‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 38 sur 153 · Michel Chevalier, loc. cit., page · texte numérisé non relu

Michel Chevalier, loc. cit., page

5o LEVÉES DE SABLE

ment sous-marin de ces levées de galet, de ces accumulations de sable qui forment les dunes, qui seulement sont tracées un peu au-dessus du niveaa des hautes mers. Au moyen de ce mécanisme la mer se renferme pour ainsi dire chez elle.

Cette ligne extrême de la terre, sur laquelle la mer vient exercer toutes ses fureurs, et qu'on feat appeler la ligne des barres, a frappé lattentioa dans tous les temps. C'est à elle que s'applique cette phrase si souvent répétée « tu viendras jusque là et tu niras pas plus loin ; c'est là que tu briseras U orgueil de tes vagues I ^^

C'est à l'entrée des rivières qu'on a le plus d'occasions d'observer les barres.

En général, la mer obstrue les entrées des rivières, et celles-ci ont une profondeur assez considérable à une certaine distance de leur embouchure. En se rapprochant de la mer, il y a un endroit moins profond; c'est cet endroit qu'on appelle la , barre. En dedans de la barre on est en rivière, en j dehors on est en mer. La rade est en dehors, le port^ est en dedans. La question difficile pour entrer en^

rivière, n'est pas de franchir un endroit plus étroite

mais de passer l'endroit où les matières s'entassenlH et où la mer brise avec plus de force. Les matières ainsi entassées ne laissent que le vide nécessaire po donner passage aux eaux de la rivière. Si elles s'entassaient plus haut , les eaux seraient arrêtées , et i se produirait une écluse de chasse naturelle : c'es^ là ce qui limite la hauteur de la barre.

Daprès les exemples que j'ai cités et que j'aurais pu multiplier beaucoup, que je serai même con —

duit à multiplier dans les leçons subséquentes, il est rare que sur une barre il y ait plus de 6 mètres d'eau à basse mer ; il y en a généralement beaucoup moins.

La ligne de démarcation du domaine de la mer cai p.rt.cuiiei n'est cependant pas toujours aussi tranchée que °"p|', ^^ b^,'^" claQ9 les exemples nombreux que je viens d'indiquer : il y a des exceptions importantes à noter. Quelquefois, par suite de circonstances locales, le cordon ne 9G forme pas, les choses s'arrangent autrement. Suivant ces circonstances, cette barre peut devenir un ensablement très-long , comme l'Elbe et la Seine en ^firent des exemples; mais le plus souvent il est M^^^-court.

Quand le phénomène, tel que je l'ai décrit, ne ^e produit pas, il se produit quelque chose d'équi- "^aient.

Ainsi le Rhin, la Meuse et l'Escaut viennent se

)eter dans un terrain bas, qui présente beaucoup

d'analogie avec les lagunes qui nous occupent. Le

Ziviyderzée peut être considéré comme une lagune

4o cette espèce.

L'Ems se jette à 5o kilomètres de la mer dans i>xie lagune. A l'extrémité orientale de la lagune, qui ^'aippelle le Dollart, est le port d'Emden : la lagune ^st séparée de la mer par une ligne d'îles et de bancs de sable.

Mais l'Elbe présente des dispositions différentes ; Exemple ^* y a seulement à son embouchure des bancs de ^^l>le très -nombreux et très-irréguliers.

Ija Seine n'a pas de barre ; elle présente, comme ^^U.s le savez, une large embouchure 5 mais il s'y

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