PAYS-BAS NÉERLANDAIS
Dans la séance prochaine nous verrons ce qui se passe dans di^ autres pays bas , où le phénomène de l'enfoncement graduel du sol ne vient pas compliquer ceux qui résultent de l'action de la mer et des rivières.
IWECmÈHE! EiEÇOIV.
(13 janvier 1844.)
Pays-Bas aâriatiques.
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Messieurs, On observe sur les bords de la mer Adriatique te.
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des phénomènes qui ont beaucoup de rapports avec derAdri.nq ceux que nous a offert la Hollande. Les côtes plates **'^""' et remplies de lagunes, qui terminent l'Adriatique au nord-ouest sont, pour ainsi dire, les Pays-Bas de rAiiemagne. V Italie; les phénomènes sociaux ont eux-mêmes été analogues dans les deux contrées ; Venise a possédé avant Amsterdam le sceptre des mers.
La carte, pi. VII, fig. i, représente la forme générale de la mer Adriatique dans sa partie septentrionale, qui est celle dont nous avons à nous occuper. Cette mer s'avance dans l'intérieur des terres à la distance de 900 kilomètres, et forme une anse large de i5o environ. La côte d'Italie est plate et, comme disent les marins, malsaine et sans abri; les navigateurs ne la fréquentent pas; ils se rangent plus volontiers vers la côte opposée.
Des montagnes marquent nettement les limites de cette mer dans une grande partie de sa circonférence; mais depuis Trieste jusqu'à Rimini, sur un
développement de 260 kilomètres, les contours des côtes ont quelque chose d'indéterminé; de petites montagnes, se détachant de la base des Alpes, descendent jusqu'à Vérone et à Vicence; plus au sud se trouvent les monts Euganéens qui se rapprochent davantage de la mer, et la vaste plaine de la Lombardie, dont le sol va en s'inclinant très-légèrement vers ses bords.
La mer Adriatique vient ainsi expirer sur un sol extrêmement plat qui, par sa nature générale^ est tout à fait analogue à celui du nord de l'Allemagne; c'est, à le prendre dans son ensemble, une agglomération de matières de transport, dont les assises fondamentales renferment des blocs souvent trèsgros de diverses roches provenant des Alpes.
Ce sol fondamental , composé d'éléments grossiers, s'étend au-dessous du niveau de la mer, et semble devoir naturellement se prolonger suivant la même pente jusqu'au pied des montagnes de llstrie. En faisant une coupe longitudinale, on aurait une ligne dont l'inclinaison serait presque insensible à l'œil. C'est là que se trouve cette partie incertaine de la côte, qui offre des éléments analogues à ceux que nous a déjà présentés la Hollande.
Analogie M. Hoffmaun , qui a enrichi la géologie de l'Italie
].xnn«t Z veni.e ^^ ccllc dc la Sicilc dc taut d'observations nouvelles •veciM^ia^x et d'aperçus ingénieux, a déjà remarqué que «les u mer Baltique. laguucs dc Vcnisc , situécs sur la côte de la mer Adriatique, à l'embouchure de la Brenta , du Pô, de l'Adige, et d'un grand nombre d'autres rivières moins considérables, et fermées par des langues de terre sablonneuses, appelées lidi, sont analogues aux
lagunes nommées Haffs y de la côte méridionale de la mer Baltique. Ce n'est qu'avec peine, ajoute-t-il, qu'on empêche Venise de se joindre à la terre ferme, et les efforts qu'on fait dans ce but finiront par être vains. '* *
M. Forfait avait déjà consigné des remarques analogues, mais plus développées, dans un mémoire que M. Cuvier a cité avec éloge, quoiqu'il n'ait peutêtre pas saisi toute la justesse des observations qu'il contenait^. Dolomieu, plus anciennement encore, avait parfaitement compris la nature et le rôle des lidi.^
Ici, comme en Hollande, les contours de la côte cAtet sont très-arrondis, très-monotones. Partant de Trieste, contour/arrondifc ils traversent les embouchures du Tagliamento, de la Piave et de la Brenta, qui aboutit aux environs de Venise. Cette courbe, très-régulière, continue encore pendant une certaine distance jusqu'à Chioggia et à Brondolo. Ensuite se trouvent les bouches de l'Adige et du Pô, qui s'avancent en saillie dans rintérieur de la mer. La ligne régulière recommence au delà de l'embouchure du Pô, et continue jusqu'à Rimini et au delà.
En arrière du cordon littoral qui forme la côte cordon uttorai: proprement dite, on trouve une quantité de lagunes, ^s""" «" ""*"• dont les unes reçoivent des rivières, dont les autres, en plus grand nombre, sont dans les intervalles des rivières. Il y en a une plus grande que toutes