JI. — OPÉRATION DE SCHRŒDER
L'opération de Schroeder ne comporte plus un simple avivement suivi de sutures latérales ; c'est une excision conique de chacune des lèvres suivie d'une réunion de la muqueuse intra-cervicale à la muqueuse périphérique du col. Son but est d'enlever les tissus modifiés par l'inflammation chronique, qui. s'est établie sur les lèvres en ectropion.
La figure 38, empruntée à Fritsch montre uncoldontla muqueuse est atteinte d'érosions dues à l'innammation chronique
La valve supérieure c c est une valve pour l'irrigation continue ; le liquide entre par la canule a et ressort par l'ex trémilé cachée de la valve. Les oreilles c c empêchent aux lèvres et aux poils de masquer le champ opératoire.
Les parties latérales de la valve inférieure sont très relevées; cette disposition dispense de l'usage d'écarleurs latéraux.
L'opérateur fait de chaque côté du col une incision qui comprend toute l'épaisseur des lèvres et remonte assez haut pour
qu'il puisse écarter les lèvres jusqu'au niveau ou elles sont saines intérieurement.
Saisissant alors la lèvre infôiieure au milieu de l'érosion au moyen de pinces à griffes, il fait une première incision circonscrivant inférieurement la partie érodée, puis une seconde incision transversale au niveau de l'angle de convergence des deux lèvres, ('es deux incisions doivent avoir une direction
oblique et convergente, de façon à exciser toute la partie malade de la lèvre. Quand le lambeau est enlevé, on réunit lu
Fi g. 39. — Opératiou de Sclirœder.
muqueuse intra-cervicale à la muqueuse périphérique du col par des sutures placées suivant une disposition qui sera indiquée quand nous décrirons rhystérectomie.
On procède de la môme manière pour la lèvre supérieure.
La flgure 39 montre en coupe médiane : 1" la direction des incisions ; 2" le lambeau qui tombe ; 3° le fil qui doit réunir le point d au point f.
La figure 40 nous fait voir les surfaces de section réunies après ligatures faites.
S'il y a lieu, on place une ou deux sutures latérales pour clore les incisions bilatérales laites au début de l'opération.
Après avoir vu faire plusieurs fois cette opération en Allemagne, j'ai emporté l'impression qu'elle ne valait pas celle d'Emmet.
En voici les raisons.
1» La suture attire la muqueuse intracervicale à la rencontre de la muqueuse externe du col en sorte que l'opération détermine un nouvel ectropion qui ne peut avoir moins d'inconvénients que celui qui existait avant l'excision.
Fig. 40. — Opération de Sc'.irœder.
Il est un fait certain, c'est que, par ce procédé, l'épithélium cylindrique de la partie inférieure du canal cervical ne fait pas entièrement retour à la cavité utérine.
Voilà, à mon avis, le vice capital de cette opération.
Quanta l'avantage qu'elle parait présenter sur celle d'Emmet, avantage qui résulterait du fait de l'excision des parties malades, il est plus théorique que pratique.
Après la trachélorrhaphie selon Emmet, il se produit une invo lutiondes tissus telle qu'ifs reviennent d'eux-mêmes à leur état normal. Le professeur Vulliet, qui a fait plus de quatre-vingts trachélorrhaphies ordinaires, n'a jamais vu subsister, après cette opération, les phénomènes que déterminaient l'ectropion : elle a toujours été suivie d'uneguérison complète des parties réunies.
Nous estimons que l'opération de Schroeder n'est utile que pour exciser des tissus suspects de malignité ;nou3 disons .sîfsperts, car si leur malignité était certaine, il faudra recourir aux opérations plus complètes et plus radicales que nous décrirons à propos du traitement chirurgical du cancer.