‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 48 sur 153 · Uem, Und,, page · texte numérisé non relu

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qn^ils prennent •nccesÛTement.

28o PAYS-BAS

et se retirent ensuite, laissant chaque fois un peu de sédiment. La plage {dos Watt) s'élève ainsi pen à peu, tantôt plus rapidement, tantôt plus lente* puotn ment, suivant son gisement. Peu à peu des plantes '" [^J^^ *°* y poussent : d'abord la Silicornia herbacea , végétal qu'iii .'élèvent, singulier, dépourvu de feuilles, nommé dans le pays Kruckfuss. Les sédiments s'accroissent; l'eaa séjourne moins longtemps sur la plage, et même par les vents d'est elle n'y séjourne plus du tout Le Kruckfuss diminue; une plante plus belle, qui a \v$f* qu'à 6 pieds de haut, ÏJster tripodiumy commence alors à paraître, et réjouit de ses innombrables fleurs, d'un bleu clair, l'œil du voyageur, qm cherche vainement à se rendre compte de l'eus? tence d'un bois en fleur nageant dans la mer. Le sol s'élève maintenant plus rapidement; une grande quantité de sédiment reste arrêtée, pendant la basse marée, entre les plantes serrées les unes contre les autres; les marées journalières ne s'élèvent plus sur ce terrain, mais seulement les grandes marées des syzygies. Le terrain devient plus sec; la Silicornia herbacea y qui aimait son humidité, disparaît;^ à sa place parait une herbe en forme de calice {Poa ou Plantage maritima) ^ nommée dans l'Ost- Frise Quellen, La plage {dos Watt) est dès lors une terreavancée, solidement établie, qu'on appelle heller: elle sert de pâturage et peut même être fauchée^ Aussitôt que le heller s'est complètement gazonné et a acquis une étendue proportionnée aux dépenses que nécessitent les digues, on procède à son endiguement; quelquefois même on n'attend pas que ce moment soit arrivé. Le teiTain nouvellement

cojaquis porte le nom de polder ou de groden. Il change alors complètement de face; le polder de- Tient terre labourable. L'activité et le talent du laboureur Faméliorent et l'embellissent de - mille manières^ et quand on voit les productions végétales de ces atterrissements, on nest pas surpris de Ta jrdeur des hommes à s'y jeter, tandis qu'ils laissent 6a. arrière tant de terrains incultes.^

lia conquête des marschs par le moyen des digues conquête eftfc une invention, à l'origine de laquelle il n'est paru^'ea des pas possible de remonter; mais qu'il est difficile de ^'^'*'*' croire antérieure au 7.^ siècle. La nature parait avoir, à une époque bien antérieure, produit spontanément dans cette contrée des marschs, qu'elle a soxivent, à la vérité, détruits elle-même. A l'époque ou les Romains ont appris à connaître ce pays, il y 63dUtait de pareils marschs, et même d'une étendue plus considérable que ceux de nos jours, attendu ^|ue le DoUarts le golfe de la Jahde et d'autres 8o]£s8 et bras de mer n'existaient pas encore. ^

lia conquête des marschs au moyen des digues, tout en dotant Tagriculture de terres très-produc- • J^'^es, a l'inconvénient de les empêcher de continuer * s'accroître et à être fertilisées. L'accroissement se ^^Utinue en dehors des digues.

L'Ellbe a continué ses atterrissements depuis que ^^^ marschs sont enfermés de digues; et ils se sont ^éme tellement accrus en quelques endroits, qu'ils

1 . Fr. Arends , tome II , p. 90 , cité par M. de Hoff , ouvrage ^^^, tome L«% page 227.

2. Delac, Lettres à la reine d'Angleterre; tome Y^ page 122. 8. Von Uofff ouvrage cité, tome L", page 364.

égalent presque la laideur des anciens marschst et inoonvënienu foruient Jcs établissements extrêmement prises. In-

des die lin» * d'* * * *

struits par 1 expérience, ceux qui ont pris possession

de ces terrains nabsants ne les ont point enfisrmës

de digues; ils se sont contentés d'élever le sol sur le*

quel ils ont établi leurs habitations; pour le mettre

Les - au-dessus du niveau des plus hautes eaux; et ayant

^Z'^lt ainsi pourvu à leur sûreté, ils ont cultivé le terrain

T\'!l!^'^* comme s'il était totalement à l'abri de l'idondation.

de lElbe,

n'en ont pas été Dc dix récollcs ils en perdent une: c'est à quoi se ré* "" dui t le danger ; et ils regardent cette perte comme les

habitants des marscks renfermés regardent les frais d'établissement et d'entretien des digues; mais avec cette différence bien avantageuse, que le limon de Y Elbe, semblable à celui du Nil, engraisse les terres, et qu'en même temps il les élève, et les mettra enfin à l'abri de toute inondation, excepté peut-être une fois tous les cinquante ans, et enfin tous les siècles^ Partout où l'on se trouve enfermé de digues, on re* grette que les premiers cultivateurs n'aient pas procédé de cette manière : mais ils voulaient jouir . plus tôt et jouir en paix; et il est sûr que oes pre^mières possessions *à découvert, sont, ou bien retardées, ou accompagnées d'assez de trouble.^ Le* Le mode d'occupation auquel l'expérience a ra-

anciens Batavrt / i « . • i

occnpaient mcuc Ics posscsscurs de terrains nouveaux sur les de même lenr paya j^^j^jg dc l'Elbe, ct oui rappcHe cutièrcment celui

•ans dignes. , ^ A. L L

usité en Egypte de temps immémorial , n'a rien de nouveau non plus sur les bords de la mer du Nord.

1. Deluc, Lettres à la reine d'Angleterre; tome V^ page 122; lettre 121 ; 10 septembre 1718.

•nr leiqueU ils • réfngiaient.

Il y est connu depuis un temps excessivement long; on a exploité tous les Pays-Bas de cette manière-là pezxdant une longue suite de siècles. On s'établissait Tertres premièrement au bord des prairies couvertes quelquefois seulement par la mer, et pour pouvoir habiter oes prairies elles- mémes.^on y élevait des monticules Qoi terre, monticules analogues aux tumulus, et suffitaats pour que des hommes et des troupeaux pussent s'y réfugier pendant les grandes marées; dans tout le reste du temps on parcourait librement les espaces çttc la mer découvrait. Ces espaces, suivant leur élé- Y^ldon, peuvent non-seulement servir de pâturages, n^is aussi donner du foin; on le fauche et on l'enlè^re pendant Tintervalle des marées. Pour donner i«s moissons, le terrain a besoin d'être plus élevé Spie pour produire du foin.

U existe encore, dans certaines parties de la Hol- ^loide, de ces sortes de tumulus, construits ainsi par ^^3 anciens Bataves avant le temps des Romains, ^^^ur tirer parti de leur pays. On en voit notamment ■'«s exemples dans l'île de Walcheren. En en fouil- ^nt quelques-uns, on y a trouvé des ustensiles de ^^ temps-là, qui sont conservés au Musée deMiddel-

Il y a dans le Zuyderzée, vis-à-vis de Mo- ^ickendam, ime île, l'île de Marken, que ses ha- «^itants occupent encore sans digues, suivant la butine ancienne. Ils ont leurs maisons placées sur ^68 monticules artificiels et réunies les unes aux autres par de petits ponts, qui servent à les faire Communiquer ensemble quand la mer est haute. Cette île est même assez peu élevée pour qu'elle

puisse être couverte par la mer pendant un temps considérable. Quand le vent souffle du nord-ouest, les parties basses de File sont quelquefois couvertes par la mer pendant des semaines entières. En été, elle est le plus souvent découverte à chaque marée; alors il y croît de FherbQ^jBt elle fournit de bons pâturages et même du foin. ' Ce régime et C'était cepcudaut une position extrêmement préprécire. ç^^j^q gyg ^|g q^ gg trouvait la Hollande lorsqu'elle

était soumise tout entière, même dans ses parties

les plus basses, au régime que je viens d'indiquer.

11 nv>t toiérabie Cc régimc nest tolérable que dans les parties assez.

ponr iw *p«rtiM élcvécs pour n'être que rarement submergées. Les

MbLT'él inconvénients qu'il offre pour les parties très-basses

n'ont d'autre remède qiie les digues qui s'opposent

à l'irruption des marées.

Le« dunes H cxistc uuc diguc naturelle sur le bord de la

"nltreiu."* nier : ce sont les dunes. C'est seulement le long des

bras de mer intérieurs, le long des embouchures de

rivières, ou le long du Zuyderzée, qu'on a eu besoin

On • dû prëfërcr dc digucs artificicUes. Excepté dans certains points,

rëtebiusel^ent tout Ic Zujdcrzéc est bordé par des digues ; il en est

de* dignes, j^ mêmc des îles de la Zéelande; sur la portion de

ces îles qui regarde la mer, il n'y a pas de digues^

Les dignes parcc Qu'il v a des dunes; mais il y en a sur toutes

ne sont nécessaires •■• .. . ,

que pour les côtes intérieures qui bordent les ramifications de intérieurs. TEscdut ct dc la Mcusc.

Dangers jj gst néccssairc que ces digues soient élevées au

les hantes marées uivcau dcs dIus hautcs mcrs ; et elles sont exposées

font courir an» , , J 1 1 1 . > 1 >

dignes. a beaucoup de dangers dans les très-grandes marées.

1. Dcluc; oiivr. cité 9 tome Y, p. 301 ; lettre 131 ; 26 septembre

Dans les marées ordinaires, la mer baisse à Katwy k Amplitude fasqua o, 80 au-dessous du plan gênerai auquel on aes marée. rapporte en Hollande les cotes de nivellement, plan *"jj^,^j* *** pî , comme je l'ai déjà indiqué , représente à peu >rès le niveau moyen de la mer. Souvent même, vec des vents d'est, la mer baisse à plus d'un mètre a. dessous du plan de comparaison, tandis que le i:i:x ordinaire, ou la marée haute, monte à o,""70 ci^dessus du même plan, et dans des cas éxtraorinaires, avec des vents du nord et du nord-ouest, isqu'à 2 mètres et plus.

Sans les bras de mer intérieurs les oscillations cette «mpiitude «it un peu moindres. La marée basse ordinaire sur "' ^"^'"^" r Iras de mer appelle FY, vis-à-vis d'Amsterdam, icbrMdemer escend à o,*°34 au-dessous du zéro des cotes de i^ellement, et avec les vents d'est à o,"23 seulement, haute marée ordinaire y monte à 0,16, et avec vents du nord et du nord-ouest , à 2 mètres eniron aurdessus du même zéro.

Souvent les^ents causent des anomalies assez mar- [oëes; par exemple, en hiver on observe souvent ^ir FY la basse marée à o,™45; les ouragans du 6 lécembre 1816, du 29 novembre et 25 décembre 836, venant du sud et du sud-est^ refoulèrent les ^Ux de FY à la mer du Nord, au point que leur ^iveau descendit de plus d'un mètre au-dessous du '*6Ûux ordinaire. ^

U faut remarquer que la mer ne croit pas tou- ^Urs de la même quantité. Suivant la position du ^leil et de la lune, il arrive des marées plus con-

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