De Prony, loc. cit., page xxxvii de la préface
Bouches du Rhône.
i^t.Dg.qatbordfnt La côtc dc la Méditerranée est bordée, depuis le
la Méditerranée J/^ " ^lltM" •!! '•
dq>iiis cap de Creux jusque près de Marseille, par une série le cap de crenx rcmarquable detancs, dont nous nous sommes déjà
|aaqa au« environs X kj ' t
de MarteiUe. OCCUpCS.
Entre Agde et les bouches du Rhône en particulier s'étendent les étangs de Thau , de Maguelone, de Perols et de Mauguio, qui ne sont séparés de la mer, ainsi que nous lavous déjà vu, que par des levées de sable appelées les plages , lesquelles sont coupées par des canaux, qui portent le nom de Grau.
Depuis longtemps ces étangs avaient fait naître
des idées semblables à celles que M. de Prony a
Ils doivent appliquées aux marais Pontins. «11 est visible, dit
leur existence an s t\ 1 1'. *f^. 1>11 1
rordon. littoraux ^arluc , que Ics étangs qui s étendent le long de BppeUt it, plages, lo^ côtc du Bas -Langucdoc , depuis Aigues-Mortes jusqu'à Agde, ont fait partie autrefois de la mer même, dont ils n'ont été séparés que par un long banc de sable qui s'est formé entre deux, connu sous le nom de la Plage. Leur situation, leur niveau avec la mer, la salure de leurs eaux, ne permettent pas de douter de ce fait. On doit porter le même jugement des étangs di Escamandre et dUEscoûte; des grands marais qui sont le long de la Roubine et du Vistre; des étangs de Saint-LaurenSy de Repoussety de la Taille, du Roi, etc. "^ Entre les deux bras du Rhône se trouve l'étang de f^alcarès, qui rappelle encore les précédents.
1. Darluc, Histoire naturelle de la Provence, tome I/% p. 372.
Si
'làL
ïB à l'est on trouve le Ya^te étang de Berre, qui LétangdeBcrrc
tsme nature différente; sa superficie est il'en- nature difféTmte.
*- 160 kilomètres carrés : c'est une petite mer
i.eure, entourée de collines et liée seulementa
^iteri^ée par un canal naturel , appelé étang
Herontey qui se termine par le port de Êoua
Vg^de Berre ne communique même avec L'étang
iaronte qu'à travers les Martigues , ville com-
iAj^ trob parties séparées par de petits bras de
lêapècé de rivières salées peu profondes, qu'on
i|«e.sur des ponts. Il est entouré de collines for-
«4e terrains de divers âges. Toute cette configu-
ti i^t antérieure à l'époque actuelle, à l'excep-'
toutefois des cordons littoraux, des lagunes et
ietits deha que Tétang de Berre présente sur ses
rrçs rivages.
ur sa rive occidentale s'élèvent des collines, au
m desquelles se trouvent des étangs salés , dont
ques-uns sont au-dessous du niveau de la mer.
ces collines s'adosse, vers l'ouest, la vaste plaine ï^ cmu.
z Créai , que les anciens (Strabon, Pomponius
i, Pline) appelaient campus lapidas ou campus
uleus : le sol y est uniquement formé de cail-
roulés, gros souvent comme la tête d'un cheval.
un terrain assez rude et fatiguant à parcourir, lurface de la Cran est extrêmement unie dans ensemble, et quand on est au milieu, il semble ce soit un plan aussi horizontal que la surface à mer : aussi a-t-on appelé la Crau une mer de louac; cependant elle a, dans la direction du • sud*ouest, une inclinaison très -légère, et qui ; pas même tellement constante qu'il n'y ait
quelques ressauts. Eu prenant la chose dans son en — semble, cette large plaine présente plusieurs étages , plusieurs terrasses, à quelques décimètres l'une audessus de l'autre.
Autres pUines U j a uuc foulc dc terrdsscs de ce genre sur les dans la contrée, bords du Rhonc : c'est un phénomène sur lequel je reviendrai dans la suite. Les collines qui dominent Bellegarde et Saint-Gilles vers louest, sont couronnées par de pareilles plaines de cailloux. Ces plainei de cailloux s'étendent dans tout l'espace qui borde la Méditerranée de Cette aux Martigues. Cest en grande partie sur leurs surfaces que sont tracés les chemins de fer de Cette à Nîmes, de Nîmes à Beaucaire, et de Beaucaire à Marseille.
L'idée qu'on peut se faire de la forme qu'avait le terrain avant que le Rhône y déposât, dérive dH la constitution de la Crau. Il y a des terrasses dans la Crau ; mais elles sont dans une direction longitudinale, et non dans une direction transversale. On voit aisément que leurs surfaces prolongées passeraient à une très-petite profondeur au-dessous delà Camargue, et on pourrait construire leur intersection avec le plan de la surface de la mer. Configuration La Crau s'étcud jusqu'à la limite des terrains ma- '"^craV* ' récageux des Bouches -du -Rhône. Sa partie la plus élevée, comprise entre Salon et Eyguières, se trouve à environ 40 mètres au-dessus du niveau de la mer. De là à l'étang de Landres, situé entre Ailles et le port de Bouc, il y a environ 26,000 mètres. Si l'é* tang de Landres est à 1 mètre au-dessus de la mer, cela donne une pente de 39 mètres pour 25,ooo, c'est-à-dire de 0,001 56, ou de 5' 25". Il est aisé,
DU RHÔISE. 369
d'après cela, de tracer le profil de la Crau et de le Eiie le proioaprolonger, par la pensée, au-dessous des étangs, des y^ôut^unliul boucbes du Rhône et de la mer.
La Crau et les collines qui la bordent ont des formes à peu près invariables. Cette disposition du sol est ^permanente et remonte au commencement de l'état jprésent des choses. Mais à côté de ce tableau fixe se tipouve un tableau mobile, c'est celui des atterrissemeiits du Rhône.
Le Rhône, en versant dans la Méditerranée ses DduduRhAn eaux, unies à celles de la Durance, de TArdèche et à«°ûi doVd de plusieurs autres rivières, a donné naissance à un Delta ^ qtii n'est pas moins remarquable que celui du Pô, auquel il ressemble sous plus dun rapport. '- En latin, comme la remarqué Astruc, le Pô et Analogie des no. le Rhône ont presque le même nom {Eridanus et**''"^^;";/'"^ JRhodanus). On pourrait soutenir aussi que le Rhin q"«k"««"«re lire son nom de la même source que le Rhône {Hhenus et JRhodanus); le nom du Danube ne se prête qu'à un rapprochement beaucoup plus incertain a^ec cdui du Rhône {dan-uhius^ rho^ dan-us). On peut regarder comme formant une autre série de noms très-analogues entre eux, ceux de la Drave {prau)y de la Drance, de la Doire (Dora)^ du Drac, de la Durance.
Les étymologistes croient avoir trouvé la signification de la racine du nom du Rhône , et peut-être découvriront -ils quelque chose d'analogue pour Celui de la Durance. M. Mongez dit en effet, dans son ai^ticle Éridan de V Encyclopédie : « C'est un nom générique des fleuves ; du primitif R : rhe, rouler, couler, courir j et voilà pourquoi il y a plusieurs I. 34
Éridans chez les anciens. Le Nil surtout, des bords duquel sont venues les histoires astronomiques, portait le nom ^Eridan. " Voisinage Indépendamment de la ressemblance de leurs
Teu'^^rcc.' noms, rÉridan et le Rhône ont aussi des sources à peu près semblables, puisque le Mont-Blanc, le mont Rose, le mont Yiso, toutes les Alpes graieset pennines partagent leurs eaux entre eux. Toutefois, le Rhône est un fleuve plus âpre et plus sauvage LeRbAne rnte quc Ic PÔ. Adouci uu momcut par son passage dans ■on imbTutbure '^ ^^c dc Geuèvc ct par son mélange avec la Saône, »''"*'»"'"^''*^"* lad jonction de l'Isère, de la Drôme, de FArdèche, et surtout de la Durance, lui rend près de son embouchure un caractère torrentiel. De là résultent les traits de différence qu'on peut signaler au milieu d'une ressemblance générale frappante entre les bouches du Rhône et celles du Pô.
Bouchet La carte, figure 1.", planche Vil, représente Ie&
du RhAne. bouchcs du Rhôuc. Ces bouches, avec les atterris— sements qui s'y rattachent, occupent presque tou^ l'espace compris entre le port de Bouc et l'étang d^ Mauguio.
Les bouches du Rhône avaient attiré lattentiorm des anciens. Ils ont mentionné le fait du partage qu^ les eaux du Rhône éprouvent avant de se jeter dans la mer; mais ils ont varié sur le nombre de ses Elles se réduisent bouchcs, qu'ils out portécs jusqu'à sept. On peut dire ide«prindp"ie.. qu'aujourd'hul il n'en existe que deux, qui se séparent à FourqueSy à un kilomètre au-dessus d!Arle$, Cette dernière ville, qui fut considérée pendant quelque temps comme la capitale des Gaules, est bâtie sur la branche orientale qui, du temps des
d'nn canal abandonnif.
Romains, était déjà la principale; l'autre s'appelle le Rhôdanet ou le petit Rhône.
A l'ouest de lembouchure du bras principal chacune d^diea du Rhône se trouve une ancienne bouche, qui **'vê^TonMi"** est presque entièrement abandonnée aujourd'hui et qu'on appelle le canal du Japon. Près de l'embouchure du petit Rhône il existe un bourg remarquable par sa position et son ancienneté, qu'on appelle les Saintes-Mariés. Le petit Rhône, comme le grand, est accompagné, vers l'ouest, d'un ancien canal presque abandonné, le Rhône mort Ce dernier aboutit à la mer près de la redoute de Terre* Neuve. En outre, un ancien bras, plus occidental, se trouve indiqué près d'Aigues-Mortes, et obstrue même , plus à l'ouest encore , les traces d'un autre bras, dont les restes se lient à des marais en communication avec letang de Mauguio.
L'étang de Mauguio se prolonge dans la direction Éung»
<îu sud-ouest, et se rattache à d'autres étangs, qui
*e continuent jusqu'à Cette, et ne forment même ^"Ri'Ane
î^'un seul étang. Il en existe plusieurs dans l'espace
Gcimpris entre les différents bras du Rhône. Entre
*^5^ deux bras principaux se trouve un grand étang,
* ^tang de Valcarès, et une quantité d'autres étangs
l^lus petits. On y rencontre encore les marais de
V"alcarès, et à l'ouest du petit Rhône ceux de la
^duteyrane de Larmitane. On y remarque enfin des
^^ines, telles que la saline de Valcarès et celle de .
ï^eccais.
L'espace complètement plat dans lequel s'éten- u dent^ et se sont étendus les bras actuels et les an- '^'^^'pp^ne*"* ciens bras , espace qu'on peut considérer comme le *• û»'~«r^«e.
compris entre les différents bras
delta du Rbône, s'appelle la Camargue. La Camargue, dans le sens le plus général, embrasse tout l'espace situé entre la Crau et les collines dé Bèlleu triangle gardc, de Saint-Gilles et de Psalmody. Dans le sens
rnir/irdeoxbra. le plus rcstrciut, c'est uu triangle renfermé entre ^l'a^diV ^^ deux bras du Rhône qui se séparent à Fourques.
vttedeCamargtie.Cest daus cc seus qu'ou dit Vtle de la Caniargue; mais on y ajoute ordinairement lespace compris entre le petit Rhône, le Rhône mort et la mer,, qu'on appelle la petite Camargue; usage qui monte, sans aucun doute, à une époque où l Rhône mort d'aujourd'hui pouvait être consi comme une des bouches principales du fleuve.
St. dimensioni. D'après UU rapport fait en 1829 par M. Garell
ingénieur en chef des ponts et chaussées dans M^ ^ département des Bouches -du -Rhône, le périmèttr-e de l'île de la Camargue est de i5o kilomètres; S.a distance entre les embouchures du grand et dLu petit Rhône est à elle seule de 4^ kilomètres. M" ^ surface de l'île est de 730 kilomètres carrés (73,0^30 hectares ).
constitation La Crou ct la Camargue sont deux contrées con-
d« 1, amlrgtie. tigu^, mais très-différentes, quoique plates l'une et l'autre : l'une est un terrain de cailloux, et l'autre un terrain de limon. Dans tout l'espace bordé à l'est par la Crau, et à l'ouest par les coteaux de même nature m que la Crau qui s'étendent de Beaucaire à Belle- f garde, à Saint-Gilles, à Franquévaux, à Onglas et 1^ à la colline isolée de Psalmody, il n'y a plus un seul |« caillou; il n'y a tout au plus que de très-petits gra- 1] viers gros comme des pois ou des noisettes, qui se voient par-ci par-là. Le terrain de toute la Camargue
e^M::. un mélange de limon, de sable et de gravier tr*es-fin, dont les grains les plus gros ne dépassent p^a^s le volume que je viens d'indiquer. La plus grande pcàrtie de cet espace est couverte par un sol très-fîn» i'^:nfermant des parties micacées , semblables au li xson que le Rbône charrie.Vers la limite supérieure d^ la Camargue, le teiTain bas et marécageux qui s*^tend entre Bellegarde et Arles, et entre Arles et lésion tmajour, est également formé d'un dépôt terï^^'^ux très-fin et très-micacé sans aucun caillou. Les terres de la Camargue, ainsi que Ta observé un Wabile agriculteur, M. François Roux, sont d'un gris plus ou moins noirâtre et paraissent composées ^e silice, d'alumine, de chaux carbonatée, d'oxides de fer, de manganèse et de détritus abondants des x^ègnes végétal et animal, mélangés dans des proportions favorables. Ces terres forment de riches campagnes.
Plusieurs bras anciens du Rhône, convertis au- lm
jourd'hui en canaux, donnent écoulement aux eaux ^'î^^rm^Mm"' et permettent d'arroser les terres pendant l'été : 3i,3oo hectares de la surface de la Camargue sont dans le cas d'être ainsi arrosés par les eaux du Rhône. Ces eaux sont chargées de limon qu'on répand sur la surface du terrain, et qui s'y répand même naturellement dans les crues. De là il résulte que dans le voisinage du Rhône le sol est plus élevé. Le Rhône exhausse ses bords et même son c* limon t»iè»e propre iit au point que ses eaux finissent par quitter le canal où elles coulent, pour se déverser latéralement : c'est le résultat d'un effet mécanique que j'ai déjà indiqué en parlant du Rhin et du Pô. Il s'exerce
lf« bords ft le lit do fleuve.
incoovëaimU.
de même ici , mais dans une progression moiûs ta pide que sur les bords du Pô.
DigttM dm Khànr. JjQ Rhôoe cst rctenu aujourd'hui par des digw dans la plus grande partie de son parcours à tn vers le département des Bouches-du-Rhône. h digues de la Camargue garantissent cette contre des crues ordinaires. M. Garella évaluait en 183 la longueur de ces dernières seulement à près( 1 00 kilomètres. * uar« «Il est permis de douter, dit un de nos plus s
vants agronomes, que la création des digues qi bordent la partie inférieure du cours du Rhôn ait été un bien. Quand le Rhône submerge i terrain sans rencontrer d obstacles, il s'épancl au loin en prenant son niveau, perd sa rapidité < s'étendant, et laisse déposer sur son passage le limi qu'il entraine avec lui. Ce limon, riche et aix) dant, dispense de fumer les terres et permet d supprimer les jachères. Ces terres, exhaussées p les crues, se trouvent généralement plus élevées ç celles qui sont garanties par les chaussées : ell restent donc bien moins longtemps sous l'eau q^ ces dernières, inondées par la rupture de leurs d feases : celles-ci, ne recevant pas d'amendemen annuels, doivent être fumées pour porter de plein récolles. Les terres non défendues valent la moit en sus, et souvent le double des terres couvertes p les chaussées , et c'est sur ce pied qu elles se vendei les unes et les autres. On ne pourrait aujourd'hu sans de graves inconvénients, renverser les digu
1. De Villeneuye, Statistique du déparlement des Bouches-^ Khène; tome IV^ pages 542 et 549.
et revenir à Fétat originaire. Les terres qui sont en dehors des défenses se sont exhaussées de manière à surmonter de beaucoup le niveau des terres défendues : il en résulterait donc, si Ton abattait les digues, que les eaux, en débordant, se répandraient sur les terres de l'intérieur , non pas lentement et par un mouvement progressif, mais avec un courant qui y causerait des affouillements; et qu'après le débordement , les eaux y séjourneraient longtemps, feute de pouvoir s'écouler librement dans le fleuve, dont elles seraient séparées par des terres plus élevées. Ce ne serait qu'après une série d'années considérable, et après des pertes qui ne pourraient être évaluées, que le niveau des terrains serait rétabli. ^^»
Les terrains cultivés dans la Camargue sont situés Laguue., principalement le long des bras du Rhône : le reste dàZvlntéZu de la Camargue se compose de terres incultes, de *' ^«""S" marais, de lagunes. Les lagunes, principalement celles de Valcarès, sont très -étendues. Elles sont situées principalement dans le centre de l'île et sur le bord de la mer, où le terrain est le phis bas.
La superficie de l'île de la Camargue est, d'après M. Garella, de 75,000 hectares, et sur cette étendue l'étang de Valcarès couvre à lui seul une superficie de 6480 hectares.
Les marais renfermés dans la Camargue ont une superficie de 10,400 hectares. Sur cette étendue i65o hectares seraient susceptibles d'être desséchés en
1. De Gasparin, Mémoire sur les débordements du Rhône. (Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'académie des sciences, tome XYIII, page 104.)
mar< terres incnlu
tl« la rÏTe gaache du Rhône*
moins de quinze ans au moyen du limon du petit Rhône, qui pourrait, d après 1 évaluation de M. Garella, y déposer o'^jio de hauteur par année d'un limon gras et fertilisant. U y a peut -être quelques raisons de croire cette évaluation un peu exagérée.* Marais U cxistc cu outre sur la rive gauche du Rhône
7246 hectares de marais à dessécher. Leur étendue était beaucoup plus grande autrefois; mais la communauté d'Arles fît dessécher ses marais dans le 1 7.® siècle par des Hollandais, qu'on fit venir exprès. Les premiers travaux furent exécutés par't/. KanEjis. TraTanx Lcs HoUaudais saignèrent les marais par de vastes
^JwiwuJduîr coupures : ils en dérivèrent les eaux dans un large canal, qu'on nomma BoubinCj lequel, étant prolongé jusqu'à la mer, facilita le dessèchement. La révocation de l'édit de Nantes les obligea à retourner dans leur pays.*
PU. du Bourg. Les marais d'Arles confinent au plan du Bourg. C'est ainsi qu'on nomme un appendice de la Camargue, borné au nord par des marais que traver— sent les canaux de dessèchement dont je viens d^ parler, et au midi par la mer. Il s'étend jusqu'au. village de Foz. Le terrain y est le même que dans la Camargue. Le plan du Bourg est fort sujet à être inondé, parce que toutes les eaux des marais de la rive gauche du Rhône, depuis Avignon jusqu'à (-inaid'Arie. Arlcs, s'écoulcut, par-là. On y a tracé récemment
au ,v.ri d. Bouc, j^ caual d'Arfcs au port de Bouc, qui sert à la
navigation ; ce canal traverse en grande partie la terrains marécageux et tourbeux qui marquent les
1. Darluc^ Histoire naturelle de la Provence ^ tome 1."^ p. 253.
coiiifins de la Camargue et de la Crau, pour passer eâsuite entre Foz et la mer, et tomber enfia dans le poMt de Bouc , qui forme près de l'embouchure du R-lnône une succursale du port de Marseille.
Xâ partie cultivée de la Camargue produit d'ex- Troup^ux celientes moissons de blé et cVorge; les parties qui ^«^•^•""•'s»'a<5 sont pas labourées sont employées à la nourriture des troupeaux. Les marais et autres terrains iri.cultes nourrissent en hiver de grands troupeaux d^ moutons, ainsi que beaucoup de boeufs et de cluevaux. 2000 chevaux et un grand nombre de IxDeufs, entièrement libres, errent toute l'année dans l^s marais \ La statistique des Bouches- du -Rhône é^value à 140,000 le nombre des moutons de la Ca- EKi^rgue.
Environ 76,000 bêtes à laine partent vers la fin de mai pour les montagnes pastorales des Alpes, où elJes vont passer l'été, et reviennent passer les six ^iJtres mois de l'année dans les pâturages de la Ca- 'ïiai^e et de la Crau.
Jlia fertilité générale du sol de la Camargue se &•»« ^ment dans certains districts où le sable prédo- **' ' «""t;"» ^ine. Le Rhône dans ses crues dépose du sable sur V^s berges, et les vents venant à s'en emparer «éten- ^^nt des plaines sablonneuses aux bords du grand ^t du petit Rhône, surtout à la pointe septentrionale de l'île. Les sables qui se répandent sur les domaines obsti'uent les prises d'eau des fossés sur le Rhône ^*: ces effets sont tellement funestes que „la ville d'Arles avait sollicité et obtenu du Gouverne-
1. De Villeneuve, Statistique du département des Bouches-du- Rhône^ tome IV, page 61.
ment la démolition de 70 mètres de Tëperon de Fourques, dans le but d'assurer au petit Rhône le volume d'eau nécessaire pour entraîner les sables, qui ne cessent de s'accumuler sur ses bords avec une progression rapide. ^'^
Le petit Rhône a accumulé sur ses rives une grande quantité de ces sables; car, depuis Saint- Gilles jusqu'à Aigues-Mortes , on ne trouve que des^
marais ou des sables mouvants Au reste,
sables ne sont pas d'une stérilité absolue; mais ils Forêt de pin. convienncnt qu'à certains végétaux. La petite Ca —
desSaintet-Mariet- . i* a t • •• /■
margue nourrit une loret de pins piniers {pi pignœuy ou pin en parasol) dans les sables qui couvrent sa partie méridionale (forêt des Saintes^ Maries); et tous les sables de la Camargue ponceraient être plantés en essences de pins et de tamarins comme ceux de la petite Camargue. ^ Parties Dcs étcnducs considérables de la Camargue soazil
couvertes d'efflorescences salines; ce qu'on attribmjie à ce que le sous-sol est formé de sable de mer. Où présume que le sel marin, dont les couches infli rieures du terrain, autrefois sous les eaux de la mer, sont imprégnées, étant dissous par les eaoz filtrantes, monte avec elles par les interstices capillaires que le sol présente dans sa contexture, et arrive sur les coucbes supérieures, où l'évaporation le laisse en efflorescences pendant la canicule : cesd couvre ainsi de grands espaces, auxquels on donne le nom de Sansouires.