Vojez Journal de physique, lome 42, page
les autres, cest la lagune de Comacchio, qui s'étend dans la direction de Ferrare.
Venise est au nord de lembonchure du Pô. « Le Pô, l'Adige, la Bachiglione, la Brenta, le Marsejiego,le Siié, la Piave, la Livenza, le Tagliamento, toutes ces ririères et torrents, dit M. Forfait, ont leiurs embouchures sur un développement qui n'a pas 200 kilomètres de longueur, et presque tontes, prenant leur source à très-peu de distance, dans les montagnes de la Camiole, du Frioul et du Tyrol, où elles coulent sur une pente extrêmement rapide, sont sujettes à des inondations fréquentes, ravagent les pays qu'elles arrosent, et précipitent leurs débris dans la mer. La lisière de terre comprise entre le pied des montagnes et la mer, dans tout le pourtour des lagunes, résulte de dépôts anciens qui se prolongent sans cesse. Les fleuves ont établi leur cornas naturel avec mille sinuosités dans ces terres d'alluvion. L'art y a réuni quelques canaux i&ctices, et les campagnes qui restent entre ces eaux courantes, couvertes elles-mêmes d'eaux dormantes et marécageuses, ne produisent que des joncs, des roseaux, des saules, des insectes et des miasme pestilentiels.
c( Là , comme partout ailleurs , la nature qui , quoique le mouvement soit son essence, cherche néanmoins toujours l'équilibre et le repos, a fondé au milieu des eaux un barrage naturel, qui établit une limite entre les atterrissements formés par les tem** pêtes de la mer et ceux qui résultent des dépôts fluviatiles. Il en résulte une digue; qui s'étend aujourd'hui depuis les embouchures de l'Adige et de la Hrenta jusqu'à celle de la Piave. L'espace renfermé
ea arrière de cette digue est tranquille au milieu des orages : c'est un vaste marais, qui peut avoir i ooo à 1200 kilomètres carrés de surface j sa figure est à peu près celle d'un triangle isocèle qui aurait 70 a 80 kilomètres de base, sur 3o à 40 de hauteur; il est rempli d'iles, de bancs, de bas -fonds, parmi lesquels il s'est formé, par l'action même des eaux, ou par la main des hommes, quelques canaux plus profonds qui servent à la navigation. Voilà ce qu'on appelle les lagunes. Les îles les plus considérables sont habitées : Venise seule en occupe plusieurs. ^ *
La fondation de Venise remonte à l'année 4^2, origme de Venise. c*^t-à-dire, à l'époque où Attila fit irruption en Italie et vint assiéger Aquilée. Une partie des habitants de cette ville se réfugièrent dans un gi^oupe de petites îles situées à peu près en face de l'embouchure de la Brenta.
Il ne faudrait pas en conclure que les lagunes ni leurs îles fussent à cette époque de nouvelle formation; car longtemps avant les ravages exercés par Attila au 5.^ siècle de l'ère chrétienne, il avait été bâti des villes dans la lagune. «L'empereur Héraclius y avait fondé la ville d'Héraclione, que les réfugiés rebâtirent, parce qu'elle tombait en ruine; ils peuplèrent successivement onze autres îles, sur lesquelles ils n'avaient trouvé que des habitations de pêcheurs. ^^2
1. Extrait d'un Mémoire du citoyen Forfait, ingénieur ordonnateur de la marine française, «ur la marine de Venise; lu à la l."* classe de Tlnstitut de France le 21 vendémiaire an vni (Mémoires de llnstilut national des sciences et arls; sciences mathématiques et physiques 5 tome V, page 217).