Echo du monde savant 9 11.' année, n
en cours de formation, désignées habituellement sous le nom de moor ou de veen. On peut en ^isiinjguer de deux sortes ; les unes continentales , les autres littorales. Les premières sont renfermées dans l'intérieur de la geest, soit dans des vallons, soit même sur des hauteurs aplaties, d'où l'eau ne s'écoule pas aisément. Les moors littorales bordent la geest du coté de l'embouchure des rivières, et elles séparent ainsi le terrain continental des atterrissements récents. De là les alternances observées dans les puits ; mais j'aurai occasion de revenir sur œtte disposition quand je parlerai de la tourbe. Aucune localité n'était plus favorable à la formation de la tourbe que la Hollande, à cause du grand nombre de localités où les eaux, qui suintent à trafen les sables , s'écoulent difficilement. La carte , planche V, donne une idée de la cou- configurât! 'figuration des Pays-Bas; il faut remarquer toutes ^**^'y*-® les ramifications des rivières et des bras de mer qui la divisent: l'Escaut occidental, l'Escaut oriental, les diverses îles qui forment la Zéelande ; la Meuse , les différents bras du Rhin , l'espace assez considéi?able couvert par les eaux qu'on appelle mer de Xiarlem; puis leZuyderzée, qui est plus grand encore. Mais ce qui est propre surtout à fixer l'attention sur ces accidents topographiques, c'est l'histoire des vicissitudes qu'ils ont éprouvées et qu'ils éprouvent encore de nos jours.
Ces vicissitudes sont intimement liées à l'objet de viciuund de nos recherches actuelles. Nous devons donc les /\
conn dcf flei
étudier avec soin ; nous allons commencer par celles du cours des fleuves qui traversent les Pays-Bas.
Le Rhin et la Meuse.
Bifarcation
du Rhin
plasieura bras.
En donnant au nom de Pays-Bas l'acception généi^ale que nous avons adoptée, on trouve qu'un assez grand nombre de fleuves traverse cette zone pour se rendre à la mer. Les principaux sont : YES' cautj la Meuse, le Mhin, XEms, le Weser et même YElbe.
Toutefois le Rhin , la Meuse et l'Escaut sont ceux qui , dans la partie inférieure de leurs cours, s'identifient le plus complètement avec la topographie des Pays-Bas.
Le Rhin et la Meuse, avant d'entrer dans les Pays-Bas proprement dits, coulent pendant longtemps au milieu des sables de la geest, qui forment des plateaux et des collines sur les bords de la vallée du Rhin depuis Dùsseldorf , et sur ceux de la vallée de la Meuse depuis Mdestricht. Ces deux vallées, en s'élargissant , se confondent aux- environs de Nimègue et débouchent ensemble dans les Pays-Bas^ entre Utrecht et Gertruidenberg , par une ouvert— ture de 46 kilomètres de largeur.
Le fonds de cette large vallée est lui-même ui appendice naturel des Pays-Bas.
Le Rhin, en entrant dans cette vallée élargie se partage, depuis un temps immémorial, en plusieurs bras, qui ont subi dans leur disposition, e même dans leur nombre, des vicissitudes remai quables, dont quelques-unes sont consignées dai l'histoire, et dont les autres, plus anciennes, vent être devinées à l'aide de traditions qui montent aux premiers habitants de ces contrée^^» et sont même indiquées par les noms que l'usage -^ conservés.
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A l'époque où les Romains commencèrent à avoir Dn temptde» connaissance des embouchures du Rhin , il se dër n «^«hTen^ br«» chargeait dans la mer par deux bouches princi-,^^']!"^'^^^^^^^ pales, ce qui lui a fiiit donner par Virgile Tépithète proprement dit. de jBicornis.
tx^ JEoctremique hominum morini, Rhertusque Bi-
L'une de ces deux bouches principales, nommée Hèiium, lui était commune ayec la Meuse, à laquelle il se joignait dès lors par le Jf^aaL L'autre se trouyait plus au nord , mais toujours sur la côte occidentale de la province de Hollande. Ce ne fiit ^e plus tard qu'on lui en donna artificiellement lua troisième par \ yssel
U est Trai que César, qui écrivait avant Virgile, et ^jui peut-être était moins bien informé, donne 4U Rhin un grand nombre de bouches : et ubi (^ceano adpropinquat ^ in plures diffïuit partes, ^^^^9^ltis ingentibusque insuUs effectis , quorum pars ^ctgna a feris barbarisque nationibus incoUtur ( ex 9^^us sunt qui piscïbus atque ovîs avium viscère ^^^istimantur) multisque capitibus in Oceanum in--
Peut-être, en parlant de ces bouches multipliées, ^<^sar fait-il allusion à des bras latéraux qui, se dé- ^chant du Jf^aalet de la Meuse, séparaient déjà les ^ties des autres les îles nombreuses de la 2^elande; ^i^s que les autres écrivains ont considérés comme ^i^ignifiants à côté du vaste Hélium. Peut-être exis- ^it-il déjà d'ailleurs un bras latéral du Rhin qui,