Von Hoff, ouvrage cilc; tome 1.®% page
bancs de vase à de grandes dislances des embouchures. Près des côtes il ne se fait guère que des accumulations de sable, et encore la forme des bancs et des plages de sable change très-peu; seulement le sable s'accumule et forme des dunes qui empiètent sur l'intérieur du, pays. Les dépôts vaseux vont combler des dépressions lointainaires dans le fond de la mer du Nord, ou bien, repoussés par le mouvement des vagues, ils concourent à combler les lagunes demi-ouvertes qui existent derrière les tronçons du cordon littoral , ainsi que nous l'avons indiqué pour les côtes de la Frise; mais il ne s'en dépose pas sur les plages toujours sablonneuses du cordon littoral. Cest pour cela que ces plages sont fréquentées en mille endroits pour les bains de mer : à Dunkerque, à Ostende, à Domburg, à Scheweningen , etc., tandis que dans les eaux intérieures on ne prendrait que des bains de vase.
Avant que les embouchures des rivières fussent J'esserrées par des digues, les sédiments avaient bien plus de facilité encore pour s'y déposer, et il en passait beaucoup moins à travers les ouvertures du Cordon littoral. On pourrait faire servir les digues on
À • ^ 1 • 1 •! ' pourrait se servir
•* Soustraire a la mer une partie de ce tribut pre- de digne. ^ieux, et à le fixer, par le moyen du colmattage, ^2\!2J^Z' *Ur la surface même de la Hollande.
Ijorsqu'une rivière ou un bras de mer est bordé P^i* des digues, l'essentiel est que les eaux, si elles ^Oaient malheureusement rompre ces digues , ne se Précipitent pas en trop grande quantité dans l'inté- ^iexir du pays; car alors la nécessité' de retirer ces ^Vix donne un travail énorme aux moulins à vent.
Afin de rendre cet accident plus difficile, on établit une seconde digue en amère de la première, et on réunit même ces deux digues entre elles par des digues transversales qui divisent toute la zone intermédiaire en une série d'oeillets. Ces oeillets, construits ainsi par mesure de précaution, pourraient aussi servir au colmattage, opération qui serait, extrêmement importante pour tout le paysj car die aurait pour effet de transformer tout l'espace occupé par les œillets en une énorme digue d'une largeur égale à l'intervalle des deux digues primitives.. En effet, lorsque les rivières sont très-chargées de sédiments, lorsque leurs eaux sont très-bourbeuses, on peut laisser entrer de l'.eau dans ces différents œilléis et l'y laisser reposer j quand elle est bien clarifiée^ on peut l'enlever au moyen des machines d'épuisement, et en renouvelant cette opération d'année en année, on finirait par combler entièrement les œillets.
Maintenant que l'on a la ressource des machine^ à vapeur, on pourrait multiplier beaucoup ces ope rations. Après avoir élevé le sol situé entre les deu:: digues; on pourrait élever ensuite une troisiènft. digue en arrière de la seconde, et de cette manièir on élèverait finalement le sol de la Hollande toua entière jusqu'à un niveau égal à celui des plu: hautes marées. Impossibilité L'emploi judicieux de tous ces moyens combin«^ de faire reculer la permettrait d'améHorcr beaucoup encore l'état ph^ sique des Pays-Bas 3 mais s'établir en dehors de J digue naturelle que la mer s'est créée à elle-mênd en amoncelant sur ses bords le sable des dun^»
mer.
NÉERLANDAIS. 3oi
se:K:*-ait une œuvre bien autrement difficile. Aussi, n*^st-il pas à présumer qu'on parvienne jamais à pMT^ndre pied dans la mer du Nord. Vous savez coxnbien a été coûteuse la construction de la digue d^ Cherbourg. Cependant cette digue, destinée à fenner une petite baie, se trouve dans une localité e^ctrémement favorable. On peut boucher par des digues les ouvertures que présente la ligne des dunes, conune on Fa fait à Ostende et en quelques autres points^ mais vouloir faire reculer la mer sur une loxigueur aussi grande que celle du cordon littoral de la Hollande, qui, du cap Blanc nez, près de Calais, à l'île de Wrangeroog présente un développement de 5o6 kilomètres , serait évidemment une eritreprise supérieure aux forces humaines.
Vous voyez clairement ici la différence entre les Différ«,ce pliénomènes intérieurs et les phénomènes extérieurs. , ^°^'* ,
-*- 1 les phéiunn«nes
A. l'intérieur, les hommes, avec des capitaux suffi- «teneur. ^^uis, peuvent modifier en grande partie l'état des mtérieur,. choses à leur gré : il n'en est pas de même à l'extéï^ieur.
Il se passe cependant aussi quelquefois dans Tinté- irruption, ï'ieur du cordon littoral des phénomènes supérieurs Jr\l\TL» ^ toutes les forces humaines. Ainsi la Hollande a p«y«-B«« ^t^ exposée à plusieurs grandes incursions de la mer. ^est là un phénomène extrêmement remarquable.
Du temps des Romains, et avant le 6.^ siècle de Formation *'èi-e chrétienne, le littoral de la Flandre était occupé '" ';ZTJ^ '' ^^ partie par des bois, et en partie par des pàturaces. «"i»"rd'h«i '^^TS le 5.^ siècle, la mer fît irruption à travers les ^^Xiies^ et forma derrière ce rempart des lagunes
1. Ljell, Principles of geology ; 6.* édition 5 lonîc U, page 88.
considérables qui se sont remplies de vase. Cette vase porte la trace de son origine : on y trouve des coquilles marines. On est parvenu à reconquérir ces terrains par des digues, et on voit des espaces assez considérables, soit dans les environs deNeuport, soit dans le département du Nord, qui ne peuvent être cultivés que parce qu'ils sont entourés de digues soumises à un régime analogue à celui de la Hollande. Quelques auteurs croient que du temps de César les îles de la Zéelande étaient unies entre elles et ne formaient qu'un seul tout^ mais il est difficile empiétement. Je trouvcr sur ce point des documents précis. Les
Oes bras de mer de . .. r»*li i
la Zéelande. cbaugements dans la conuguration du sol sont devenus beaucoup plus sensibles en Hollande depuis rétablissement d'un système général de digues; il es difficile qu'on ait des notions exactes sur ceux sont arrivés à l'époque où chaque grande marée en vahissait librement la plus grande partie du pays.
Il paraît certain, cependant, que dans laoné i557 une inondation détruisit i4 villages à Toue^' du canal appelé le Hont^ dans la Flandre hollaim. daise. Plus tard, en i532, les flots ont emporté 1 partie orientale de l'île de Sud-Beveland avec u grand nombre de villages et les villes de Borselen deRemenvale, sur la rive gauche de l'Escaut orientât. De même, sur l'île de Nord-Beveland, elles ont enl^ dans les irruptions de i63o et i532, le village Campcn, qui faisait face à la ville de Terveer, et 1 ville de Kortgene. L'île d'Orisant, qui se trouvait