‹ Leçons de géologie pratiqueChapitre 60 sur 153 · DelaC; Journal de phjsiqae, tome XII ^ page · texte numérisé non relu

DelaC; Journal de phjsiqae, tome XII ^ page

trace d'appareil littoral ; elle ne pouvait d'ailleurs être beaucoup plus basse qu'aujourd'hui , puisqa'alors elle n'aurait pu déposer des sables marins sur les sables de la gecst, qui forment à une petite profondeur le sol de la Hollande. Elle doit avoir baigné les collines de la geest au commencement de la période actuelle à un niveau inférieur de quelques mètres seulement à son niveau actuel.

Une fois que la ligne des dunes a été bien tracée, il est resté derrière elle un espace très-plat, dont le sol était sablonneux et dans lequel il s'est établi des tourbières. Le terrain s'y est élevé par l'accumulation de la tourbe et des sédiments. Avant que la Hollande fut circonscrite par les digues, les rivières déposaient sur la tourbe ou sur le sable le limon qu'elles apportaient; plus tard, les eaux, dans les grandes marées, ont pu pénétrer et apporter dn sable ou du limon partout; c'est pourquoi on trouve des alternations de tourbe, de limon et de sable. Livrée à elle-même, la Hollande continuerait à se couvrir de dépôts limoneux ou sableux; mais aujourd'hui , qu'elle est circonscrite par les digues, ces dépots ne se produisent plus qu'à l'extérieur. Les digues empêchent la nature d'accomplir le phénomène qui, peut-être, aurait maintenu toujours le niveau de la Hollande dans les mêmes relations avec celui de la mer, nonobstant son enfoncement progressif. Les rivières entraînent dans la mer la terre qui aurait continué à élever le sol ; mais on pourrait reproduire le résultat primitif, et même en augmenter l'efEcacité, en ouvrant les digues, ainsi que je l'ai indiqué , pour recevoir les eaux troubles.

NEERLANDAIS. 531

Telle maison de banque d'Amsterdam ou de Francfort, qui ajoaterait un certain nombre de millions à ce que dépense annuellement la Hollande, pourrait modifier la marcbe du phénomène en faisant séjourner les eaux troubles dans les polders.

Vous voyez en somme, qu'excepté le mouvement lent du sol et le mouvement des eaux qui a dessiné la ligne des dunes et donné un contour arrondi à la côte, les autres phénomènes sont d'une puissance bien restreinte, puisque les hommes parviennent à les maîtriser au moyen des digues, et qu'on pourrait même leur faire produire tel ou tel effet, si on laissait entrer l'eau dans certains compartiments pour la pomper ensuite.

On parle ordinairement de la Hollande comme dune contrée formée absolument par les atterrissements^ mais ce n'est là qu'une partie de la vérité. lia Hollande existe à la faveur des dunes , et même sous la protection de cet abri les atterrissements n'avaient produit qu'un terrain bas, qui aurait été naturellement une vaste tourbière, et plus tard une espèce de grande lagune envahie par toutes les grandes marées. Cest sur ce terrain que l'industrie humaine s'est exercée. On en a conquis une partie sur la mer. Les changements les plus mémorables qu'il a subis viennent des incursions de la mer, qui ont détruit ce que les atterrissements avaient produit, et ce que les hommes avaient ' ipodifié. Ce phénomène, qui tend à indiquer un affaissement du sol, est ici bien plus surprenant que ceux produits par les atterrissements des rivières.

Page 1