lcs plagcs dc sablc qui se trouvent au^e^ous dt^ la partie inférieure des digues de galets , sont queLfl quefois très-étendues, d'autres fois elles le sont peu : cela dépend de la quantité de sable que L mer charrie. La mer apporte et remporte ce sabl elle en remanie sans cesse Ja surface, et la disposition qu'elle lui donne dépend en partie de son abooi-' dance. Quelquefois on trouve des rochers plats à nu qui se montrent jusqu'à une hauteur assez grande au-dessus de la basse mer, de sorte qu'il n'y a qu'une plage de sable extrêmement étroite; d'autres fois il existe au pied de la levée de galets une plagô de

sable qui va jusqua la limite <le la basse mer, ou

qui s'éteod même au delà. Quelquefois on n'en

connaît pas les bon:ies, et la sonde rapporte du

sable jusqu'à une très -grande distance de la côte.

L*orsque le sable s'étend au loin, son inclinaison

devient très-faible : elle n'est souvent que dune

fraction de d^é, et dans certains cas elle finit

même par devenir presque insensible.

Le bourrelet de matières meubles que la mer ^, , .

^ -l ^ Cordon tittoml-

^^lèvesur ses bords, comme pour clore son domaine,

pourrait être désigné assez 'convenablement sous le

Kiom de cordon littoral. En y joignant les dunes, Appareu uuoroi

auxquelles le cordon littoral donne naissance lors-

^'il est formé de sable fin, non argileux, on pour-

^^'t appeler le tout l'appareil littoral.

Une portion très-notable de la configuration des <^ôtes est due à l'accumulation et au transport des galets et des sables, opéré par le mécanisme que je ^îens d'indiquei'.

Quelquefois le cordon littoral s'applique sur les i*oches mêmes qui forment la cote. Dans File de ^olène, située à l'extrémité de la Bretagne, entre la terre ferme et l'île d'Ouessant, j'ai vu, comme ^'indique la fîgm*e 2, planche III, l'entassement des galets, appliqué simplement contre une portion d'un talus composé de rochers, contre lesquels la ^^xier brise. Il y ayait dans la partie supérieure du banc des galets très-gros, et au-dessous, des galets plus petits : le talus , dont l'inclinaison était seulement de 18 degrés, se prolongeait sous la mer. Le plus souvent de pareils talus se terminent vers le 1)88 par des sables.

A Quemenès, petite île inhabitée, située de inéin< eatre la terre ferme et Tîle d'Ouessant, la section d< la côte m'a offert la forme représentée dans la fig. 5 planclie III. L'inclinaison moyenne de la levée d( galets est de 20 degrés.

Le profil du cordon littoral frappe généralement les yeux par ses formes géométriques, comme l'indiquent suffisamment les figures des planches III el IV; mais la régularité des formes produites par h phénomène qui nous occupe, est encore plus remarquable lorsqu'on les considère en projection horizontale. L'entassement se dispose naturellement de manière à couper la surface de la mer suivant uni courbe très-simple, sur laquelle les vagues viennen se déployer.

La mer ne prolonge pas son mouvement jusqu'ai

fond des anfractuosités naturelles de la côte; ell

forme devant chacune d'elles une digue de galei

ou de sable, sur laquelle ses vagues viennent mouri::

coarbei régulière, Soit ubc (pi. III, fig. 4) 1^ liguc irrégulièrc prc

ODe forment f. D* • n|l a il

les levée, de sable dui te par 1 intcrscction de la suriace de la mer ave et de gaiei. j^ tcrre fcrmc. Lorsque les vagues pénètrent dans ua baie telle que celle qui s'étend du point a au point c leur mouvement est altéré; l'altération qui^se pro duit réagit d'un point sur l'autre, et il en résulte un mouvement d'ensemble par l'effet duquel la mer n'entasse pas les matières, qu'elle rejette dans toutes les anfractuosités de la baie; elle tend , au contraire, à les entasser suivant des courbes très-simples, telles que celle représentée par la ligne ponctuée a de.

Il suffit qu'il y ait une très-petite baie d'une certaine forme pour que la mer produise ces phéno-

Elle ne s'arrange pas des enfoncements; son lent ne s y développe pas à Taise , et pour peu l'aie s'y trouve pas une grande profondeur, elle des digues régulières qui les interrompent. pNderrière ces digues des espaces bas occupés lagunes ou étangs, qui souvent ne commuplus du tout avec la mer.

ibénomène, quand on n'en voitqu une partie, Mirait pas mériter une grande attention ; mais i^j^on l'examine dans son ensemble, on recon- ^ifci'il a une grande influence sur une foule de ■^Importants.

Ptt& multitude de petites baies de la Bretagne pré- oiven e.nnpie. Ilftt vers leur fond un cordon littoral formant .. '"'p* urbe arrondie appuyée sur les deux caps de , et derrière lequel s'étendent des étangs ou ^ioiarais. Presque toutes les baies où coulent de pli rivières, sont barrées par des levées de cette illB. La baie des Trépassés, près de la pointe du Épa baie de Pen-hir, près de la pointe du Tou- ||Éet, en offrent des exemples remarquables. Je ilÂis les multiplier presqu'à l'infini, mais je vous décrire en détail quelques exemples phénomène se manifeste en grand, en vous |Mfiant que ce qui existe en grand , se reproduit it dans une infinité de localités, le cordon littoral est développé , mieux on |b la marche du phénomène qui le produit et le «erve.

uft^baie d' Radier ne, dans le département du Fi- B.ied'Àud Èiave, dont la planche IV, figure i.", indique la •te générale, est bordée en partie par des rochers I. i5

lernf.

226 LEVÉliS DE SABLE

qui la divisent en petites anses partielles, dont chacune présente en général le caractère indiqué cidessus ; mais vers son extrémité sud-ouest se développe une courbe régulièi^ et continue ojj'z, formée par une levée de galets qui a environ 12 kilom. de longueur : elle s'appuie aux deux extrémités sur des rochers, au nord sur ceux de Notre-Dame de Panhors, et au sud sur les roches de Pennmarck.

Derrière la levée s étendent des terrains plats, plus ou moins complètement inondés: quelques parties sont occupées par des marécages. Il y a même un étang considérable.

Une section dans cette levée de galets présente la forme indiquée par la planche IV, figure 2. La ligne horizontale m irJ indique des marais situés demère la levée; la ligne courbe mgdcha figure le banc de galet.

Du côté de la plage, la levée a une forme V2^riable, dont la mer remanie sans cesse le contour. Ordinairement on lui trouve le profil représente par la ligne abcd.

Quand la mer est calme, ou qu'elle na que le mouvement causé par la marée, elle nentasse les galets qu a la hauteur b; quand elle est un peu plus forte, elle les entasse à la hauteur c; quand elle est très-forte, elle efface entièrement les deux pi^mières lignes, et fait naître une forme représentée par la ligne ponctuée ad.

L'inclinaison en d est le plus souvent de 55 degrés, quelquefois de 54 ou de 55 degrés; plus bas on trouve des inclinaisons de 12 a i5 degrés. L'inclinaison de la surface du sable qui forme la plage.

d^ouTerte à basse mer au pied de la levée de galets ,

est très-peu considérable ; elle varie de i à 2 degrés.

La hauteur de cette levée est d'environ 6 mètres

au-dessus de la plage de sable, qui ne dépasse pas

te niveau des hautes marées ordinaires.

La levée du côté de l'étang ou des mai^cageâ situés derrière est généralement moins inclinée que du, côté de la mer. La pente est là, en moyenne, d environ 26°, et dans quelques parties elle se réduit ^ 3 ou 4°; elle a une forme arrondie et beaucoup plus stable, parce que l'inclinaison résulte ici d'actions très -prolongées : il s'y trouve même fréquemlïient un peu d'herbe qui pousse entre les galets. Quelquefois la mer rompt cette digue et fait ir- **uption dans les marécages par la brèche qu elle s'est ouverte; mais comme la mer promène continuellement des galets le long de la côte , s il se passe plu- ^'©Urs mois sans grande tempête, la brèche se refef me par l'action de la mer elle-même.

X^es galets sont formés des roches des côtes voi- ^i0.e8, de granité, de gneiss, de micachiste et de fP^^^rtz blanc, qui constitue des veines dans cette "^î^nière roche. On y trouve aussi du porphyre.

Quelques-uns des galets qui la composent sont tï^^s-gros; à l'origine septententrîonale de la levée, P^^ de Notre-Dame de Penhors, il y en a d'environ ^O centimètres de longueur; mais, après s'être en- ^^K*e-choqués pendant longtemps les uns contre les S'Wres, ils finissent par s'amoindrir. On voit leur grosseur diminuer en suivant la levée dans la direction du nord au sud , ce qui montre que le transport des galets le long de la levée s'effectue dans

cette direction. C'est une remarque importante que celle du transport du galet par la mer, le long de la plage, dans une direction déterminée. Je reviendrai encore ailleurs sur ce genre de mouvement. Il ne faut pas le confondre avec celui par lequel la mer entasse simplement le galet.

A son extrémité, près de la pointe de la torche, la levée n est plus formée que de sable, d'abord trèsgros, puis assez fin pour s'élever en dunes. .

Les vents prédominants étant ceux du sud-ouest,, l'action de la mer s'exerce dans cette même direction y mais le courant violent qui débouche d Haz de sein lorsque la marée descend , a aussi un . grande influence sur le phénomène.

Kériiy. A Kérity, au sud des roches de Pennmark, le

cordon littoral est uniquement formé de sable qui donne naissance à des dunes.

i^ciudy. Plus à l'est, à Locludy (Finistère), une grande plage

que la haute mer couvre, est fermée et convertie en une sorte de lagune par une levée de sable que plusieurs ouvertures partagent en différents tronçons. Port-Louu. A Port-Louis (Morbihan) on voit aussi une grande plage que la mer couvre, convertie en lagune à niveau variable, par une levée de sable qui la borde sans la fermer complètement.

Cordons rauarhét Cc u'cst pas sculcmcnt au fond des anses et des baies que la mer relève en forme de cordon les matières meubles qu'elle remue sur son fond dans les endroits où elle est à la fois agitée et peu profonde. Souvent elle les dispose avec une régularité frap^ pante dans le voisinage des rochers isolés qui peuvent leur servir d'abri et de point d'appui. On en

à lies Mots.

ET DE GALET. 22g

voit des exemples remarquables sur les rochers plats C{ai bordent en beaucoup de points les côtes de Bretagne et sur lesquels s'élèvent des pitons isolés ou de pejits îlots rocheux. On voit fréquemment un cordoQ de galet s'étendre à une certaine distance sous le vent d'une de ces saillies, ou bien relier entre elles deux saillies situées l'une par rapport à fautre dans la direction des vents dominants ou dans quelque autre condition favorable. Ainsi , d'après les belles cartes publiées au dépôt de la marine, sous la direction de M. Beautemps-Beaupré , tes petites îles qui s'élèvent près de l'entrée de la rivière de Tréguier (Côtes du Nord), sur des plateaux de roches que la mer basse découvre en partie, sont souvent reliées Cûtre elles par des levées de galet. La plus remar- siiion de xaiber. quable de ces levées porte un nom dans le pays ; die s'appelle sillon de Talber.

La ville de Saint-Malo est bâtie sur un rocher que saini-M.io. la mer haute entpurerait complètement , s'il n'était "C à la terre ferme par une levée naturelle sur laquelle on a établi une route. Cette levée forme la seule limite qui sépare le port de l'anse du fort royal.

La presqu'île granitique de Quiberon serait de Quibcron.

même une île, si la mer ne l'avait liée au continent

d'une manière analogue. Mais ici le phénomène est

phis étendu. Au lieu d'un simple cordon , il y a

deux levées de sable qui partent du fort Penthièvre

et vont en divergeant s'appuyer sur la terre ferme»

Elles forment chacune de son côté le contour d'une

anse arrondie, et elles tournent l'une vers l'autre les

convexités de leurs courbures. Dans l'espace qu'elles

laissent entre elles s'étendent des dunes et des étangs.

25o LEVÉES DE SABLE

La Manche présente aussi beaucoup de levées de sable et surtout de galet. Je citerai d abord comme exemple l'entrée de la vallée de la Béthune à Dieppe. Dans la figure IV, planche 3, ^sont des falaises de craie assez élevées ; r est l'entrée de la Béthune; p le port. La ville se trouve située sur un terrain plat, protégé par une levée de galet g", qui vient Jusqu'à l'entrée du port. La mer agite ce galet et tend à le pousser dans une certaine direction, qui est le plus souvent celle de l'ouest à l'est, parce que les vents prédominent dans cette direction, et que les vagues, qui viennent rencontrer le rivage, ont le plus souvent, dans les gros temps, la disposition indiquée par les lignes courbes ah y dV, d^V^ , de manière quune même vague vient briser successivement en by h\ 6'. De là la nécessité de construire des jetées dy d\ très-solides, qui débordent le banc de galet, afin que ce galet ne remplisse pas l'entrée du port. Malgré cette précaution, le galet dépasse quelquefois la jetée et vient obstruer le port. On n a pas trouvé de meilleur moyen pour déblayer le chenal, que de retenir, par une écluse, les eaux de la rivière gonflée par. la marée. On ouvi'e cette écluse quand la mer est basse, et il en résulte un courant très-rapide, une chasse y qui emporte une partie du galet dans la mer. Ce moyen s'emploie dans presque tous les pdrts sujets à s'obstruer : cela ne se fait pas sans une dépense considérable, qui est un témoignage de la puissance des phénomènes que les ingénieurs ont à vaincre pour maintenir l'entrée des ports dans un état constamment praticable.

Les cotes de l'Angleteri'e présentent une foule

ET DE GALET. 23 l

cl'exemples analogues à ceux que je viens de décrire. ISl. de La Bêche cite le suivant, sur la côte méri- <lionale du Devonshire. La mer a entassé au fond stan-buj. die la baie de Start , aiir une longueur de 8 à i o kilomètres ^ une levée de petits galets quartzeux; en arjpière de la levée, qui barre les entrées de cinq vallons, s'étend un espace dune certaine largeur situé au-dessous des hautes marées ; dans cet espace il y a deux étangs qui communiquent lun avec l'autre. Us sont ordinairement remplis d'eau douce, qu'ils reçoivent de plusieurs petites rivières dont les dé- ~ pots ont comblé presque entièrement l'étang supérieur; elle filtre dans la mer à travers la levée de galet. Ces étangs renferment des poissons d'eau douce : truites, perches, brochets; il>y a aussi quelques poissons de mer (carelets), qui sont habitués à Feau douce. Quelquefois la mer fait irruption dans les étangs en s'ouvrant un passage à travers les levées de sabla Dans le mois de novembre 1824» pendant une violente tempête, la mer a rompu la digue et a fait invasion dans les étangs : tous les poissons d'eau douce sont morts, excepté ceux qui ont pu remonter dans la rivière. La mer a réparé die -même ce ravage; la brèche s'est refermée, les eaux des étangs sont redevenues douces et les poissons d'eau douce les ont repeuplées.

Il y a dans la Manche une espèce d'île qu'on ap- nedePonian pelle Vile de Portland : elle présente des côtes escarpées. Derrière cette île se trouve la baie de M^ejrmouth; puis un bras de mer très -prolongé, appelé FleeL Ce dernier est séparé de la mer par une levée de galet de 16 milles anglais, ou 26 kilo-

Chesil-banh.

mètres de longueur, appelée chesil-hank. J'ai dit, une espèce d'île, parce que tant que la levée conserve sa continuité dans toute sa longueur, l'île de Portland n'est réellement qu'une presqu'île; mais la violence de la mer y détermine souvent des ruptures, et alors la masse rocheuse, qui n'est liée à la côte voisine par aucune crête de terrain invariable, devient une île véritable. La côte est formée par des couches de roches peu solides, et qui s'arrondissent par la seule action des agents atmosphériques, mais qui ne se dégradent pas et ne forment pas de falaises, parce que le chesil-bank les protège contre les vagues du large. Il est remarquable que les galets dont se compose le chesil-hank vont généralement en augmentant de grosseur de l'ouest à l'est. La figure 4> planche IV, représente une section qui coupe la côte <2, le chesil'bank b, et entre les deux l'étang saléy*^ qui les sépare et qui est désigné sous le nom de Fleet. »

Les marées ne sont pas aussi nécessaires pour la production des levées de sable ou de galet que pour celle des dunes. I/absence de marées sensibles dans certaines mers est même cause que ces levées et les lagunes qu'elles protègent se dessinent avec une netteté particulière.

Sur les côtes de la mer Baltique il y a plusieurs exemple^ très-remarquables de ce genre de phénomène.

curitohe Memely dernier port de la Prusse, en allant du

Nehrung. ^^^^ j^ l^ Russic, sc trouvc à l'entrée d'un très-grand

1. De la Bêche ^ Manuel géologique, traduit de Tanglais par M. Brochant de Villiere, page 91. Paris, Levrault, 183S.

étang d'eau salée ou lagune, appelée Curische Haff,

dans lequel se jette le Niémen. Cet étang (voyez

%• 5, pi. IV) est séparé de la mer Baltique par

une digue très-étroite appelée Curische Nehrung :

il a 1 1 G kilomètres de longueur, et ne communique

dvec la mer que par un passage assez étroit et peu

profond, où il existe une espèce de barre. Le port

de Memel, situé en dedans de la barre, est vaste,

«ûr et profond.

Dans la mer Baltique il ny a pas de marée sensible; mais les vents, suivant la direction dans la- Ç|vielle ils soufflent, peuvent accumuler l'eau sur f vine ou Tautre côte de cette mer. Par suite de cette circonstance, la profondeur varie sur la barre de ^^f emel de 4 à 6 mètres : les grands vaisseaux sont c^lîligés de décharger en partie en dehors de la »^rre.

La langue de terre qui sépare l'étang de la mer, est qu'un entassement de sables rejetés par la mer en partie couverts de végétation. Elle a assez de *^.i^eur et de solidité pour qu'on ait pu y établir ^^.ne route de poste.

Les embouchures de la Vistule vont nous offrir ^n autre exemple du même phénomène.

Une langue de terre d'une courbure assez régu- Fruche NeRmng. tière, le Frische Nehrung (fig. 6, pi. IV), formée de tables accumulés et en partie couverts de végétation, et sur laquelle existent plusieurs lieux habités, sert de clôture à une grande lagune de 1 00 kilom. de longueur, le Frische Haffi qui reçoit les eaux du Pregel et de deux bras de la Vistule. Le port de Pillau est situé à l'entrée de cette lagune dans une position

234 LETÉES DE SABLE

analogue à celle de Memel, en dedans dune barre sur laquelle il n y a que 3 ou 4 mètres d'eau. Les vaisseaux d'un fort tonnage sont obligés de jeter l'ancre en dehors de cette barre.

L'entrée du Frische Haffa 3,5oo mètres de largeur. Elle est assez étroite pour que les Dantzikois aient eu une fois Tidée de l'obstruer; entreprise à laquelle les Prussiens s'opposèrent à main armée. Elle a subi, dit-on, de nombreux changements par l'action de diverses tempêtes arrivées dei3ii à i5iO. Quant aux légendes, d'après lesquelles le Frische Nehrung tout entier aurait été produit par une tempête, M. de HofF les range lui-même panni les fables , et il cite des descriptions du neuvième siècle qui sont conformes à l'état actuel des choses.^

Le cordon littoral du Frische Nehrung se prolonge beaucoup plus à l'ouest que le Frische Haff dans son état actuel, et dépasse même la rade de Dantzig. L'une des routes de poste de Dant^ig à Kœnigsberg le suit dans toute sa longueur, et c'est ainsi en longeant le rivage qu'elle traverse toutes les embouchiu'es de la Vistule et du Pregel. La Vi^ tule éprouve tout près de la côte une bifurcation qui la partage en deux bras, dont l'un tombe dans le Frische Haff^ tandis que l'autre va passer sous les murs de Dantzig. Il est très-probable que cette bifiircation est due à l'existence du cordon littoral. On pourrait supposer que le Frische fiiz^s étendait dans l'origine jusqu'à Dantzig et peut-être au delà, mais que les dépots de la Vistule en ont comblé

1. Von Iloff, Verdnderungen der Erdoherflâche ; tome I.*, page 70.

de la Duna.

ET DE GALET. a 55

une partie. Les terrains bas situés en arrière de ce p«7«-b.s cordon littoral , où la Vistule se ramifie , ont plus ^"^'"i"'*^ d'un rapport avec la Hollande : ce sont, pour ainsi dire, les Pays-Bas baltiques.

Au nord-ouest de Dantzig la côte de Prusse est encore bordée par un cordon littoral derrière lequel se trouvent plusieurs lagunes plus petites que les précédentes , et dont chacune n'a qu'une ouverture étroite. Ce cordon littoral, en se prolongeant à lest, Points de néu forme la longue pointe de Héla, qui s étend de manière à fermer en partie la baie de Dantzig, qu'elle semble tendre à convertir elle-même en lagune.

L'embouchure de la Duna, près de Riga, est bar- Emboacimre rée, comme celles du Niémen et de la Vistule, par un cordon littoral sablonneux duquel partent des dunes.

L'Oder, comme la Vistule, se répand dans une Embouebare lagune fermée par un groupe d'îles dont la continuité **' * ^'^"* est due à une langue de terre très-étroite. Il verse ses eaux dans la mer Baltique à travers plusieurs ou-, vertures d'un long cordon littoral qui sert de clôture à cette lagune qui est divisée en deux parties, qu'on appelle grosse Haff et kleine Haff. Cette lagune aboutit à la mer en trois endroits principaux, entre lesquels s'étendent deux îles basses, très-étroites dans quelques parties, larges dans d'autres : l'île d'Usedom uscdomeiwoiiii et l'île de Wollin. Les vaisseaux d'un fort tonnage ne peuvent pénétrer dans la lagune. Il n'y a que les vaisseaux tirant moins de 2 à 3 mètres qui puissent remonter jusqu'à Stettin. Les autres sont obligés de décharger en dehors. On a construit à l'une des ou-

236 I^EVÉES DE SABLE

vertures deux jetées , qui forment le port de Swinemùade. II n'y avait sur la barre que 2 mètres d'eau; mais on a drague, et aujourd'hui on peut faire arriver des vaisseaux tirant de 19 a 21 pieds d'eau (6 mètres à 6 mètres et demi) jusqu'à Swinemûnde, qui est situé un peu en dedans de la barre.

La mer Baltique, par des causes que nous étudierons plus tard, ne présente de faits bien marqués de ce genre que dans sa partie méridionale; mais toutes les côtes de la Méditerranée fourmillent d'exemples de cordons littoraux, dont un grand nombre servent de clôture à des lagunes plus ou moins étendues. Cordons littoraux Eu Corsc, l'étaug dc Diana et d'Urbino, entre le dèi. coT«! Golo et le Fium-Orbo, et l'étang de Palo, au sud du Fium-Orbo, doivent leur existence à des cordons littoraux.

Il en est de même de l'étang de Biguglia, qui au sud de Bastia reçoit la rivière Bevinco.

Le golfe de Calvi est terminé par une plage demicirculaire, sur laquelle s'élèvent des dunes et derrière laquelle s'étendent des marais que traversent le Ficarello et d'autres torrents.

L'embouchure du Liamone se replie derrière une levée de sable; il en est de même de celle du Ta varia et de plusieurs autres rivières de la même île et de celle de Sardaigne.^ Rade de Toulon; A Toulou , la rade cst protégéc par le massif élevé de la presqu'île de Saint-Màndçier; c'est une montagne rocheuse teriiinée par le cap Cepet. De loin

1 Cartes marines des côtes de Corse , par M. Hell , publiées au dépôt de la marine.

et de la Sardaigne.

Us tableltet.

on croit voir une île, parce qu'on n'aperçoit pas sa liaison avec la terre ferme, formée par une levée de sable appelée les sablettes.

Non loin de Toulon sont les îles dHyères et la Prcquiie presqu'île d'Hyères, qui termine la rade de ce nom, ^"" Cette presqu'île est élevée comme les îles Hyères elles-mêmes, auxquelles elle ressemble en tous points. Hle formait originairement une île; mais elle est maintenant réunie à la terre ferme par un terrain plat, bordé par deux longs cordons littoraux entre lesquels existe un étang, V étang du Pesquier, qui ne communique avec la mer que par une seule ouverture.

Plus près de la ville d'Hyères se trouve un autre étang du même genre, appelle \ étang de Fabrègues, à coté duquel on voit des salines très-étendues, nommées les salins d' Hyères.

Sur la plage de Bormes on voit plusieurs ruisseaux se terminer dans de petits étangs derrière une levée de sable. U en est de même dans la rade d'Agay.

Le littoral de l'Italie offre un exemple dont sont Monu Argema frappés tous ceux qui parcourent les côtes de Toscane en bateau à vapeur. Sur ces côtes s'élève une montagne assez proéminente, appelée le mont Àrgentaro : elle est très-dentelée et composée de rocbes cristallines. Elle se présente de loin comme une île, et ne *îent, en effet, à la terre ferme que par une langue de *^re basse, formée par deux cordons littoraux. Dans * intervalle de ces deux levées il y a un étang, joint ^ la mer par un canal. La ville d'Orbitello a son P^rt dans l'intérieur de cet étang.

Monte Circeo ; maraif Pontins.

Magnisi.

Scberichell.

Gibraltar.

L'Albuféra dv Valence.

Les marais Pontins paraissent résulter du coni'blement d une lagune du même genre, circonscrite par deux levées de sable, qui se dirigent de la terre ferme vers le monte Circeo, primitivement isolé au milieu de la mer.

Sur les côtes de Sicile on remarqué la presqu'île de Magnisi, jointe à la terre ferme par un banc de galets, qu'on appelle la Chaussée. Ce banc s'élargit, et, dans la partie la plus large il y a un étang et des salines.

En Algérie, la ville de Scherschell se trouve dans le même cas. U y a une masse rocheuse réunie à la terre ferme par un grand banc de galets.

Gibraltar est une montagne très -élevée,, formée de rochers escarpés, et formerait une île, s il n'y avait une plage de sable entre Gibraltar et la terre ferme.

Examinons maintenant les côtes d'Espagne. Au nord du cap Pal os il y a une petite île, puis des rochers qui font face à Tîle, fet dans l'intervalle un banc de galets et de sable; en arrière s'étend un grand étang qu'on appelle la Petite mer.

Plus au nord se trouve Valenca Depuis l'embou-r chure de la rivière qui se jette dans la nier à Valence, jusqu'au cap Cullera, formé de rochers, il existe une ligne de rivage uniforme, qui résulte encore d'un entassement de sable ou de galets opéré par la mer. En arrière de ce cordon littoral se trouve un marécage très-étendu, qui reçoit deux rivières, et qu'on appelle XAlhuféra: il est très- poissonneux et peuplé d un grand nombre d'oiseaux d'eau. Ce marécage est une propriété considérable; il constitue

la plus grande partie ^lu duché d'Albuféra, qui en a pris son nom.

L'embouchure du Rhône présente au point de Êu^ig.

, 1 1 ' ^ 1» *'" Languedoc et

vue qui nous occupe des phénomènes dime nature deRoaMiiion. particulière , sur lesquels je i^viendrai plus d une fois. A partir des bouches du Rhône, la côte afTecte jusqu'à Cette une com'bure très -régulière : cette TÎlle est adossée à un rocher, et celle d'Agde est située à la base de petites montagnes volcaniques, qui forment également un point dappui pour la côte. Ensuite vient une côte régulière, qui s'étend, avec de très-légères inflexions, jusqu'à Collioure. La cote, telle qu'elle résulterait de Tintei^ection de la surface de la mer avec les roches en place, aurait une configuration beaucoup plus compliquée* L'intervalle entre les deux lignes est rempli par une foule d'étangs. A partir de Cette commence un grand étang, composé de trois parties, appelées Vétang de Maguelone, l'étang de Pérols et l'étang de Mauguio. Ce dernier s'étend presque jusqu'à l'eml>ouchure du Rhône ; dans l'origine, il a reçu prol^lement les. eaux du Rhône, et il reçoit encore 'i^intenant les eaux de plusieurs rivières. Cet étang ^^t séparé de la mer que par une digue de sable ^ ^^ l'autre côté des étangs se déploie un rivage très- P^^t, qui est le bord de la terre ferme proprement

l)e l'autre côté de la montagne de Cette, entre ^tte et Agde, s'étend l'étang de Thau; puis, près ^^ Narbonne, et plus au sud, se trouvent encore ^•-Vers étangs, dont le plus considérable est celui *^ Leucate.

24o LEVÉES DE SAAjJS,

Uur origine Tous CCS ëtaiigs doivcnt leur origine à la mên

indiquée • O * /* * i

p.r A.trac circonstance. î>i vous faites une coupe, vous ia troi

verez toujours analogue à celle représentée par ]

II. ont été figure 6, planche IV. «Il est visible, dit Astruc, qi

p!ru forma ti^ri^s étaugs qui s'étendent le long de la côte du b;

de la plage. Langucdoc, depuis ALigues-Mortes jusqu'à Agde, oi

fait partie autrefois de la mer même, dont ils n oi

été séparés que par un long banc de sable qui s'e

formé entre eux, connu sous le nom de la plag

Leur situation, leur niveau avec la mer, la salm

de leurs eaux, ne permettent pas de douter de c

fait"^ L'analogie des plages du Languedoc avec h

Nehrungen de la Baltique a frappé plusieurs ai

teurs, et particulièrement M. de HofF.^

Ils exisuient Lcs étaugs cxistaicut déjà du temps de Pline, qn

^'^de^piilr'** ®^ décrivant la province narbonnaise, remarqi

qu'il y avait peu de villes à cause des étangs qi

s'y trouvaient. Oppida de cetera rara, prœjacei

tibus stagnis (HisL nat, lib. 5j cap. 4).^

La même chose a lieu en Egypte. H y a près c l'embouchure du Nil des étangs analogues à cei qui existent près de l'embouchure du Rhône. Te sont le lac Menzalehi le lac Bourlos et la lagui à'Edkou, séparés de la mer par des digues trè étroites.

Ces phénomènes ne sont pas particuliers à ii< climats. Les côtes des mers tropicales y sont sujett comme les nôtres. M. de la Bêche en a observé à.* exemples à la Jamaïque. Il en décrit un dans so

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