Von Hoff, loc. cit. y tome I."., page
que le dépôt grossier, mélë de blocs erratiques, qai forme le sol fondamental des plaines de la Lombardie, a une surface en pente très-douce, mais cependant sensible vers le sud-est. Le Pô a suivi d'abord l'intersection de cette surface avec celle des pentes des Apennins. Près de Turin et de Plaisance il oc- Pourqooi
• 11 «i 1 ..Af* il B^est rejeté ven
cupe encore ce sillon , mais dans la partie intérieure u noid. de son cours il la comblé par ses alluvions , et , obligé d'en sortir, il a du se jeter vers le nord, puisque des montagnes s'élèvent vers le sud.
Pour bien comprendre les résultats des savantes Aa.ijie et lumineuses recherches de M. de Prony sur la Xjtwl^eî"* marche des alluvions du Pô et de l'Adiee, il faut se «^«ch-ngemenu
" l , de lu.
représenter le niveau de la mer comme invariable et les rivières comme ayant une pente sans laquelle elles ne pourraient couler.
Si l'on renferme une rivière entre des digues , par cela même quelle sera renfermée et ne pourra s'étendre latéralement, il faudra qu'elle ait une pente plus considérable dans les crues pour débiter toute l'eau qu'elle mène à la mer; mais pour qu'elle ait cette pente plus considérable, il faut que son niveau s'élève à une certaine distance de la mer.
Par la même raison, quand la rivière aura allongé ses berges aux dépens de la mer ou d'une lagune, il faudra , pour qu elle conserve la pente nécessaire au débit de ses eaux, que sa surface s'élève dans toute Sa longueur, comme l'indique la figure 2, pi. VII. De là il résultera qu'elle s'ensablera elle-même; car tant qu'elle n'aura pas cette pente indispensable, elle coulera très-lentement et les matières terreuses se déposeront dans son fond, jusqu'à ce quelle ait
DeUa.
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repris Ja pente, et par suite, la vitesse qai loi permet de tenir les matières terreuses en suspension. ijuaiTcrgeau Uu autTC phénomèue très-remarquable, c'est la ém ^t'I^Cie. forme ramifiée que prennent les rivières lorsqu'elles arrivent dans la mer, dans des circonstances pareilles à celle où se trouve le Pô, c'est-à-dire, lorsquelles ont à décharger des matières terreuses sur nn terrain plat, et où il leur est par conséquent &cile de £aiire reculei- le littoral. Si la mer eut été là très» profonde, le Pô n'aurait £ait qu'en combler le fond; il aurait pu par conséquent se décharger touîonrs au même point, et son embouchure n'aurait pai changé de place; mais dans les lagunes et sur une cote plate il a dû encombrer son embouchure de ses dépôts; il a fait reculer la mer par ses alluvions». et il a allongé son lit en même temps qu'il l'élevait» Il faut remarquer la manière dont se fait cet al — longement. Les eaux perdant de leur vitesse, sur*tout dans les parties latérales, la vase se dépose de^ deux côtés, et il en résulte des dignes qui s'avan — cent parallèlement au cours du fleuve. La figure 3 9 planche VII, représente la forme de ces dépôts ter*— reux. Ces digues sont très- étroites, et le fleuve, qm-i selève sans cesse par suite 'de l'allongement mém.^ de son lit, finit par les rompre sur l'une de ses rive0- Il trouve, dans la rupture même, une pente rapide 9 et il se fait un lit dans une nouvelle direction; iX tend à allonger ce nouveau lit, et à produire, paK* l'ouverture successive de plusieurs pareils lits, ur&e sorte de patte d'oie (fig. 4» pi- VII).
L'espace occupé par le cours ainsi ramifié de ceï"-' tains fleuves, a nécessairement une forme à peu
{Hrès triangulaire, qu'oa compare à celle d'un delta majuscule &,, Voilà pourquoi on appelle ces espaces des Delta. Cest le Delta du Nil qui a le premier reçu ce nom.
Il faut joindre toutefois aux données recueillies )^ l'illustre auteur de la Théorie des eaux courantes la notion de la préexistence du cordon littoral y cirinstance à laquelle M. de Prony n'avait pas fait Attention à Venise , quoiqu'il l'ait reconnue, ainsi mas nous le verrons bientôt, dans les marais Pontins. JXous avons déjà remarqué que le Pô et l'Adige ne peii^aissent pas avoir toujours versé directement leurs ^i^dx et leurs sédiments dans la mer, ainsi qu'ils le fi>xit aujourd'hui. Tout annonce, qu'avant d'en arri- ^^^1^ là , ils ont eu à combler des lagunes, comme la Bx-enta le ferait aujourd'hui sans les travaux des Véo^îfiens : c'est là que leur Delta s'est étendu et développé pendant longtemps. Certains documents cités ^ D«it« par M. de Prony conduisent, en effet, à penser que ."d'abor/rem^* l'e^ce traversé par le Pô et l'Adige a été occupé par ^** **^""" ^^ lagunes, et Forfciit est en ce point tout à feiit explicite, ce Deux villes considérables, dit-il, fiirent fon« ^é^ par les Etrusques entre Brondolo et Ravenne : ^^taient Adria et Spina Pelasga. Nous avons encore *^ vestiges de la première dans les terrains les plus •^fi, entre l'Adige et les divers bras du Pô, près des ^^^i^is dont parle Pline, qui étaient desséchés de *^*i3ips immémorial. Ce naturaliste les appelle les sept *^^r:s. Elles s'étendaient entre Ferrare, Adria, Bron- Maraii .driem. ^^lo et Chioggia : elles pointaient aussi le nom de ^<zrais adriens. Les eaux douces d'abord s'y mêlèrent ^"^ec celles de la mer. La végétation et les alluvions
relerèrent le fond et firent disparaître les eaux. Cest par erreur que quelques auteurs ont confondu les marais adriens avec la lagune supérieure qui s'étendait entre Chioggia, Altino, Concordia et Déjaïlée. La dernière a toujours été navigable; l'autre ne l'est plus de temps immémorial , si ce n'est dans quelques petits canaux naturels ou factices. ^ ^ usune II existait vraisemblablement à Adria une lagune
**mii«'d^ril" accessible, comme 1 est aujourd'hui celle de Venise, aux vaisseaux venant de la mer; car cela suffit pour qu'une ville soit port de mer, puisque Venise en est un , et cela a pu faire qu'Adria ait donné son nom à la mer Adriatique, tout aussi bien que Ve^ nise donne aujourd'hui le sien au golfe de Vemse^ Adria était seulement à 1 0,000 ou 1 2,000 mètres» du cordon littoral , c'est à peu près le double de Xol distance à laquelle s'en trouve Venise ; mais Amsterdam en est beaucoup plus éloignée. Maintenais 1; Adria se trouve tout à fait dans l'intérieur, à 35,000 mètres du point le plus rapproché du littoraL II a fallu 2600 ans pour produire cette masse d'alluvioais de 25,000 mètres de longueur; c'est, en moyenne 9 10 mètres par an.
cetie lagane .^est Ou a réfléchi dcpuis longtemps sur la grandie
n pied des probabilite , que 1 espace en arrière d Adria , a
Eoganéen.. partir dc la ville d'Esté , qui est bâtie au pied de»
monts Euganéens, a été envahi par les alluvions des
rivières, de la même manière que la partie conci''
Difficnité prise entre Adria et le rivage actuel : on a mém^
«icnier le temps chcrché à détcrmincr l'époque à laquelle le phénof^p'-y* mène doit avoir commencé. On s'est dit que, s'il ^
ix la combler. JL